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Pendant ces dernières années, Hearne, Mackensie, John Ross, Parry, Franklin,
ÉDUCATION. — RÉCRÉATION
Richardson, Beechey, James Ross, Back, Dease. Sompson, Rae, Inglcfield, Belcher, Austit», Kellet, Moore, Mac Clure, Kennedy, Mac Clintock, fouillèrent sans interruption ces terres inconnues.
On avait bien délimité les côtes septentrionales de l'Amérique, à peu près découvert le passage du nord-ouest, mais ce n'était pas assez; il y avait mieux à faire, et ce mieux, John Hatteras l'avait deux fois tenté en armant deux navires à ses frais; il voulait arriver au pôle même, et couronner ainsi la série des découvertes anglaises par une tentative du plus grand éclat.
Parvenir au pôle, c'était le but de sa vie.
Apres d'assez beaux \o\a;.fes d ans les mers du sud, llatleras r-*a\a \vnr !a première fois en Itf'n* de s'élever an nord par la mer de IViflin: mais il ne put dépasser le soixante-quatorzième degré de latitude; il montait le sloop l' Hotifa.r ; son équipage eut à souffrir des tourments atroces, et John Natteras poussa si loin son aventureuse ami •<•", que désormais les marins furent peu tentés de r» commencer de semblables expéditions sous un pareil chef.
Cependant, en 1X50. Hatteras parvint à enrôler sur la pool lot le le Ftnrurl une vingtaine d'hommes déterminés, mais déterminés surtout par le haut prix offert à leur audace. Ce fut dans cette occasion que le docteur Clawbonny entra eu correspondance avec John Hatteras, qu'il ne connaissait pas, et demanda à faire partie de l'expédition ; niais la place de médecin était prise, et ce fut heureux pour le docteur.
Le Farcwel, en suivant la route prise par le \epUtne, d'Aberdeen, en 1817, s'éleva au nord du Spitzberg jusqu'au soixanteseizième degré de latitude. Là, il fallut hiverner ; mais les souffrances furent
telles et le froid si intense, que pas un homme de l'équipage ne revit l'Angleterre, à l'exception du seul Hatteras, rapatrié par un baleinier danois, après une marche de plus de deux cents milles à travers les glaces.
La sensation produite parce retour d'un setd homme fut immense. Qui oserait désormais suivre Hatteras dans ses audacieuses tentatives? Cependant il ne désespéra pas de recommencer. Son père, le brasseur, mourut, et il devint possesseur d'une fortune de nabab.
Sur ces entrefaites, un fait géographique se produisit, qui porta le couple plus sensible à J'jhn Hatteras.
I '[> brick. VA.Irmicr. monté par dix-sept honmv s. armé par le négociant Crinnel, commandé par le docteur kano, et envoyé à la recherche de sir John Franklin, s'éleva, en 1 8 par la merde Balïin et le détroit de Smith, jusqu'au delà du 82 e degré do latitude boréale, plus près du pôle qu'aucun de ses devanciers.
Or, ce navire était Américain, ce Crinnel était Américain, ce kane était Américain !
On comprendra facilement que le dédain de l'Vnglais pour le Yankee se changea en haine dans le cceur d'Hatteras; il résolut de dépasser à tout prix son audacieux concurrent, et d'arriver au pôle même.
Depuis deux ans, il vivait incognito à Liverpool. 11 passait pour un matelot. Il reconnut dans Richard Shandon l'homme dont il avait besoin ; il lui fit ses propositions par lettre anonyme, ainsi qu'au docteur Clawbonny. Le Foncard fut construit, armé, érpiipé. Hatteras se garda bien de faire connaître son nom ; il n'eût pas trouvé un seul homme pour l'accompagner. H résolut de ne prendre le commandement du brick que dans des conjonctures impérieuses, et lorsque son équipage serait en-
LES ANGLAIS AU POLE NORD
gagé assez avant |>our ne pas reculer; il avait en réserve, comme on l'a vu, des offres d'argent à faim à ses hommes, telles que pas un ne refuserait de le suivre jusqu'au bout du monde.
Et c'était bien au bout du monde, en effet, qu'il voulait aller.
Or, les circonslances étant devenues
critiques, John Hatleras n'hésita plus à se déclarer.
Son chien, son fidèle Duk, le compagnon de ses traversées, fut le premier a le reconnaître, et heureusement pour les braves, malheureusement pour les timides, il fut bien et dûment établi que le capitaine du Forward était John Haiteras.