I.K HOBINSON SL'ISSK
— l'arioul où tu voudras aller, lui répliquai-je, sois persuadée, chère femme, que nous le suivrons sans nous plaindre : car il est certain que tu n'agiras pas dans un but égoïste. »
Comme nous approchions du pont, la trtlic, qui a\ ail d'abord paru peu décidée à nous suivre, nous rejoignit, mm sans manifester par des grognements le déplaisir que lui causait cette longue promenade. Il est vrai de dire que nous nous inquiétâmes fort peu de sa mauvaise humeur.
Le passage du ruisseau s'effectua sans accident, mais la riche végétation du sn| sur l'autre rive faillit retarder beaucoup notre marche. L'àne et la vache, la chèvre et les brebis, qui depuis longtemps ne s'étaient trouvés à pareille fête, ne pouvaient résister à la tentation de se repaître de l'herbe fraîche qu'ils rencontraient. Il fallut, pour les faire avancer, tous les efforts de nos dogues qui abo\ aient autour d'eux et les mordillaient aux jambes.
Tour éviter de pareils retards, j'eus l'idée de redescendre le long du ruisseau, afin de trouver, du côté de la mer, le pays découvert, à travers lequel nous cheminerions d'ailleurs plus facilement.
A peine eûmes-nous fait quelques pas dans cette direction, que nos chiens bondirent dans l'herbe épaisse, en poussant des hurlements, comme s'ils se fussent trouvés aux prises avec un animal féroce.
Fritz, le fusil armé, le doigt sur la détente, s'avança résolument. Krnest inquiet se rangea près de sa mère, non pas pourtant sans avoir, lui aussi, préparé son arme. Jacques s'élança intrépidement sur les traces de son frère, gardant Min fusil en bandoulière. Je me disposais à le rejoindre pour le protéger en cas de danger, lorsque je l'entendis qui criait à lue-tête:
« Oh, papa ! viens vite ! accours ! Un porc-épic! un porc-épic monstrueux! »>
Je hâtai le pas, et ne tardai pas à voir en
effet un porc épie, moins gros cependant
que Jacques ne voulait bien le dire. Les chiens faisaient rage autour do l'animal qu'ils ne pouvaient attaquer sans payer chèrement leur témérité. Le porc-épic combattait à sa manière, c'est-à-dire que, le dos tourné à ses adversaires, la téle baissée entre les pattes de devant, il marchait contre eux à reculons en dressant et en secouant ses dards, qui, agités de la sorte, produisaient une espèce de cliquetisétrango.
Chaque fois que les dogues voulaient se jeter sur lui, il en résultait pour eux un certain nombre de blessures. La gueule ensanglantée, ils portaient même à leur museau quelques piquants profondément entrés.
Fritz et moi nous guettions le moment où nous pourrions tirer sans risque de blesser nos chiens. Jacques, plus impatient et ne s'expliquanl pas notre hésitation, déchargea un des pistolets presque à bout portant sur le porc-épic qui tomba mort.
Fritz ne manqua pas d'éprouver un certain dépit de la victoire de son frère; aussi s'empressa-t-il de s'écrier :
u Imprudent! lu pouvais non-seulement tuer nos chiens, mais encore nous blesser en tirant d'aussi près.
— Voi s blesser! répéta fièrement le petit chasseur; pensez-vous donc, monsieur le fin tireur, que vous soyez seul à savoir manier une arme? »
P.-J. Stahu — E. MitxEi.
La suite pn* hautement.
HDL C \TIO.\. — RÉCRÉATION.
Le choix des livres à donner en prix a son importance et par conséquent sa difficulté. L'instruction a fuit des progrès auxquels les livres des anciens catalogues sont loin de correspondre. D'un autre coté, des livres qui ne seront qu'une répétition de leurs livres d'études, courront grand risqtie de ne pas être lus par les élèves et d'aller précisément contre le but qu'on se propose. Il est donc nécessaire de prendre un moyen terme et de donner aux enfants des ouvrages nouveaux, au courant de la science moderne, à la fois instructifs et attrayants, qui qc soient pourcux ni des épouvantails, ni de stériles passe-temps. Cette double condition, on la trouvera au plus haut degré dans l'excellente bibliothèque d'éducation et de récréation de la maison J. lielzcl. En recommandant à l'examen de tous les chefs d'institution et des maîtresses de pension ces livres, déjà distingués par les grands collèges de Paris, nous avons la conscience de leur rendre un véritable service, ainsi qu'à leurs élèves, quels que soient l'âge et le degré d'avancement de ceux-ci.
Il y a là en effet une collection de volumes irréprochables pouvant répondre à tous les besoins. Les Lettres sur les révolutions du ylobe, par A. Bertrand ; tes Tempêtes, par E. Margollé et Zureher; les Petites Ignorances de la conversation , par A. Rozan; le Fou Yèfjof, par Erckmann-Chalrian; Y Histoire des principaux écrivains, pattes et prosateurs français, et les autres traités de littérature et d'histoire de M. Antonin Hoche, conviendront plus pariiculièrcment aux jeunes gens et aux jeunes personnes
qui approchent du terme de leurs étude>; pour ceux qui sont dans les classes moyennes, Y Histoire d'une bouchée de pain, par Jean Macé; la Yie des (leurs, par Eugène Noël; Picciola, par X. Saintine; Cinq Semaines en ballon, par Jules Verne; (ta Aventures d'un petit Parisien, par A. de Bréhat : les Conseils à une mère sur l'éducation de ses enfants, par Savons, et les Vmjajes du baron de \Yoyan; enfin pour I» s débutants et les plus jeunes enfant.-, ta Comédie enfantine, par Louis Katisbonne; Y Arithmétique du grand-papa , par Jean Macé; les Contes et le Théâtre du petit château, par le même; le Petit Monde, par Charles Marelle; les Bébés cl les Bons h lits Enfants, par le comte de (ira mont ; le Seerd des yrains de sable, par M"* Pape-Carpantier, etc.
Cette rapide énumération peut suffire à démontrer ce que nous avions avancé; car la plupart de ces ouvrages sont à bon droit considérés comme les nouveaux classiques de l'enfance et de la jeunesse et ont conquis une célébrité européenne. Ajoutons que tous sont édités avec le plus grand soin, imprimés avec goût sur beau papier:
ceux qui sont illustrés sont de véritables œuvres d'art; ce qui, quand il s'agit d'un*' récompense, a une véritable importance.
Tous, par la forme comme par le fond, sont dignes de figurer dans une bibliothèque. Ce ne sont pas là de ces livres q<n\ après avoir été rerus avec joie à la distribution des prix, sont forcément dédaignés quand ils ont fait leur entrée dans la maison.