FIN
LES SERVITEURS DE L'ESTOMAC
NOUVELLES LETTRES A UNE PETITE FILLE SUR LA VIE DE l'hOMME
ET DES ANIMAUX
LETTRE IV — LES lilUS ET LES ÏAMBES.
(Suite.)
Il est assez fréquent d'entendre parler d'épaule démise : les coudes démis sont plus rares. Cela se conçoit de reste quand on examine de près l'articulation du coude.
A cet endroit, l'humérus se termine par une véritable poulie, tout à fuit semblable à celle que les hommes ont imaginée, en s'inspiranl probablement des modèles que leur offrait la nature. Prenez-vous le poignet dans la main, en serrant le pouce contre l'index, cl faites glisser la main autour du poignet. C'est juste de la nv'me fac,on que l'os, dont vous sentez la pointe à l'extrémité du coude, et qui s'appelle le cubitus, va et vient sur la poulie de l'humérus qu'il semble empoigner, c'est le mot, avec une sorte de main entr'ouverle.
Vous concevez que cela doit faire un assemblage plus solide qu'une boule roulant
dans un Irou, d'autant plus que la charnière formée ainsi ne joue que dans un sens, et ne permet au bras qu'un mouvement en droite ligne pour rapprocher la main de l'épaule ou l'écarter. Quand vous tournez le coude en dedans ou en dehors, ce n'est pas à lui que revient l'honneur de ces changements de direction, c'est à l'épaule : l'os d'en bas est emporté par l'humérus dans ses évolutions, sans que leur position respective ait varié d'une ligne.
Rien ne vous est plus facile que de prendre sur le fait le mécanisme de celte articulation. Nous n'avons absolument à cette place-là que la peau sur les os, et il vous suffira de faire jouer ceux-ci sous vos doigts pour en savoir autant que moi, sans aller consulter ce vilain squelette que je suis obligé d'avoir sous les yeux pour être