VI/ DIALOGUE
HADEM. BONKS.
J £ VOUS ai promis de vous donner aujourd'hui le portrait de la femme f(»rte, il faut vous tenir ma parole. Lady Senisée l'a appris par cœur dès l'âge de 3ix ans ; ainsi elle va vous le répéter.
iiABT seksée;
Qui me trouvera une femme forte ?
Elle est plus précieuse que les perles. Lié cœur de son mari prendra confiance en elle avec rais(m , car par ses soins il ne manquera de rien ; elle lui fera du bien tous les jours de sa vie ^ et elle ne lui fera jamais de mal.
La femme forte prend dé la laine et du fil de lin ; elle fait tous les ouvrages qu'elle veut avec ses doigts j elle est comme le navire d'un marchand qui apporte son pain de loin.
La femme forte se lève de grand matin , et même avant le jour, pour acheter les provisions nécessaires à sa maison , et
DES ABOIbSCENTSS. 189
l^our di^ribuer le travail des servantes : le travail la rend forte ; elle ne dédaigne point de prendre le fhseaa et la qa&-* nouille.
Elle ^examine un champ et l'achète, et
elle plante la vigne du fruit de ses mains.
£lle est toujours gaie et contente , parce
qu'elle éprouve que ses occupations sont
Bonnes , et que l'ordre qni est établi
dans sa maison , la réjouit. La lampe ne
s'éteint point pendant la huit , parce
qu'elle a soin de veiller elle«-méme à ce
que les servantes y mettent de l'huile.
. Elle étend sa main pour soulager le
pauvre ; elle assises; le malheureuï.
Elle ne craint point la neige pour sa famille , car tous ceux qui sont sous sa conduite , ont nn double vêtement.
EUe se fait des tours de lit et toutes sortes de meubles ; elle s'habille d'éçarlate.
Quand son mari est assis à la porte de la ville avec les anciens , tout le monde lui fait honneur à cause de sa femme:
tous conviennent qu'il est heureux.
EUe fait du linge et le vend ; elle fait des ceintures qu'elle donne aux mar-
igo XIE MAGASIN
chands. La force et l'honneur composent sa ceinture , et elle ne craint point la mort. Elle n'ouvre jamais la bouche qu'avec sagesse : la charité et la douceur sont Sjur ses lèvres : elle ne mauige pas le pain de paresse.
Ses enfans la nomment bienheureuse^ et bénissent le bonheur qu'ils ont eu de naître d'une telle mère ; son mari lui dit aussi : plusieurs filles se sont bien comportées.^ mais tu les surpasses toutes.
La grâce trompe , la beauté s'évanouit ; mais la femme qui craint le Seigneur y sera louée , même après que sa grâce et sa beauté auront disparu. Qu'elle recueille le:fruit de ses mains , c'est-à-dire , de ses vertus; et que ces mêmes actions la louent aux portes , .c'est^à-^ire , à la fin de sa yie j et au moment où elle doit par^dtre devant son jugeu
liADY SpiRITUEIiliE.
Quel portrait , ma Bonne ! on se moquerait d'une dame qui ferait toutes ces choses ; par exemple , qui travaillerait et qui ferait vendre son ouvrage par des marchands.
BES ABOIi£SC£KT£8. 101 MABEM. BONKE.
Pas tant que vous croyez y ma chère.' J'ai connu plusieurs dames de grande qualité qui travaillaient toute l'année pour faire des charités aux pauvres : j'en sd connu une entre autres , qui était belle comme un ange , et fort délicate de son tempérament ; ses doigts étaient presque écorchés à force de travailler à de grosses toiles. Il est vrai que ce n'est plus l'usage que les dames fassent des ouvrages grossiers : n'importe , elles ne doivent pas manger le pain de paresse ; elles doivent ^ en ce tems-ci comme autrefois , s'occuper du soin de leur maison , et ne pas s'en rapporter à des domestiques. Je connais à Londres des dames qui yivent dans le grand monde , qui se trouvent mémç dans les assemblées quaiid la bi^séance l'exige; cependant elles ressemblent beau«> coup à ce portrait , et ne s'embarrassent guères si les sots se moquent d'elle^. '
liADY SENSÉE,
Je gage que j'en nommerais bien une»
Youlez-vons bien, ma Bonne , que je Vous
igt JjIR magasin
répète ce que j'ai ouï dire à cette flame
au sujet d'au bal ?
MADEM. BONNE
Tolontiers , ma chère ^ mais ne la nommez pas.
liADY SENSÉE.
On priait cette dame d'aller au bal qui se donna pour célébrer la naissance du prince héritier de l'empire des Russes; et comme elle refusait d'y aller, on lui demanda si elle croyait que ce fut un péché. Mon , reprit cette dame ; il y a des bals particuliers qui ne sont que des assemblées d'honnêtes gens , et je crois qu'on peut y aller sans offenser Dieu; mais on ne va au bal que pour s'y divertir^ et je suis sure que je ne m'y amuserais guère. Pourquoi ? lui demanda-t-on. Si j'allais à ce bal, répondit - elle, je ne pourrais me dispenser d'aller aux autres quand on m'en prierait , et pendant tout le tems que j'y serais , au Heu de m'occuper de ce que je verrais , je né penserais qu'à mes affaires , qui souffriraient le lendemain du tems qu'il faudrait donoer au sommeil* Je trouve ota vie trop courte
pGiur remplir mes devoirs ; le scia de m'en acquitter fait mes délices ; ne serais- }e pas extraviigaute de sacrifier des plai-^ sirs utiles à des occupations frivoles qui me donneraient du degoùt , de Fennui , et peut-être des remords ?
XJIDT SFIHITUEIiliE.
Je ne conçois pas qu^il paisse y avoir da plaisir à ren^icer à tout pour s'ensevelir ^ans.sa maison , et s'y occuper du :soin de ^on ménage ?
MABEM. BONNE.
Osez-vous bien douter du plaisir que l'on trouve à remplir ses devoirs , après ce que le Saint-Esprit vient de vous dire de la femme forte? Voyons ce qu'il prononce par rapport aux femmes dissipées, qu'on regarde pourtant comme de trèsbonnêtes personnes.
La sagesse délivrera l'homme de bien, de la femme qui est affectée , et qui fait la belle parleuse ; eiHe a oublié l'éducation de Sa jeunesse et Talliance de son Dieu.
La femme folle se montre à la fenêtre pour tâcher de plaire aux jeunes gens : elle se pare , pour leur donner de Famour :
194 ' tE TvîAG^ÀirN *
elle aime le bruit, les assemMées et le* places publiques ; elle est sotie , et vît dans une grande ignorance ; on la voit toujours dails les lieux les plu^ frécjuentés de la ville. ! '
Une belle femme qui vit" ainsi, est comme une lagué d'of 2fu groin d'une truie. La femme folle est toujours prête À rire , à s'amuser avec les hommes ; mais ceux qu'elle amuse , n'ont point de sens.
Une femme babillarde est pour son mari, comm« une inontagne pleine de cailloux à un vieillard qui marche nupieds. Une femme querelleuse est comme une paire de bœuSs qui tirent chacun de leur côté. Celle 4Ç[ui aime le vin et les liqueurs , sera pour son mari un crèvecœur. 11 n'y a rien de bon à attendre d'une femme qui a perdu la honte , et qui ne se soucie pas de faire parler d'elle ; elle doit être regardée comme une truie , i}ne chienne. La femme querelleuse serait bonne à envoyer contre une armée , car elle ferait fuir tous les hommes qui la composent.
Rassemblez ^ mes enfans , tous les ca* ractères de la femme folle. Elle est affeç*
DES ÀDOIiï:SCKNTES. ïgà
tée dans son parler , «He a oublié son éducation ; elle se montre à la fenêtre et dans les assemblées ; elle se pare pour paraître belle et pour plaire ; elle est toujours prêle à rire; elle est babillarde, querelleuse.; elle aime le vin et les liqueurs j elle a perdu la honte , et dit : Je Be m^mbarrasse pas de ce que le monde dit de moi. Choisissez maintenant^ mesdames , à laquelle de ces deux femmes vous Voulez ressembler , et souveneirvous , s'il vous plaît , que ce n'est pas moi qui ai fait ces portraits.
XADT liOUISE*
En vérité , cela fait trembler ; je me suis reconnue à quelques traits de la femme folle , et point du tout à ceos^ de la femme férte*.
MA DEM. BONNE
n faut apprendre ces deux portraits • par cœur, mes enfans , et vous demander tous les soirs : A laquelle de ces femmes ai-je ressemblé aujourd'hui ? Commentons présentement nos histoire^.
liADY MARY.
ïermettez-moi auparavant, ma Bonne,
196 XiE BfAGASIN
de TOUS faîre une question. Avant d'dller en France , vous nous aviez promis de nous expliquer ce que c'est que les métaux , et vous n'avez pas pensé à vous acquitter de votre parole. Il y eut hier un gentilhomme qui dîna chez nous ; il a parlé de végétaux, de métaux , et de beaucoup d'autres choses que je n'entendais pas. Gela m'a donné du chagrin , car papa a dit que cet homme avait raconté de belles choses , et j'ai perdu tont cela.
MADEM. BONNE
Lady Sensée , ménagez ma poitrine ^ et expliquez cela à ces dames.
liADT SENSÉE.
Je crois que l'on partage tout ce qui est sur la terre et sous la terre , en trois classes ou trois familles , qu'on nomme les animaux , les végétaux et les minéraux.
I^ADY SFIRITUEIiliE.
Et les hommes , est-ce qu'on les compte pour rien ? 1
MAOEM. BONNE. j
Ils sont dans la classe des animaux avec
DES ADOLESCENTES. ig7
tout ce qui respire ; l'homme , quant à son corps, n'est qa'un animal, comme la puce , la mouche , et une grande quantité d'animaux beaucoup plus grands et plils petits que lui. Or les animaux ont la yîe et le mouvement.
liADT VlOIiENTB.
Vos leçons commencent à ne plus tant m'ennuyer, ma Bonne; j'aime à la folie tout ce qui regarde la physique : dites -moi donc, s'il tous plaît, ce que Ton appelle la famille des végétaux ?
MABEM. bonne.
Allons, madame , courage ; je gagne* rai ma gageure. Je vais répondre à votre question. Les végétaux sont toutes les choses qui ont la vie , et qui n'ont point de mouvement. .
liADY VIOIiENTB.
Voilà qui est singulier. J'avais toujours cru que tout ce qui avait la vie ^ ^vait le mouvement.
MADEM. B0NN]E
Les arbres , les plantes , les racines et les fleurs ont la vie , et n'ont point de mouvement. Les minéraux , qui sont
198 Ii£ MAGASIN
dans la troisième famille ^ n'ont ni la vie ni le mouvement, comme For, l'ar" gent , le cuivre y le , fer y le plomb , le mercure^ Pétain^ etc.
Je connais tous ces métaux , excepté le mercure.
HABEM. BONNE.
. J'en ai justement une petite bouteille dans ma poche; c'est un minéral qui TOUS ressemble y ma chère y il rema« toujours , il ne peut se tenir en place.
I4ADY MARY.
Pour cela on le nomme vif-argent. Ab| ma Bonne y que cela est lourd I
MABEM. BONNE. •
Je vais le répandre sur la table à thé qui a des rebords ; car y sans qela ; il s'enfuirait,
liADY CHARIiOTTE.
Comme cela remue ! Et à quoi cela sert-il y ma Bonne ?
MADEM. BONNE
A mille choses^ mes enf ans. On s'<?n sert
pour la ttedeeiqe^ on en met derrière les glaces p daas les baromètres ^ etc.
' EADT MARY.
'Je ne Vois poîrit de vîf-argent ou de mercure à ce miroir; wi!est-il? Goratment faît-oii ^poia: l'eiipêcher de s'en-. fijir ?
MABJEM. BONNE.
t\ est . <ierrîère le miroir, et c'est lai quf ^ri-ête votre vue , qui sans cela'^pas* serait tottt au travers ; et on Tarréte , oa h 6}È^ pét un& fduslie d'étain qui est fort mince. Mais c'^est assez parler du rif*argent ; revepons aux animaux. Il y en a de. différentes espèces : le;, raisonnables : qm sont les hommes ; les volatils , qui sont tous les oiseaux, qui vivent dani l'air ; lés. ternstres. qui sont ceux qui viveqt $ur la terre ou dans la terre ; les aquatiques, qui sontr ceux qui vivent daiïs l'eau, et enfin les amphibies. Ces derniers vivent dans Pair , sur la terre fit îians Feau , comme les canards , les cignes , et quantité d^âutres. ,
^^i ^souvent entendu dire efu parlant
900 X>K KAGASIÎ^ J
des personnes qui n'ont point i^ caractère décidé , c'est un amphibie , qui n'est ni chair ni poisson : je ne pouvais pas concevoir ce que qela voulait dire , je l'entends à présenti
MISS BEIiliOTTE*.
Je suis bien fâchée de ne vous âv^oi-F pas connue plutôt , mademoiselle ; je sens que }e suis d'une telle ignorance que l'en suis toute bmiteuse. Je veux réparer lé tems perdu , et m'instraîre de mille choses toutes simples que j[$ SL'ëntends^ pas.
MADEM. BONNE*
Outre qu'il est honteui^ d'hêtre ignojrantes , il y a encore une grande raison qui doit vous faire chercher ^àêlré îfafr^ truites. Yous serez toutes mariées , mes; dames, et vous épouserez des hcmiroe* qui auront beaucoup étudié , voyagé?
et qui devront être savans. Si vous ne savez parler que de vos coifiurea, et que vous ayez un mari qui ait v^^^}^ de son éducation ', il s'èuniuèrà avec vous, il cherchera d'autre compagnie > parce qu'il n^ connaîtra rien à totre
DES ADOIiESjCENTES. SOt
conTêrsAtion ; au lieu que si vous êtes instruites , vous lui ferez aimer sa maison, et il sera charmé de s'entretenir avec vous. A présent , lady Charlotte , dites-nous votre histoire.
liADY CHARIiOTTE.
Achab voulant faire la guerre , con-* sulta ses faux prophètes , qui lui prédi- ^e^t la victoire. Or le roi de Juda qui était un prince qui craignait Dieu, avait mené 4es troupes à Achab. Ce prince , qui SÈ nommait Josaphat, dit au roi d'Israël : n'y a-t-il point quelque prophète du Seigneur ? Achab lui répondit : il y en a un nommé Michée , mais il ne me prédît jamais que du malheur. Envoyez-^le chercher , je vous prie , lui dît Josaphat. Ceux qui furent chercher Michée lui dirent : vous voyez que tous les prophètes ont prédit la victoire au foi, n'allez pas lui dire autre chose. Michée répondit : je ne m'embarrasse point de ce que les autres ont dit , pour lûoi , je dirai les paroles qu& le Seigneur me mettra dans' la bouche. Michée ait donc à Achab : tu seras tué dans cette
soit I#E MAGASIN
bataille. Je vous l'ayàis bien dit , repric Âchab y qu'il ne me prédirait x[ue dti mal : c'est pourquoi j'ordonne qu'on le mette en prison^ el quand je serai revenu victorieux , je le ferai mourir. J'y consens de bon cœur , dit Michée : si tu reviens , dis que je suis un imposteur* Achab fut tué dans cette batsolle ; et comme on lavait son corps y les chiens léchèrent son sangi Son fils , qui régna en sa place , ne fut pas meilleur que lui. Etant tombé malade , il envoya un de ses servUenrs consister les fanx dieux. Ëlîe Farréta , et lui dit: n'yatril point de Dieu en Israâ , puisque votre maître envoie consulter les idoles? Dites-lui de la part de Dieu , que pour punir ce péché, il ne relèvera jamais du lit sur lequel il est couché. Le ror ayant appris que c'était 0ie qui lui annonçait la mort , envoya un de ses capitaines avec cinquante hommes pour k prendre ; mais le feu du ciel étant descendu sur eux , les brûla. La même chose arriva à une seconde troupe, qui avait été envoyée contre Elie , ce qui n'empêcha pas ce prince impie et en^
OTrdt'<Pëa envoyé*^ ttne< troisième. Ces derniers étaient d'honriêccs gens, ef leur capitaine .se prosterpa aqx pieds d'Elie y aulieu de le menacer, et il ne leur arriva aucun mal.
Alors Elie , par ordre de Dieu , suivit ce capitaine ,>ct étant entré chez^le roîy il lui reitéra ses menaces , qui s^accomplîrent^ Ensuite le prophète dit à Elisée : je te prie , laisse-moi. Elisée lui répondit : vive le Seigneur , je ne vous quitterai point} car il savait que Dieu devait en ce jour enlevjôr soii maître.. "Us arrivèrent au bord du Jourdain , et le prophète ayant frappé les eaux avec son manteau , elles s'ouvrirent en deux par^-' ties pour leur donner le passage. Elle dit à son disciple : que veux-tu que je te laisse en tè quittant? Elisée lui répondit:, laissez-moi votre double esprit. Tu se-» ras exaucé si tu me vois enlever , dit le prophète. Us se prometi aient en parlîint ; maïs tout-^-côup Dieu enleva Elie daîis un char de feui Elisée s'é^jriaît après lui et disait t oh mon père ! le chariot , le conducteur d^lsraël. Toul-^ à-coup il né le vit plus , mais seukmeitl
son manteau: qui 4tait tombé ^ et qui foi ramiissé par Elisée»
MADEM. BÔNKSr.
Remarqaez dans celle histoire ^ mesdames, le caractère des rois et des {grands : ils veulent bien qaelqucfois consulter les prophètes , c'est-à-dire , demander des conseils; maïs si on s'avise de leur répondre autrement qu'ils ne le souhaitent^ on devient leur ennemi : aussi ne sontils environnés que de lâches flatteurs ^ et la vérité ne parvient jamais jusqu^Â eul. n faut faire beaucoup d'attention à ceci^ mes enfans : quoique vous ne soyez pas nées princesses , vous êtes riches et de grande qualité; en voilà asseï^ pour vous attirer des flatteurs , et si vous êtes assez, malhieureuses pour les écouter , vous vous perdrez.
LADT charlotte;
Il faut que ye vous dise y ma Bonne ^ ce qui m'est arrivé. Notre femme de charge e$t une flattueuse -^ elle ne vous a jamais pardopiié la pénitence que vous m'avez donnée de servir ma servante } quand elle a su que vous étiez revenue^
DE» AppIiBSCENTES. ao5
elle a tenu mille mauvais discours , et les autres domestiques ont suivi son exemple. Elle dît que vous êtes fort ridicule j que maman a grand tort de vousjaîsser la liberté de me maltraiter, et que le» enfans qui sont sous votre conduite sont trè» à plaindi^e.;
MABEM. BONNSL
Et que lui avez -vous répondu , ma
chère ?• .
liADY CHARIiOTTE.
Je lui ai dit qu'elle parlait qomme une sotte ;. que vous étiez douce comme un mouton , et quenrou» ne tious repreniez, janiais que pour notre bien*
MABEM. BONNE. -
Je vous suis bien oblifirée , ma clière , q avoir pns ma défense ; mais vous pouviez le faire sans parler durement à cette femme , qui n'en sait pas plus long que ee qu'elle dît. Pour vous remercier de la bonne yoloI^é que vous avez eue pour moi dans cette occasioif , }e vous condamne à demander excuse à cette femme de l'avoir appelée sotte \ vous deviez respecter son âge , et lui parler honnêtement.
Il » '
MTISS SOPHÎÈ.
Voîlâ une singulière iréco^peme que tous dpnnez,à l^dy;jÇ)iarlpl^ jj^^m'in magine, qu'elle s^ passei;a,it 4'uo t^I femerdmenu ., . . „ ,^
-î l'ir. • ? I •
liADY CHARlibTT*È
Non , sur ma conscience ^.ma chère j fai pris la résolriliôn à^étre toujours bonne fille : comment pourpais-jè Pèxécuter si ma Cbnné n avait pa5 la J^onté de me rebreiidre .1 , *
Je pleure de>^e>, ma cirëpe Gl^arloffej avec de lel^^sentimeçs , ^c^s ^erez bientôt parfaite : qufi ne donnerais -je pas pour voir loli tesces* (îames dàn^ les Snêmj^s dîsiib$iliôrisf !HÏ faiut espérer ii^e/fcela Viendra, ' '" ^ ■
Kïs a. SOPHIE. !
Tenez, ma Botane,'fe nesiiîs pasuûe iotte j}e'saîà*fort yitvt que v^s %\jé^ \tt^ contente de toutes ée^ dames ; c'c^ par pôKtësséque vous lès ave^fc nommées ', et je pense que cela île regardait que moî»>
liADY VIOIiENTE,
Je pourrais fort bien y avoir une bonne part , msidame ; car je suis par fois as^es^ méchante , et )e fads assçz^ souTent tour-r ner la tête à ma pauvre gojiyernante* .
MABEM. BO'NKE.
Eh bien, mesdames , je veux bien que vous croyiez que je vous avais un peu en vue en disant cela. Vous sentez votre mal , c'est déjà quelque chose ; c'est le commencement de la guérîson ; elle s'achèvera , s'il plaît à Dieu : dites votre histoire ^ miss Bellotte.
MISS BEIiliOTTB.
Elîsee étant revenu sur le bord drt Jourdain avec le manteau d'Elie-, dont il avait hérité , frajppa les eaux avec ce manteau , et elles s'ouvrirent une' se^ conde fois pour lui donner passage. Il fat ensuite dans un autre endroit , et les habitans lui représentèrent que leurs^ terres étaient fort bonnes , mais que la mauvaise qualité èes eaux qui les arror saient tes empêchait de produire. Elisée se fit donner un vase plein d'eau j il y
fio8 LE MAGASIN
mit du sel , et Tayant jeté à la source de ces eaux , elles devinrent saines.
Le prophète monta ensuite à Bétbel^ et des petits garçons qui sortaient de la ville , se moquèrent de lui , parce qu'il n'avait plus de cheveux , et rappelèrent tête pelée. Elisée les maudit , et en même tems il sortit deux ours de la forêt voisine , qui mirent en pièces quarante-deux de ces méchans enfans.
Le rcH d'Israël , voulant faire la guerre aux Moabites , appela à son secours Josaphat 9 roi de Juda , et le roi d'Ëdom. Ces trois princes étant arrivés* dans un lieu où il n'y avait point d'eau y Josaphat demanda s'il n'y avait point en ce lieu quelque prophète du Seigneur; et comme on lui eux nommé Elisée , il dit : Faites-le venir , car je sais que l'esprit du Seigneur habite «n lui. Lorsqu'Elisée fut venu y il dit au roi d'Israël :,Qu'y a-t-il entre vous et moi? que ne demandez -vous dû secours aux dieux de votre père et de votre mère ? Si vous étiez seul , je ne dai* gnerais pas seulement vous regarder; mais à cause ^ de Josaphat, le Seigneur vous donnera non - seulement de l'eau >
DES AB0LE5CEKTES. âog
maïs encore la victoire sur vos ennemis, ladites faire dans cette plaine quantité de grandes fosses , et elles s'empliront d'ean, quoiqu'il ne vienne ni vent ni pluie. Le Seigneur exécuta ce que son prophète avait promis de sa part : les fosses se remplirent d'eau; et le lendemain , quand le soleil donna sur ces fosses , elles parurent pleines de sang aux yeux des Mpabites. Alors ils crurent que les trois rois, feurs ennemis, avaient pris querelle ensemble-, et s'étaient entire-tués. Ils se hâtèrent donè d'accourir pour piller leur camp , et ils se précipitèrent comme d'eux - mêmes dans l'épée des Israélites. Ils furent défaits , leurs villes et leurs c^ps détruits : ce qui mit leur roi dans ui^PrSi grande rage , qu'il amena sur les murailles le fils qui devait lui succéder , et l'offrit en holocauste à ses dieu^t de- Tant tout Israël
MADEM. BONKE.
' Je gisais à lady Charlotte , il n'y a qu'un ;nomeut j qu'il fallait respecter les vieilles gens : jfoyez , mesdames , le terrible châtiment que Dieu fait à ces mé^
chans petite gaorçoBS qui s'étaient moqnés du prophète.
. MISS Moiitv; , .
Je TOUS avoue ^^ ma Bonpc^, que j'ai lis défaut de rire des vieilles gens, ^a nouf" rice de maman vient nous voir quelquefois y comme celte^ bonne femme n^a plus de dents, cela la fait paiier d'unp nvanière si âfingpirère , que je ris poinme une foUe qu^nd elle est pai:tie ^ je sois veijuie àbouf de la contrefa^f;^ si biei^ ,. qu^ cela faijt rire aussi, toijis^^jies,. domestiques de I9 maison. / * • f > -T ) : : l
2CADEM. BO'KI^Si > '
Le bel emploi pour une fille dé quantité, de faite le singe devant des serVantdl; et àes valets î Ck)mment voiddi-vdui qn'ilsi vous respectent , après vons aVèii' vu faîirc de tefies iassesses? Apptebèl qu'il n'y a rien de si bas , que de sfe moquer des vieilles gens, ou de ceux que Dieu a ajQSigés de quelque défaut nature}. Lès premiers méritent du respect ; les seconds; de la GOnfpassîcta. Je Vous avoue, ma chère , que je iserais bien fâchée, si voui nie Vous corrîg^er pas de
DES ASOIiESCENTES. 911
ee défeut : il annonce QrâîiisdiremçBt un cœur méchant et malin. Làdy^^rituelle^ dîtes à ces dames comment on en agissait à Sparte avec les vieillards.
IiADY SPIRITUEIiliE.
La république de Sparte passait pour avoir les meilleures et les plus sages lois ; i^ne pense pas comme cela , mesdames , car je trouve la plus grande partie de ces lois ridicules et mauvaises; mais j'aime beaucoup celles que les Spartiates suivaient à. l'égard des vieillards, 11 n'ét^î^ pas permis aux jeunes gens de s'asseoir en leur présence ; et quand ils venaient dans les assemblées publiques, on leur cédait les . meilleures places, hes Athéniens n'avaient pas les mêmes attentions,. Un jour qu'il y avait à Athènes des ambassadeurs de Sparte , ils furent scandalisés de voir dans la foule de pauvres vieillards qui étaient poussés , sans pouvoir trouver une bonne place pour voir le spectacle. Les ambassadeurs , qu'on avait mis dans la place d'honneur ^ ne purent souffrir cela ; et s'étant levés , ils forcèrent ces vieillards à s'asseoir en leur
919 liE MAGASIN
place , et donnèrent par - là une bonne leçon aux Athéniens.
LADY VIOIiENTE.
Je suis bien fâchée qnand j'entends raconter quelques sottises des Athéniens; )e suis comme lady Spirituelle, je les aime beaucoup plus que les Lacédémoniens , dont je trouve les lois barbares.
MADEM. BONNE
Tous êtes bien hardies , mesdames ^ d'oser blâmer les lois des Lacédémoniens, que les plus grands hommes admirent. U me prend enyie de vous demander pour^ quoi vous aimez les Athéniens , et pourquoi vous haïssez les Lacédémoniens ; car il ne faut jamais aimer ou haïr par caprice, et sans pouvoir donner de bonnes raisons, de son amour ou de sa haine.
XApY VIOIiENTE.
Mon amoui" et ma haine sont fondés sîir de bonnes raisons. Je hais les Lacédémoniens y parce qu'ils étaient cruels , qu'ils voulaient toujours rester ignorans , et que leurs femmes n'avaient point de modestie. J'aime les Athéniens, parce
PE8 ADOLESCENTES. 9l3
qa^ls étaient savans , qu'ils punissaient rbisÎYeté y l'ingratitude. 11 est vrai qu'ils avaient de grands défauts ; mais pourtant j'aime inieux les défauts des Athéniens que les vertus des Lacédémoniens.
Permettez-moi de dire à ces dames comment on traitsût les enfans à Sparte.
MADEM. BONNE
J'y consens de bon cdeor ; mais souvenez-vous qu'en nous faisant remarquer les défauts des Lacédémoniens^ la justice demande que vous disiez quelque chose de leurs Vertus.
LADT SFIRlTTJEIiLE.
Je ne leur trouve pas de vertus, je vous assure.
MADEM. BONNE
Gomment pouvez-^ VOUS dire cela , ma chère? La grande obéissance qu'ils avaient pour les lois , n'était-elle pas une vertu?
ïiADY SPIRITUELLE. ,
IHon y en vérité , ma chère Bonne : je vous demande pardon de n'être pas de votre sentiment ; mais vous voulez que nous ^ous disions toujours la vérité y et je mentirais , si je disais que je trouve
Ôl4 tE MAGASIN
cela uûe verlu. Tenez ,' ma Bonnè^^ je dois vous obéir : mais , si vous me disiez de tuer lady Mary , mon obéissance ^^ rait-elle oiie vertu ? Obéir à de mauvaises - Ibis , n'est-ce pas être' bien méchant ? ^
li^DY VIOIiENTE.
Yoilà justement ce que je pense : par exemple , une des lois de Sparte était d'accoutumer les enfans àonépriser la douleur : cela est fort bien ; mais poiir leur faire prendre cette bonne habitude ^ il y avait certains jours de fêtes où an les menait dans les temples , pour les fouçttej: jusqu'au sang , sans qu'ils eussent fait aucime faute : encore il ne fallait pas pleurer. Un enfant qui aurait pleuré, aurait perdu sa réputation : aussi est-il arrivé plusieurs fois • que tes malheureux énfans sont morts sous les G<mps , sans jeter une larme ; et ce qu'il y a de plus abominable, c'eist que les pèï'ess et les mères étaient là ; ils voyaient tranquillement déchirer leurs pauvres enfans, et les exh6r<ment à souffrir sans se plaindre*
'MABÈM. BONNE.
Yoilà une raison sans réplique , et m
DES ifBfeTiilS<ÎEN*rES. 2l5
notîf légitime 'pour leé jeunes dames de hm: lés liacédemoïiiens. J'ayoue aussi ifÊKt je n'ai rien à répliquer à ladj Spiri- MBlle. Pour que l'obëii^sâuce aux lois soit HDfe 'Ter tu , il faut que ce& lots soient boQtiés ; si elles sont maûraises , plus ou est è^act à les observer/ plus^ on est mé-^ chant:
.' lilSS BEJLIiOTTS.
PouîT moi , je n!^. fais pas tant de fa^ ço3!ts : d- aboF^ que les élusses me plaisent^ )e'lcs>cfoîs bonnes.; sii elles ine déplaisent^ jé dis ^d'abiaind qu'elles ne Tfikntrieii. -
Cest le lÉoyeu' dé > juger lout de tra-
vers, «respêre ^ue voiis n'a'gîrez pas ainsi
à|Pé!VteMr. VbîW avesj beaueote^ d'espifit,
ttia chète*, et ttoâitiepuil* géûîe siipérieto :
H tf est quéstiôti Vjué ^te lettre de îa^ jus^
lesse dans cet èsprîf ^là ;' et ëiVdtis Voulea;
nfaider , bouS y travailleroÉis î je stiis
sure que nous y réussirons. Lady^î^io-»-
ientè, vous m'aveaJ dit que lés Athéniens
pîtnissaienl l'ingratitude y 'û iric sembla
que je vous àî donné, il y a deux ans^
^ne'fort jolie hîstoir^ à Ce 'sujet; vou*
djtîez-Votaâ m^ U raqoûtei: ?
«6 Ii£ MAGASIN
i^Ajdt violente.
Oui, ma Bonnes je m'en çouyiens fort bien. 11 y avait dans la ville d'Athènes des juges qui étaient ichargés de punir les ingrajts ; mais c'était une chose si rare, qu'ils n'avaient rien à f^ùre. Ils s'ennuyèrent d'aller tous les jours à leur tribunal sans y trouver personne , et mirent une cloche à la porte de leur maison , afia qu'on put la sonner^ quand on aurait besoin d'eux. On fut si long-tems à son^ ner cette cloche, que l'herbe qui croissait à la muraille , s'entorfilÛ aveic la corde. Dans ce tems-là 9 il y avait dans la ville un homme qui y voyant que son cheval était devenu si viçux qu'il ne pouvait [dus travailler , ne. voulut pas le nourrir à rieii faire , et le mit hors de son écurie. Ce pauvre cheval iparchait tristement dans la' ruç, comme s'il eût deviné qu'il était en danger de mourir de faim* 11 passa par ' hasard proche de la maison des juges dont j'ai parlé ; et voyant de l'herbe à la muraille , il s'éleva sur le bout de ses pieds pour tâcher de l'attraper : il eut beau faire y il ne prit que la corde y ce qui fit; sonner la clocbe
DES ADOLESCENTES. Hif
plusieurs fois. Les juges vinrent aussitôt pour voir ce qu'on leur voulait j et voyant que c'était un cheval qui sonnait la cloche , ils demandèrent à qui il apparie* nait. Quelques-uns des voisins leur dirent qu'il n'appartenait plus à personne , et que son maître lui avait donné son congés parce qu'il ne pouvait plus travaillen Yraiment , dirent les juges y cette affaire sous regarde ; c'est une véritable ingratitude à cet homme de jeter dehors un pauvre animal domestique qui a usé sa vie à son service 9 nous ne pouvons souffrir cela. Effectîvcmemt , ils firent venir le maître de ce cheval , et l'obligèrent à donner une somme pour nourrir cet axdr mal le reste de sts jours.
liADY SPIRITUEIiliB.
Avouez, mesdames, que c'était une belle chose qu'une ville où il n'y avait pas d'ingrats , et où l'on punissait l'ingratitude, même envers les bêtes* Ce n'est pas là tout. A Londres , et dans tous les autres endroits du monde , on punit les gens qui font de mauvaises actions : à I. lo
|l8 !•« MAGASIN
Athènes , on punissait aussi ceux ^w manquaient à en faire de boyines.
Nous dirons cela la première fois,Tna «hère; il est tard; il Tious reste encore nne histoire de la Sainte-Ecriture à écou. ter , et nous deyons aussi dire un mot de la géographie,
m: ISS MpIiliY,
La femme d'un prophète , qm • ëtatt
veuve, yinl un jour trouver Elisée , et
lui dit : Seigneur, vous savez iqùe mon
mari était serviteur de Dieu j il est mort
ayant de pouvoir payer ises dettes , et pré-
penicment ses créanciers veulent prendre
mes deux fils pour être esclaves. Qu'a-
vez-vous dans votre maison, lui demanda
Elisée? Je n'ai rien qu'iïh pot plein
d'huile , lui répondit la veuve. Allez , dit
le prophète ; ei^runtez de vos voisins
une grande quantité de cruches vides;
ensuite vous fermerez la porte de votre
maison , et vous verserez votre huile daiïs
4ces cruches. Cette veuve obéit , et elle
avait beau verser , l'huile de sa cruche
fipulait toujours comme jsi elle p'eut pas
DES AbbliÊSCE^TTES. ^ îig
eu de fond. Elle dit à son fils : Apportez^ moi encore une cruche. Elles sont toutes pleines; kû répondit -il : alors l'huile t:essa de couler, et cette femme yendit tétie huile ^ et paya ses créanciers.
Un jour le >propiiète passatitt par Su- «lem, une ifemiâie riche le pria d'entrer chez elle,- pour manger un morceau t toutes les fois qu'il posait par-là, elle lui ifài^ait la > même prière. £lle dit même ^ son ntari : Jb connais i^^Elisée est un 'homme de Dieu ^ permettez - moi donc de' lui faire un lit dans ^^tre maison en iine chambre haute , afin qu'il puisse «'âïréler ici quand il le jugera à propos. EHsée ïut sensible à la charité de cette femihe , et ^oc^aitait de lui en marquer «a rectMmaissance. Son serviteur lui dit : Seigneur^ cette femme n^a point d'enfans. Le prophète l'ayant fait appeler , lui dit : Dans un an vous aurez un fils : et cela arriva en effet. Quelques années après, cet enfant étant allé aux champs avec ceu^ qui allaient porter le dîné à soii père , fût pris d'un si violent mal de tête, qu^il fallut bien vite le reporter à la maison j et sa mère l'ayant pris sui
lO '^^
ses genbiu , lui vit rendre le dernier soupir Cette femme alors , pleine de toi, porta l'enfant sur le lit d'JElisée , et étant Lntéesurun âne, elle fut à la montagne, etse iet*aux genoux du prophète.
Le domestique,. d'Elisée voulait Un|pecher, mais il lui dit : Laisse» - la faire, son ame est accablée de douleur, elle Seigneur ne m'en a point dédàrele sujet. La Sunamite lui apprit alors ce qui l«» était arrivé , et Elisée dit k soa domestique : Allez chcx cette femme, et mette* mon bâton sur le corps mort de son enfant. Mais la Sunamite lui dit : Je ne vous quitterai pas que vous ne -semez avec moi. Le prophète la suivit donc ; et s'étant enfermé dans sa chambre , il pria Dieu avec tant d'ardeur , qu'il «n obtint la résurrection de l'enfant de çetw charitaUé Sunamite.
MASEM. BONNE.
Vous voyez , mes enfans , qu'une œuvre de charité n'est jamais perdue : remarquez aussi que , quoiqu'il faille faire la charité à tous les pauvres , il faut sur-tout avoir S(Mn d'assister ceux qui ont la crainte du
Seigneur : il a beaucoup d'égard aux prières des pauvres ; ils sollicitent sa miséricorde pour leurs bienfaiteurs. Où en sommes-nous de la géographie , Lady Sensée ?
liADY SENSÉE.
Nous avons parlé la dernière fois du Poitou , mais nous n'avons rien dit du pays d'Auuis, qui est au sud-ouest du Poitou. On y voit la Rochelle. Cetle ville avait été donnée comme un lieu de sûreté aiix protestans de .France ; elle fut assiégée par Louis XUl qui la prit après treize mois de siège , les habitans ayant mangé des choses qui fout seulement horreiu à penser.
On trouve aussi dans le pays d'Aunis j la ville deHochefort , qui est un des départemens de la marine de France sur l'Océan.
La Saintonge est au sud du Poitou. Sa capitale est Saintes sur la Charente. La Garonne coule dans cette province. ^
MADEH. BOïfNE.
Nous en testerons là aùj<iurd'hui , mesdames. '
SSa Z'E MAGASIN