‹ Magasin des adolescentesChapitre 29 sur 33 · LAD Y LOUISE · texte numérisé non relu

LAD Y LOUISE

Yous avez raison , ma Bonne , et je le conçois bien à présent ^ mais auparavant je vous avoue que j'étais dans l'erreun Je croyais que se tu^ était un péché ;

mais j^ ne pensais pas que c'éta^it une lâcheté.

MISS ZINKA.

Ma Bonne , nous avons chez nous un livre qu'on appelle les Lettres Persannes. On dit qu'il est fait par un grand honune , et ce grand homme soutient qu'il est permis de se tuer. Il dit que la vie est un présent du Créateur , qu'il ne nous oblige de garder qu'autant ^'elle nous est aj^éable ; et que s'il se trouvait un homine accablé sans ressource de toutes sortes de maux j Dieu ne pourrait sans cruauté le forcer à garder iin présent qui lui serait devenu funeste^ Je sens bien quelque chose au--dedans de moi-même qui répugne a croire ce raisonnement ; mais en vérité ^ je ne saurais y répondre.

MADËM. BONNE*

Parce, que vous n'avez pas pris l'habitude d'examiner un principe que l'on établit : permettez à lady Sensée de discuter la proposition de cet homme ; c'est le célèbre Montesquieu : il s'est bien repenti de cet ouvrage les dernières années de sa vie , car il est mort en bon chrétien* .

DES ADOIiESCENTES. l45 LADT SENSÉE.

Lia vie est un présent du Créateur^ qu^il ne noua oblige de garder y qu^au^ tant qù^elle nous est agréable. Je crois ^ ma Bonne , que Fauteur aurait mieus: £ait de dire , qu'autant qu'elle nous est utile. Sa proposition dans ce cas eût été vraie. Il ajoute ensuite , que Dieu ne pourrait sans cruauté forcer V homme à garder un présent qui lui serait devenu fur^ neste. Il explique ensuite ce qu'il entend par une vie qui deviendrait funeste ; c'esi^ dit-il , celle où un homme serait accablé sans ressource de toutes sortes de maux. Il s'appuie sur une supposition fausse. Il n'est point de maux qui soient %2gà^ ressource : donc il n'y a point de situation où la vie devienne un présent funeste ; donc il n^y a point de situation où il soit permis à l'homme de quitter une vie qu'il lui est utile de garder , puisque Dieu la lui laisse , et qu'il est très-certain qu'il la lui ôterait si elle lui était inutile,

MIJS3 ZINNA.

J'i^mire comment lady Sensée a fait l'examen de cette proposition , et nous

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en a montré la fausseté. Cependant , ma Bonne , s'il se trouvait des personnes qui lui soutinssent qu'un homme qui aurait perdu ses biens , sa santé , sa réputation , ses amis , est malheureux sans ressource y que lui tépôndr ait-elle ?

MADEM. BONNE

Vous examinerons cela dans notre leçon de philosophie. Nous traitons du bonheur, par conséquent il est essentiel de trouyer ce qui |>eut produire le malheur, qui est le contraire dti bonheur. Aujourd'hui il bitkt tenir la parole que jai donnée à ces dajMS , et leur parler des lois de Sparte. Lady Spirituelle, dites-nous ce que vous en.savez.

liADT SFIftlTUEIiliE.

Je vais commencer par dire k ces dameis ce que c'était que Lycurgue, qui avait fait ces lois. C'était , -je pense , un Ifort honnête homme, qui avait grande envie de pratiquer la vertu et de la faire pratiquer aux autres , mais qui n'avait jamais bien examiné en quoi elle consistait Faute d'avoir fait cet examen' , il conduisit les Spartiates tout de travers.

eï:S AI>OIiES€ENT£3« 1^5 MADEM. BONNE.

Cela est bientôt dit , ma chère j il a'est plus question que de le prouyer*

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