I-ADY SPIRITUEIiliE
De tout mou cœur , ma Bonne. Je vais raconter tout simplement à ces dames ce qu'il fit pour faire rece;voir ses lois , et ensuite je m'en rapporterai à leur juge-, ment.
Lycurgue était frère d'un roi de Sparte , qui mourutsans enfans et laissa sa femme grosse. Les Spartiates offrirent la couronne à Lycurgue., mais il leur répondit: Je vous suis obligé de votre bonne volonté ; mais , si par hasard ma belle-sœur accouchait d'un fils, vous sentez bien que Ja couronne appartiendrait à cet enfant et non pas à moi. Cette belle- «œur de Lycurgue était une méchante femme, qui aurait souhaité d'être toujours reine; ainsi elle dit à son beaufrère : Si vous voulez m'épouser, je tuerai mon enfant^ et vous serez roi. Lycurgue aurait pu faire punir cette mauvaise mère ; mais comme la vie de son enfant
était encore entre ses mains , il feignit d'être fort content de sa proposition , et
. lui dit qu'il sa^t des moyei>s surs de faire périr seii en&iit aussitôt qu^il serait au monde. Quaud il fut né ^ Lycurgue Fota des mains de sa mère et le fit re-^ connaître pour roi ; et jusqu'à ce <ju'il fîlt en âge de gouverner lui-même , il voulut bien être régent du royaume , el prit ce tems pour changer les lois dç jSparte.
H. y avait dans ce pays -là, conun^ dans tous fes pays du monde , un très-» grand nombre de pauvres et quelques personnes riches. Lycurgue pensa que cela n'était pas juste , et que tous le» hommes d\m même pays devaient être égaux. Après s'être persuadé, à lui-même que cette és^alité était une chose îuste, ?r prit un bon nombre dé soldkts , et dît à tous ceux qui avaient de grandtes terres,, qu'il fallait absolument qu'ils tes parta-
• geassent avec ceux qui n'en avaient point , parce qu'il ne voulait pas qu'ir y eût à Sparte un seul homme qui eût plus de terre que les autres. Ëh bien , mesdames ^ içue pensez-vous de cette action ?
t)ES ADOLESCEKTES. t^J
j'e péîisé quéLyfcùrgùè était iin hôm&è bien cîiarîtaï)Ie, puîsqù^il donnait ^e quoi vivre à toiis les pauvres.
HCIâS BELI/ÔTTE.
MdÈ , m& thèrè attiré y ^mdi ûmé qu'il faisait l'aumône du bien ffstkiità ^ et que cela à^èàl pis ^çt iSié. Que diriezvoits, ma cbèrey si je prenais uil cdtitôaU| et qaé je vous dise : Miss MoUy, ye vais iràm tuer , si vous rie me donnez totre argent : vmci Aès pauvres qili n'ont pas nn fardin , pendant que Voua avez des gisméès : cela n'est pas jusfe j il faut leuf partager votre bien ?
liiiâfs Môïiii*.
En vérité, madame , je dirais que Vous seriez une voleuse j que votfs pouvez donner votre argent tant qu'il vous plaira , parce qu'il est à vous ; mais que le mien ne vous appartient pas , et que vous êtes îûjùSté de vouloir riàe forCéV à le donneir. Ainâi je vôîs ^ùe j^ai j'uj^ comme une sotte , quand f ai dit <Jto'il était' chair ritable : ii était ihjHi^. Que ne fâis'diï4
l48 .. IiE MAGASIN
comme ma Bonne ? J'avais trois gainées que j'aimais beaucoup; ma Bonne m'a fait honte de mon avarice , et elle est cause que je les ai données aux pauvres de bon cœur. Lycurgue devait donc engager les Spartiates , par de bonnes raisons j à partager leurs terres y et non pas les y forcer.
MADEH. BONNE.
Voilà le pauvre Lycurgue condamné sans miséricorde. Il est vrai j mesdames , que je pense aussi bien que vous , qu'il avait tort. La loi naturelle est la première de toutes les lois ; elle défend d'ôter à un homme ce qui lui appartient , et jamais il n'est permis de manquer à cette loi; mais la belle passion de Lycurgue était l'égalité^, et il Croyait que tout lui était piermis , pourvu qu'il n'y eût pas dans Sparte uh seul homme plus riche que l'autre.
liADY CHARIiOTTE.
i Si j'avaiis été là j je l'aurais bien attrapé : |e lui aurais laissé prendre mes terres, puisque je n'aurais pu l'empêcher ; mais, ppur mon or et mon argent ^ il ne les
DES ADÛIiESCENTES. l4g
attrait pas eus ; je les aurais plutôt en-^ terrés.
MADEM. BONNE
Ce serait vous qui auriez été attrapée , ma chère, car il trouva le moyeu de rendre l'or et l'argent inulilies.
liADY CHARIiOTTE.
G)mment cela?
liADY MART.
Permettez-moi de le dire y ma Bonne.
Vous savez bien y mesdames , qu'on ne peut manger l'argent, ni s'habiller avec; il n'est bon qu'à acheter les choses né-^ cessaires à la vie. Or, Lycurgue fit défendre aux marchands^ sous peine de la yie, de donner aucune chose pour de l'or ou de l'argent. Alors ceux qui avaient gardé le leur , furent bien sots , car ils ne savaient plus qu'en faire. Lycurgue , à la place delà monnaie ordinaire, en fit faire une de fer, et on en donna à chaque famille la même quantité : ainsi ils furent tous exactement aussi riches les uns que les autrcîs , car ils avaient la même quantité de monnaie et de terres.
^5o XiBMAQASIN
MISS FRIVOIiE.
Gela était ]^ pçus le i^çnpf nt ; l'égalité était parfaite alors , mais cel£( ne pouvait pas ^urer : il y avait sans doute dans Sparte des gens p\fis gourmands les lins que les autres , ou qui voulaient être mieux ha]>iUés« Ceux-là devaient dépenser leur monnafe plt^lçt. ^^. l^^ autres: ce qui devait bientôt faire des pauvres.
liADY ipPIRITUlBLIiE.
l'JÇWgW i^VÉ^t^ pensé cela comma TOUS, inad49i^> 6t il y ay^U trouvé un i:emè4e : i^ p'éfait pas pem^is de 9l£M^er dans sa maisp^. Il avait ét^li d^ gr^ya^es salles où quinze fs^np^iUcis se rassemblaient ppur m^pçer e^i&in|)le. Çhaçup fp^irai^- W\ 5% WK\ ^. ^i* 7 d'bufte > dç. £8^^i^ eç âe via^ j cA spç^fe ^Vki\ ^'i^^% f»S99fç^ 9kh k m bwwe dô d4f?«»»eç plv* Çî* SW ^0}SW } f li si ^e\^'99 ap mâ^fi^ p^s d^ lv)ft ^pçtit , oa, V«^l9^»iÇt gQw^ 9»^n4 9 ^ 0^ L'a^cij^ait d'avoii; m^jpg^ ekfigt li^ siva^t de veni( : ce qui éiai^ uii grand aSronjU
B£S .ADOIiESCEKT ES. l5l
MISS SOPHIE
Et qui payait le cuisimer et les autres domestiques t
Il n'y avait point de domestiques à Sparte, mesdames. Nos valets ne nous servent que parce qu'ils n'ont pas de quoi vivre ; mais la tout le monde ayant le nécessaire, vous pensez bien qull n'y avait personne qui voulût se faire valet ou ouvrier. Tous les ouvrages se faisaient par les prisonniers de guerre , qui étalent esclaves ; et comme il y en avait un grand; nombre d'une nation appelée Ilote, on npmipalt tous les esclaves de ({e nom.
. Ht se' OiHAMPâTR^. ,.
On m'avait toujours dit qtie ks Spttr^ dates étaient sobres , désintéressés , vertueux , et Us n'étaient rien moins que tout cela , car ils n'avaient pas la liberté cPétre le contraire. U me semble que pviir être sobre , il fai^t avoir à ckoisir entre uit grand, repas et un médiocre ; Pbomme sobre est celui qui préfère le dernier, quand il est absolument maitre de ehoi** sir le premier.
l59 liir MAGASrif
MAPEM. BONNE.
Yoiis ayez raison , ma chère ^ pour être vertueux, il faut avoir la- liberté de ne l'être pas , et ne s'en pas servir : mais ce n'est pas cela qui me choque dayantage dans les lois de Lycurgue , c'est l'amour déréglé qu'elles inspiraient aux Spartiates pour leur pays. La patrie était leur idole^ à laquelle il fallait toujours être prêt de tout sacrifier, jusqu'à la bonne foi^l'hor^neur , l'humanité et les autres vertus. Lès autreshommes deviennent méchans, parce qu'ils s'abandonnent à la violence de leurs ]passion| , qui sont excitées par un intérêt faux 9 à la vérité , mkis vîf tst pressant. Chez les Spartiates , ou était injuste et cruel par principe*.
•liABY LOUISE^
Mais, ma Bonne^ permettez - moi de vous dire que je connais des personnes très^savantes et très^-veistueusés qui sont d?un autre sentiment que vous. Elles regardent les lois de Lyoungue comme la chose la plus parCdte , et les Lacédémo-^ niens comme les preipiers peuples du
DES ADOLESCENTES- l55
monde.' Ne seriez-vous pas un peu prévenue contre eux.
MABEM. BONNE.
Jç vais vous parler comme lady Spirituelle , madame. Je vous dirai sur quoi je fonde mon jugement, et je m'en rapporterai ensuite au vôtre } mais auparavant il faut que je vous explique qu'il y à deux sortes de bontés , une bonté physique et une bonté morale.
liADY liUCIE.
Je ne comprends pas cela , ma Bonne ; voulez-vous bien nous l'expliquer ?
MADEM. BONNE
Ne dites-vous pas tous les jours : J'ai eu une bonne fièvre ; cet homme est un bon voleur ? Une chose physiquement bonne , est celle qui a tout ce qu'il faut pour être parfaitement ce qu'elle doit être. La fièvre , par exemple , pour être -vraiment fièvre, doit avoir certaines qualités , et produire certains effets. Si elle n'avait pas ces qualités, et qu'elle ne produisît pas ces effets ^ elle ne serait
plus fièvrCr
minés à devenir voleurs ;: Tup çst l^a,i^di,y intrépide , adroit et subtil ; il méprise le danger quand il est <pi'estion de parvenir à son but , qui est de prendre de force la bourse d'un voyageur, ou avec adresse hu montre d^un curieux qui s'expose à la fôule^ L'autre . est timide , il craint de Sb'exposer , d^être pris ; ou il est si maK adroit , qu'il' ne peut rien tirer d'une poche , sans que les gens s'en aperçoî v^ti N'est -il pas yi^qp^ IKw.ds ces hommes est UP( ton voleur , et que l'autre esv un bauvai?. voleur? Voilà qonc ce que c'est • qu'une bonté , une perfection physique. La bonté morale est toute diffîrente : une action est ittQralfiiiiQftt.bQW^7 qn^odelle ne okocpifi. pas los pifiiicipQSi mttujpl»,. ^ .qnTeUe est^âô^e pouf uuebQnAefîi:^ Çql|t
mm fbis^en^adu, JQ dis- <p^ l^.lfti* 4^ 3uy£ifcrguft étaient! p^j^iteo^nti^ bG^m^ d'uiie.boiit^ phy^<fae^9 pagr^e^'elUs.pf f>r duiairent et <|a'elle$; de.v^,esit fjH^v^ l'efîbt. qtt!il sjéjitft p^^pc^^: m#is,qqqjfl^ç ppuff pçç^ilire cejli. efS^t;, il^f#ajlfc^Kar player des:moy^j^3:Coiiit«akf 5 ^u*.pjfi^ çipes naturels ; je dis qu'elles élm^ ^^^
DES ADOIiBSeBNTES. l55
raiement mauvaises : m'entendez-vous à présent , lady Lucie ? ^
liADY liUCIE,
P^irdoiinez à ma stupidité , ma Bonne , je distingue parfeitem^fnt ce que voiis entendez par bonté physique et bonté morale; mais je ne consprends pas bien quel rapports il y a de ces bontés aux lois de Lycurgue.
MiAX>£M. BONNE.
Peut- être me snis^je mal expliquée:
Je vais tâcher dfe Ifefaire plus clairement : dïtes^moî, je vous prie , quiel^taitle but, l'intention de Lycurgue dansrks lois qu'il donna aux. Spartiates ?
liAJOY Ii.UGXE.
De fafire'un peuple gueïrié*^, q^i ne pàt ni être vaittCtt,nïfhirède«^t;onqii€té»i c'èst-à-dire quHl prétewdaW què'la réjkt- Mque deSparte restât telle qu'^Hèf était, sans augmenter ni- diiAmoer.
HADEM. BONNE.
~ Et quels: moyéttSi empioya-t-il pow lëttSSir dans le projet qu'il avait conçu ?
l56 liE MAGASfN
liADY TiUCIE.
En général, il fit les pTus grands efforts pour inspirer aux citoyens un grand amour pour la patrie , et leur apprit qu'il fallait sacrifier pour elle ce qu'on avaîï de plus cher.
liADT I#OUXS£*
J?ai ouï 'dire qu'il faut encore être aujourd'hui dans la disposition de sacrifier toutes ces choses à son pays ; ea ce cas Ly cnrgue n'avait pas tort Mais vous nous avez dit , ce me semble , qu'il fallait aussi sacrifier ses vertus à la patrie 2
MABEM. BONNE.
Oui, madame, et je vais vous le prouver. Lycurgue voulant que Sparte ne pût jamais être vaincue. > dç^ina tous les 'Spartiates à être de parfaits soldats» Or, pour étse un bon sc^at, il faut avoir un corps fort et robuste , lie point craindre la fatigue , la douleur , la mort même. Il établit donc que ces quahtés dix corps devaient être préférées à tout, et qu'on devait louit employer pour les aoquérir. Les parens , pour; entrer dans ses
DES ADOLESCENTES. iSy
vues , ne devaient souhaiter des enfans €t les élever, que pour donner des soldats à Sparte ; ainsi , quand ils mettaient au monde un enfant faible et difforme , ils disaient : cet enfant ne pourra faire un bon soldat , par conséquent il sera inu* tiie à la patrie , qui n'a besoin que dé ^soldats : . comme nous ne devons aimer no$ enfans que par rapport à la patrie y nous ne devons pas aimer celui-là , il faut lui en faire le sacrifice ; car cet inutile enfant vivrait aux dépens de la république , qu'il ne pourrait servir , et mangerait la substance d'un autre enfant propre à faire un soldat. En conséquence de ce beau raisonnement^ on tuait cet enfant faible et difforme , et c'était par principe d'obéissance aux lois de Ly- €iirgue qu'on deyenaitbarbare, inhumain, injuste et désobéissant aux lois de la nature ; m'entende:&-yous à présent?
liADY liUCIE.
Oui , ma Bonne ; cette loi de tuer les enfans était physiquement bonne, pour son dessein, qui était d'avoir des. soldats} et ^le était moralement mauvaise ^
l58 I«S M ik&ASlK
parce qu^eUe étaib conlrrâre aitt lois it la nature.
Yons^m'alleir trdojver Inen kardie., ma fioniie ; je pense que. celte loi n'était benne ni pkpicpiemmt, niraosaleBiait; FouiMpioi . Lycurgue voulak-il former uik peiîpk de 9oUbis?ipour rendre Sparts învincibfe. Ot' il me semUe <pi'on: a plus besoin d& tâies que de" br»> pour^ cet ouvrage*. i& quoieûfseinn ceu» quanmé d^hommes fiovisj ei pobusics , s'ait iij\ eut pas eu pàrmi-em de boBS'ehaâiciq^les deles;coflHBa»def'?Ot^laî|nR» dn^eorps n^^stipae esseiideUe an» cbefe} songeât d&nst u» copp^ déUeal:^ il l«)||^ hdib: smt fyvte e€ eourAgause^.: paiwicea^eBÛns q«i^MF tiuâit , il powr^kit £or|]bi0n actiso-
coni^erunbomiBe eapsd^dêoammafliâdi^ dont on prryaitlà patri». hesHàHeédémo^ niens furent jforJt heureux de ce que le roi, père d'Agésilas , n'observa pas cette loi barbave. Agésâas était petit, et} bôiteuxt , ec on fit payer une somme: td'ar'- ^«Bt à son père , pour le. ptinir d^foir épousé* une- petite femme^ CependaBt cet
DES- APOLB&CENTES. lSç>
Agé^ilas.né boiteax , et par-là condanQiAé k, mort , deviot un des plus graads capîr t,^ia^9 et un des plus gtands rois de %^rt6. Peut-être a-t on étranglé au berç«4)f: plusîeursi Agésila^^, ce qui aura pp^é U républiqia^ d'ui» gra^d nombre cl^tKHB^icii^ illusues,
MABEM. :Q0KNE.
Totre remarque est excellente, ma chère j d-ailleurs, comme Itolin le remarque dans son- histoire , il arrive tous les jours, qu'un enfant qui était trè^ faible ep, nai§sapt , se fortifie en-devenant OTandi
liADY SENSÉE. .
IJeiîffl^ffta^rp^ ^e pi ott^yer qpo: toutes l^iP5^ujif^$es5igiQHoi^ 4esJt-acéd4»oniens <mt eii,pQi«f pdipaipe cetf^ lQid#Ji.i5r€ui:r gttfi. l^ii^ZL uçbç hafijtpire bien ho^ibb, mesdan^QQf;,; e$ qui/vn, j^S^iner cç: (pt^^ je di^.
I^es, Uote%j cpj^mfi vous le savez, ^ é^^ejat tsf^yssÀ jSparje , e t il j& eA , savait uu.t^s-rgpapd npuib^^ • car , comme nous ravrOEW reçftarcpié ,. les L^cédénaoniens; ^^^ÇIW^W aiiwne, prftfessio^. Us n'é-
l6o LE MAGASIN
taient ni bouchers, ni tailleurs, ni maçons. Us ne s'appliquaient qu'aux choses qiii regardaient ia guerre, et laissaient f^pre le reste à leurs esclaves. Or il arriva une guerre dans laquelle les Lacédémoniens avaient besoin de troupes , parce que le nombre de leurs ennemis était beaucoup plus considérable que le leur. Ils fireutdes soldats de leurs esclaves , et promirent la liberté à ceux de ces esclaves qui se distingueraient par quelque belle action.
Gomme les ilotes étaient très-malheureux à Sparte , le désir de sortir d'un état si misérable les engagea à faire* les plus grands eflTorts. La guerre étant finie , on ordonna à tous les esclaves qui avaient fait quelque action extraordinaire , de venir aux magistrats, pour faire écrire leur nom et leur action , et être ensuite récompensés.ll s'en trouva plusicursnailles qui avaient mérité la liberté. Yous croye» peut-être qu'on la leur donna ? Eh bi^o non , mesdames. Voici comme raisonnèrent les Spartiates. Ces gens-là qui ont fait de si belles actions , ont le cœur trop élevé , leur couragQ pourrait nous devenir funeste : ils.se souviendraient san^
DES Ap^OIi£SC£KT£S. l6l
dou^e tles mauvais traitemens qu'ils ont soufferts panni nous , et il pourrait fort bien leur prendre envie de se venger.
iC'intérét de Sparte demanda qu'ils soient sacrifiés. Effectivement , on fit périr ces malheureux esclaves dont Punique crime était d'avoir trop de mérite pour des gens de leur condition.
liADY liOUISE.
Toilà qui est fait ; j'abandonne Lycurgue et les Lacédémoniens , ce sont des tigres , ou plutôt des monstres qui ne peuvent être comparés à rien , car les bé tes les plus féroces ne font point de mal à leurs semblables , et aiment leurs petits.