LA PÊCHE DU TRÉPANG
Voy. p. 79.
La pêche du trépang se fait surtout autour des îles de la Malaisie, aux dépens d’une espèce appelée Holothnria edulis, type du genre Thyone (Oken). Cette pêche exige beaucoup de patience et de dextérité: les Malais, penchés sur le devant de leur embarcation, ont dans leurs mains plusieurs longs bambous disposés de manière à s’adapter les uns à la suite des autres, et dont le dernier est garni d’un crochet acéré. A l’époque favorable, c’est-à-dire pendant les temps de calme, les yeux de ces pêcheurs exercés percent la profondeur des eaux et aperçoivent avec facilité, jusqu’à une distance qui, assure-t-on, n’est pas moindre que 35 mètres, l’holothurie accrochée aux coraux ou aux rochers. Alors le harpon, descendant doucement, va frapper sa victime, et rarement le Malais manque son coup. Quelquefois les trépangs se retirent loin des côtes, ou bien la rareté des calmes rend la pêche très-peu productive : aussi croit-on que les Malais se rendaient jadis , pour pêcher ces animaux , jusque sur les côtes de la Nouvelle-Hollande, et cela longtemps avant que les Européens eussent abordé ces parages.
Quelquefois la pêche des trépangs se fait plus simplement encore, ainsi que nous le rapporte le baron de Wogan dans son Voyage à Bornéo :
« Aussitôt que l’ancre de la proa que nous montions, — engin composé de bois dur et d’une simple pièce, — fut mouillée sur son lieu de pêche, tout l’équipage, avec une dextérité remarquable, disparut dans l’empire de Neptune. Une minute s’était à peine écoulée, qu’ils reparaissaient successivement à la surface des flots, tenant deux ou trois trépangs serrés dans chaque main. Avec la dextérité et la grâce du singe, ils les jetèrent alors dans la proa, puis ils replongèrent sans prendre à peine le temps de faire une nouvelle provision d’air.
» J’examinai, puis je disséquai un de ces mollusques. C’est un animal mou, sans vertèbres, mais ayant, malgré cela, un cœur et des vaisseaux. Il s’attache au fond de la mer, mais comme il est très-lent dans ses mouvements, un plongeur habitué au métier le saisit facilement et l’arrache sans peine. Ces trépangs avaient environ O®. 16 de long sur 0">. 07 de diamètre.
» Avant de les jeter dans la chaudière, les Malais les éventraient au moyen d’un couteau, les débarrassant ainsi
de leurs intestins; puis, après leur avoir fait faire quelques bouillons dans l’eau de mer, après leur avoir fait rendre ainsi la grande quantité d’eau et de sable qu’ils ont dans le corps, ils les fumaient, et enfin les faisaient sécher sur des claies de branchages.
» L’opération terminée, on les empile dans des barriques pour les expédier en Chine et sur les nombreux marchés de l’Océanie où se trouvent dispersées des colonies chinoises. »
ÉRUPTIONS VOLCANIQUES et jets d’hydrogène du soleil (*).
On sait que la couche lumineuse qui donne au globe du Soleil un si immense pouvoir de rayonnement paraît être si mince, par rapport au volume de l’astre, qu’elle représente à peine pour ce globe la pellicule d’un fruit.
On sait aussi que les taches sont dues à des lacunes ou a des déchirures de cette couche lumineuse qui couvre la surface du noyau , et qui est elle-même entourée d’une première atmosphère incandescente d’hydrogène, atmosphère basse, tourmentée, où se produisent fréquemnient des injections de vapeurs métalliques, provenant du corps solaire.
Enfin cette première atmosphère hydrogénée est sur-, montée elle-même d une dernière enveloppe contenant également l’hydrogène, mais à un degré de rareté excessive,
enveloppe qui s’étend à des distances énormes du Soleil.
Des émissions gazeuses, des jets d’hydrogène partant du noyau, traversent la photosphère (couche lumineuse et les atmosphères hydrogénées, et s’élèvent jusqu’à des hauteurs de dix, vingt, trente mille lieues.
Ces mouvements s exécutent souvent avec une rapidité qui confond l’imagination.
Tous les astionomes qui ont observé ces phénomènes ont été frappés de leur analogie avec nos éruptions volcaniques terrestres. Mais quelle différence d’échelle ! Notre terre serait a peine assez grosse pour figurer une des petites pierres rejetées par ces éruptions solaires.