‹ Magasin pittoresque (volume 2)Chapitre 166 sur 712 · LE BLEU D’OUTREMER · texte numérisé non relu

LE BLEU D’OUTREMER

Raphaël, le divin peintre, employait dans ses tableaux un bleu admirable, le bleu d’outremer. Ce bleu se payait littéralement au poids de l’or; en effet, vendu dans des tuyaux de plumes, on le mettait d’un côté de la balance, tandis que de l’autre on équilibrait son poids avec de l’or en poudre. Aujourd’hui, ce même bleu est devenu si commun qu’on s’en sert pour peindre les fiacres et azurer le papier d’écolier. On l’extrayait autrefois d’une roche trèsrare ; aujourd’hui on le fabrique artificiellement quand et comme on veut. On avait remarqué que dans les fours à soude où s’exécutait le procédé de Leblanc (“), certaines briques étaient colorées en bleu ; l’analyse chimique avait fait voir que cette couleur accidentelle était de véritable outremer. La Société d’encouragement pour l’industrie nationale mit au concours la découverte de l’outremer artificiel. M. Guimet, de Lyon, remporta le prix. U)

LE PODOMÈTRE (Q.

Le podomètre, montre kilométrique, sert à mesurer le chemin que l’on parcourt â' pied, ou plus exactement le nombre des pas que l’on fait dans un temps donné. On porte ce petit instrument dans la poche du gilet, dans le gousset du haut, ou à une boutonnière : il doit être dans une position verticale. Si l’on veut marcher sans que le podomètre fonctionne, il suffit de le porter de telle façon que l’anneau cesse d’être en haut.

» Une fois l’instrument accroché, dit M. H. de Parville, on ne peut plus faire un pas sans qu’il soit noté; impossible d’aller d’un bout à l’autre de sa chambre sans que le podomètre n’enregistre le déplacement. On ne saurait croire ce que l’on fait de pas oubliés par jour. Beaucoup de personnes, sans y prendre garde, parcourent ainsi des kilomètres dans leur appartement.

«Jamais l’instrument ne se remonte; il est toujours prêt à fonctionner. On marche vite, il va vite; la vitesse se ralentit, il va plus doucement. »

Le mécanisme est très-simple. On peut s’en rendre compte facilement à l’aide de notre gravure.

(’) Alexandre Daguet.

(-) Voy. t. XXXVII, 1869, p. 846. — A l’époque de la révolution américaine, l’exploitation des forêts de ce vaste pays cessa tout à coup ; or les cendres provenant de la combustion du bois étaient alors la seule source qui fournît la potasse. Qu’allait devenir la fabrication du verre, du savon et de tant d’autres industries auxquelles cet alcali donnait la vie? L’Académie des sciences démontra qu’à défaut de potasse, que la France ne produisait pas, on pouvait prendre la soude, et qu’il fallait la cliercber dail^ le sel marin, c’est-à-dire dans une source inépuisable. C’est ce problème qu’a résolu Leblanc.

(^) Dumas, allocution à la Société d’encouragement pour rindustrie nationale.

(b Mot formé de deux mots grecs : pous, podos , pied , et mclron, mesure.

« Un petit marteau est disposé horizontalement et fixé librement à l’extrémité du manche, de manière à se soulever et à s’abaisser à la moindre secousse. A chaque oscillation du corps, le marteau s’abaisse; un petit ressort le ramène à sa position première, et il se produit ainsi une série de mouvements alternatifs de va-et-vient du marteau à chaque enjambée. Ces mouvements font marcher un rochet qui engrène avec une roue dentée. La rotation de la roue se traduit à l’œil par le déplacement de l’aiguille sur le cadran. Va-t-on vite, le petit marteau bat le pas avec rapidité; va-t-on doucement, le marteau se soulève lentement. Autant de coups de balancier, autant

Le Podomètre.

Cadran divisé en 12 kilomètres. Chacune des barres intermédiaires, petites ou grandes , marque cent mètres; il y en a dix entre deux chiffres.

» Le podomètre n’offre pas seulement un intérêt de curiosité. Pour les officiers et les ingénieurs, il donne un moyen, sinon exact, du moins approximatif, de déterminer les distances ; il permet de constater les variations de vitesse d’une troupe en marche. Si l’on y joint un petit baromètre de poche donnant les différences de niveau, il devient facile de faire avec cet instrument des relevés de reconnaissance, des vues cavalières, des levers de terrains rapides. »

UN COIN DE LA BASSE AUVERGNE

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