‹ Magasin pittoresque (volume 2)Chapitre 198 sur 712 · LE PIC · texte numérisé non relu

LE PIC

Lt‘ Pic moyen épeiche ('). — Dessin de Freeman,

La fantaisie n a pas seule fait les frais des inventions mythologiques des anciens; il s’y mêle presque toujours une observation attentive et exacte de la nature. Que Picus, bis de Saturne, ait été changé en oiseau par la magicienne Lirce, qu’il dédaignait, l’imagination pure n’est redevable qu a elle-même de cette fiction; mais il y a certainement un sentiment juste en même temps que poétique de la réalité dans les paroles suivantes d’Ovide :

« Picus prend la fuite et s’étbnne de courir avec une vitesse surnaturelle ; son corps se couvre de plumes, et il se voit avec indignation devenir un oiseau , nouvel hôte des forêts du Latium ; il frappe d’un bec irrité le dur tronc jes chênes, et parcourt les longs rameaux en déchirant leur ecorce ; son plumage a conservé la pourpre et l’or de son manteau. »

Le pic, en effet, habite les forêts et les bois ; il y vit en

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K/ . n’ profondeur du nid. I

réalité, il n y a qu uni' ouverture : c’est celle où la mère nie s

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dytes,qu. probablement ont été les premiers possesseurs du nid

To.«e XLlll. — .Ii'iM.ET 1875.

fugitif, en sauvage; au moindre bruit, il s’enfuit à tire- -d’aile sous les futaies en poussant des cris aigus qui retentissent au loin; il est sans cesse occupé à grimper le long des troncs et des branches où il se cramponne avec ses ongles crochus en s’appuyant sur les plumes roides de sa queue, et à frapper l’écorce de son bec robuste pour en faire sortir les larves, que d’un coup de sa langue gluante il saisit et avale.

Avec un tel caractère, avec de tels instruments, on ne peut s’attendre à trouver dans le pic un vannier ou un tisserand ; la nature aurait manqué aux lois d’harmonie qu’elle s’impose toujours, en faisant de lui autre chose qu’un charpentier, un bûcheron : le pic est, en effet, le bûcheron par excellence. Avec son bec en forme de coin, il cogne , il pioche avec passion ; dès qu’il se trouve cà portée d’un morceau de bois, il faut qu’il l’attaque, le creuse, le hache; il y met une ardeur qui semble de la rage ; il y emploie une activité, une force extraordinaires ; à peine voit-on le mouvement de sa tête qui apparaît en deux endroits en même temps, et les copeaux volent, le trou s’agrandit avec une rapidité surprenante. Mettez-Ie

dans une cage , il s’acharnera après la planche du fond, et, fùt-elle de chêne, il l’aura bientôt percée. Si vous l’enfermez dans une chambre, les meubles et les boiseries porteront bientôt des marques de sa présence.

Wilson raconte qu’il s’empara un jour d’un pic (le pic à bec d’ivoire , Picus principalis, de l’Amérique septentrionale) qui n’avait été que légèrement blessé à l’aile. « Au moment où cet oiseau se sentit pris, dit-il, il poussa des cris lamentables, tout à fait pareils à ceux d’un enfant, et si violents que mon cheval effrayé faillit me renverser. Après l’avoir enveloppé , je l’emportai avec moi à Welmington (dans la Caroline du Nord). En passant dans les rues, les cris douloureux de mon pic attirèrent aux portes et aux fenêtres une foule de personnes, surtout de femmes , saisies d’épouvante. Quand je fus arrivé à la porte de l’hôtel où je voulais descendre, je vis venir à moi le maître de la maison avec un grand nombre de gens qui se trouvaient là, tous alarmés de ce qu’ils entendaient. Cet effroi augmenta eiicore lorsque je demandai si l’on pouvait me loger, moi et mon enfant. L’hôte me regarda, pâle et effaré , tandis que les autres fixaient sur moi des regards non moins étonnés. Après m’être amusé à leurs dépens une minute ou deux, je découvris, mon pic, et cette exhibition fut accueillie par un éclat de rire général. Je montai et j’enfermai l’oiseau dans ma chambre , pendant que j’allais voir si l’on prenait soin de mon cheval. Au bout d’une heure je revins, et quand j’ouvris la porte, le pic poussa de nouveau son terrible cri, qui, cette fois, me sembla venir du chagrin d’avoir été découvert dans ses tentatives d’évasion. Il était monté le long de la fenêtre, presque à la hauteur du plafond , et là il s’était mis à creuser le mur. De gros morceaux de plâtre étaient tombés à terre, la poutre avait été mise à nu dans une étendue d’à peu près quinze pouces carrés , et une excavation où l’on aurait pu mettre le poing y était déjà pratiquée ; une heure de plus , et le prisonnier serait certainement parvenu à s’évader. Je l’attachai par une patte à la table, et le laissai de nouveau pour aller lui chercher de la nourriture. En remontant l’escalier, j’entendis qu’il s’était remis à l’ouvrage ; je me hâtai d’ouvrir la porte, mais il était trop tard : à ma grande mortification, je m’aperçus qu’il avait complètement abîmé la table d’acajou qui retenait sa corde et contre laquelle il avait tourné toute sa colère. »

Malgré leurs armes puissantes, malgré leur ardeur au travail, les pics ne font pas dans nos forêts les dégâts dont on serait tenté de les accuser. Soit qu’ils cherchent les insectes dont ils se nourrissent, soit qu’ils veuillent se construire un nid , c’est toujours aux arbres malades qu’ils s’attaquent. On peut même dire qu’en délivrant ceux-ci des innombrables parasites qui les rongent , ils concourent à la conservation de nos bois et sont les auxiliaires des gardes forestiers (qui néanmoins les méconnaissent et les tuent); ils auscultent, ils sondent, ils fouillent les parties gangrenées; ils tranchent largement, mais en même temps ils guérissent ; ils sont , non pas les bourreaux , mais plutôt les chirurgiens des chênes et des hêtres , des frênes et des pins , des grands dignitaires du règne végétal.

Quant à leur nid (qui leur sert aussi de demeure .pendant la nuit, particularité que l’on retrouve chez la plupart des oiseaux qui nichent dans des trous), ils n’occasionnent pas un grand dommage en le creusant dans le cœur des arbres cariés. Le mâle et la femelle y travaillent sans relâche et tour à tour, l’un se tenant en dehors comme pour encourager l’autre tandis qu’il pioche, et, quand il est fatigué, prenant aussitôt sa place ; ils percent ainsi un trou circulaire dans les couches vives du tronc jusqu’à ce qu’ils atteignent le centre vermoulu, qu’ils évi-

dent en rejetant au dehors avec les pieds les copeaux et la poussière. Plusieurs espèces ont la précaution de portei' ces débris au loin et de les éparpiller pour ne pas aitirci' l’attention de leurs ennemis. Le nid n’est . presque jamais situé à moins de quinze ou vingt pieds au-dessus du sol; souvent il s’ouvre immédiatement au-dessous de l’insertion d’une grosse branche, et, grâce à cette disposition, il se trouve à l’abri de l’accès de l’eau dans les pluies violentes. Sa cavité, d’abord horizontale ou oblique, puis perpendiculaire, est plus ou moins profonde, quelquefois d’une dizaine de pouces seulement, quelquefois de plusieurs pieds. On a cru remarquer que plus l’oiseau est vieux, plus son trou s’enfonce dans l’intérieur de l’arbre; peut-être apprend-il avec l’âge, acquiert-il de l’expérience, et sait-il que ces catacombes inaccessibles sont pour lui un plus sùr asile. Il est curieux de voir la femelle, avant de commencer à pondre, visiter souvent la place, l’examiner en tous sens à l’intérieur et à l’extérieur et y porter la plus minutieuse attention, comme doit le faire tout prudent locataire avant d’entrer dans une maison neuve; l’examen terminé, elle prend enfin possession. Ses œufs sont déposés à l’endroit le plus doux, le plus poli, sur une couche de menus copeaux, au fond de la cavité.

Quelquefois un pic, — particulièrement le pic épeiche, — s’établit, pour y faire sa ponte, dans le gîte d’un couple de troglodytes, qui, après une lutte obstinée, héroïque, mais trop inégale, est obligé d’abandonner son domicile à l’envahisseur.

Ce n’est pas dans nos contrées, c’est dans l’Amérique septentrionale, qu’il faut juger des travaux de cet intrépide charpentier. Les parties basses et humides des Carolines, de la Géorgie, de l’Alabama, de la Louisiane et du Mississipi, sont les retraites favorites des pics à bcc d’ivoire, les rois de la tribu ; ils se plaisent dans ces marécages immenses où les arbres s’étouffent et pourrissent, où les insectes fourmillent. « S’ils viennent à découvrir cpielque gros tronc mort, à moitié gisant et brisé, dit Audubon, ils se jettent dessus et le travaillent avec une telle vigueur, qu’en peu de jours ils l’ont presque entièrement démoli. J’ai vu les restes de quelques-uns de ces antiques monarques de nos forêts, ainsi rainés, et d’une façon si singulière, que le tronc chancelant et haché semblait n’être plus soutenu que par l’énorme tas de copeaux qui l’entourait à sa base. Leur bec est si puissant et ils en frappent d’une telle force , que d’un seul coup ils enlèvent des morceaux d’écorce de sept à huit pouces de long, et peuvent, en commençant à l’extrémité d’une branche sèche, la dépouiller sur une étendue de vingt à trente pieds dans l’espace de quelques heures. »

Buffon nous représente le pic comme un oiseau malheureux et disgracié, obligé, pour vivre, à un travail rude et maussade, condamné à la galère perpétuelle, ne goûtant ni loisir, ni délassement, ni repos, n’ayant que des accents plaintifs pour exprimer ses efforts et sa peine. Wilson, dans son amour de la nature et plus confiant dans la sagesse et la bonté du Créateur, en a jugé tout autrement. « Peut-on l’accuser de mener une vie triste et vulgaire, dit-il, et d’être condamné aux travaux forcés, celui qui prend son premier repas à la lueur empourprée de l’aurore , et qui passe les plus belles et les plus douces heures de la matinée perché au sommet des grands arbres, appelant sa compagne et ses frères ou se mêlant à eux pour voler et s’ébattre joyeusement autour de leurs arbres favoris? Peut-on dire que la nécessité n’accorde pas un seul instant de repos à cet oiseau qui, pendant que tant d’autres sont exposés aux terribles orages de la nuit, reste chaudement abrité dans le doux asile qu’il s’est lui-même construit? Peut-on lui reprocher de mener une vie pré-

Caire, emprisonnée dans l’étroite circonférence d’un arbre, à lui qui, poussé par la saison ou par son désir, parcourt et les pays glacés et les zones torrides, demandant sa nourriture à l’abondance de ces régions variées? « Les Indiens de l’Amérique septentrionale partagent l’avis de Wilson et vont encore plus loin dans leur admiration. Ils ont vu le pic, roi dans son domaine, se livrer sans cesse au plaisir de la chasse; ils l’ont vu, attaqué par l’homme, se défendre jusqu’à la dernière extrémité, réussir, avec son bec et ses ongles, à échapper aux mains de son ennemi, et même quelquefois, blessé mortellement, gagner, plutôt que de se laisser prendre, l’arbre le plus rapproché, grimper jusqu’à la dernière branche et rester cramponné à l’écorce des heures entières, même après sa mort. Touchés de tant de courage, de .tant d’intrépidité chez un oiseau, on dit qu ils recherchent sa tête au même titre que les serres du faucon, que le crâne de l’aigle, non-seulement comme un ornement pour s’en parer, mais comme un emblème et comme un talisman, dans l’espoir d’acquérir par le contact les vertus qu’ils estiment en lui.

DESTRUCTION DES ANIMAUX MALFAISANTS

LES PIÈGES

Suite. — Voy. p. 135.

La ti aînée doit se faire aussitôt que le piège a été posé. L instrument étant sorti du linge qui l’enveloppe, nous ne le toucherons, de même que tous les autres objets, qu’avec des gants en laine drapée imbibés de la graisse odorante décrite plus haut.

Avant de partir, nous avons fait frire des croûtons de pain blanc dans une portion de cette graisse à laquelle nous avons ajouté un peu de miel, et nous avons emporté, dans un sac spécial, de la paille hachée ou des balles d’avoine ou de blé.

Il ne faut pas oublier la pièce de traînée. Si l’on va au loup, le mieux sera de se procurer un quartier d’agneau ; sinon, on prendra un lapin, qui sera également bon pour le lenard. Pour la loutre, on emportera un poisson du pays : carpe, tanche, barbeau ou chevesne. En tout cas, la pièce de traînée, lapin fendu et à moitié dépouillé de sa peau qui traînera, sera attachée à une ficelle solide de 3 à 4 mètres, dont l’autre bout restera fixé au bras du piégeur.

Nous arrivons au plateau. Le piège est mis en terre, encore détendu, mais recouvert d’une légère couche de paille ou de balles. Nos chaussures sont abondamment graissées de la graisse composée, et, ce qui vaut mieux, des sabots destinés à ces opérations ont remplacé ou contiennent nos chaussures ordinaires. Partant du plateau et faisant un détour, nous allons retrouver un point où nous avons calculé que commencera la traînée, qui doit toujours avoir une direction telle que le piège reste à bon vent. Bien entendu , la traînée entourera et recoupera le bois où les animaux se tiennent et habitent la nuit.

Nous voici au point de départ; le lapin est mis par terre et traîné... Cinquante à soixante pas plus. loin, nous répandons devant nous, à nos pieds, une poignée de balles, en lui donnant à peu prés la forme et la grandeur du piège; puis nous mettons au milieu un de nos croûtons "TJn toujours le lapin dessus ou tout à côté.

A 100 mètres plus loin, nous recommençons un autre plaeeau à croûton, puis un autre, et encore un autremais sur celui-ci on oublie, à dessein, le croûton.

^ i ous repartons , et toujours nous faisons des placeaux a croûton en passant la traînée dessus. En approchant du pmge, a une trentaine de mètres, nous laissons tomber

un croûton, et nous finissons par en attacher un à la détente. Nous armons l’instrument, nous le dépassons, continuant toujours la traînée ; nous faisons encore un plaeeau vide, puis quelques-uns petits et appâtés, en nous éloignant par un grand détour et rentrant à la maison.

Lorsque la ti aînée est hien faite, et nous insistons sur ce point parce que d’elle dépend une partie du succès, il arrive que l’animal, empaumant le contre-pied prés de’ la maison, va quand même, par ce chemin -là, se faire prendre au piège.

Faisons observer que si 1 on tend un ou plusieurs pièges plus petits pour le putois, la martre, la belette ou la fouine, le procédé doit êti-e le même.

Pour la loutre, la dilficulté est assez grande, parce qu’il faut que le poisson soit très-frais, et l’on a beaucoup de peine à le mettre au piège quand il est vivant ou mort seulement depuis quelques minutes. Par ses soubresauts, il détendrait tout. On peut amorcer avec une écrevisse’ que 1 on place sur le dos ; mais il faut laisser manger plusieurs nuits l’appât sur le piège détendu. On doit le placer sur un endroit découvert du rivage.

On prend ainsi au traquenard tous les quadrupèdes malfaisants, cependant, ce n est pas cet engin que l’on oppose, la plupart du temps , aux dégâts des petits carnassiers ; c est plutôt l’assommoir, le plus économique des pièges, et, sans contredit, 1 un des plus sûrs. Il n’est personne à la campagne qui, à l’aide des instruments les plus simples et les plus communs, un couteau et une scie, ne puisse faire des assommoirs, les multiplier autant que besoin est, et défendre ainsi soit son poulailler, soit sa chasse, contre les dépradations des martres, putois et tutti quanti.

Une marchette ou bascule, planche mobile B, est placée

Fig. 6.

A. Montant vertical.-B. Marchette.- C. Bâti horizontal.— D Côté

du tableau. — E. Pierre pesante. — F. Corde du bilboquet. — G. Le bilboquet. — H. Manche à crans de la marchette.

au milieu du sentier, sur le passage de l’animal ; elle cède sous son poids et déclanche en même temps une masse pesante qui lui tombe sur la tête et l’assomme. L’instrument a ordinairement 0>".70 de long sur 0™.23 de large en dedans, sur la marchette. On place dessus un tasseau qui retient une pierre de 6 à 8 kilogrammes et l’empêche de rouler.

MAGASllN PITTORESQUE.

L’assommoir a un inconvénient, c’est que tout ce qui fait partir le bilboquet est assommé. Il faut que ce piège soit surveillé, détendu tous les matins, placé intelligemment : on peut y prendre, en moyenne, un animal nui-

Fig. 7.

A, A. Pieds , arbres ou piquets solides ; ces arbres peuvent ne pas être dtêtés. — B. Traverse placée sur leurs fourches. — G. Corde du bilboquet. — D. Supports de la pierre. — E. Traverse simplement appuyée contre les arbres. — F. Bilboquet — P. Pierre. — Q. Marchette. — R. Pièce qui la retient par un crochet. — S. Cran du bout où s’encocbe le bilboquet.

sible par mois. Si l’on en tend quarante ou cinquante tous les matins, et ce n’est pas une grande dépense, on garde suffisamment la ferme, le château, la garenne. Comme ces pièges sont tout en bois, et que, vu leur poids, on ne les rentre pas , ils restent , quoique placés souvent dans une haie ou sous un arbre, exposés aux intempéries : on aura donc raison de les tremper dans une solution de couperose bleue (sulfate de cuivre), qui les injectera et leur assurera une très-longue conservation.

Il est absolument inutile d’entrer dans des explications détaillées et sur la manière de construire ce piégç et sur celle de le tendre : l’examen des figures que nous en donnons suffit pour montrer qu’on peut varier la forme de l’assommoir suivant les besoins. Le plus simple (fig. 7) se place entre deux branches de taillis ou deux jeunes pieds d’arbres ; il est très-économique , puisqu’on le fait sur 1e lieu môme avec une simple serpe ; mais il ne peut changer de place, et la mobilité du piège est souvent une chance de succès. Pour bien placer leurs pièges, les gens de la campagne ont dû étudier les mœurs de leurs plus dangereux ennemis; car, remarquons-le , l’assommoir ne s’amorce généralement pas : il prend tout ce qui passe ; il faut donc le placer sur le trajet même, probable ou certain, de l’animal.

Dans les fourrés, les bois, les taillis, les jardins, le putois et la fouine choisissent toujours un sentier frayé, chemin, layon, mur, lisse de barrière, pour arriver, craignant toujours de mouiller et de souiller leur fourrure. Cette route parfaitement constante est, surtout pour le putois, reconnaissable à ses fumés. Rien n’est plus aisé que de tracer, dans les fourrés où se retire ce gibier, de petits chemins de O™. 50 de large, de les faire passer autour des

cépées, dans les endroits les plus épais, et d’y placer, tous les cinquante pas, un assommoir. L’herbe fourrée des endroits voisins, même celle des clairières, défendra suffisamment aux bêtes qu’on traque ainsi de passer à côté.

Lorsqu’il s’agit d’une basse-cour ou des environs, là où le sol est nu et dur, on se rapprochera des tas de fagots, des murs sur le sommet desquels même on pourra placer des pièges, dût-on y faire quelques dégâts qu’on réparerait ensuite. Si l’on veut poursuivre les animaux dans la grange même, il faut abandonner l’assommoir (fig. 6) pour adopter (fig. 8) une sorte de boîte à détente dont nous parlerons tout à l’heure. En effet, quel que soit l’assommoir à poids employé, il faut enterrer la partie inférieure de manière que la marchette affleure le terrain du sentier. Une fois la planche supérieure levée , on peut le couvrir de gazon et de feuilles de manière à tout dissimuler.

Fig. 8.

A. Tête de la détente en fil de fer. — B, B. Leviers des trappes. — C, C. Trappes à coulisse. — D. Détente sortie de la boîte.

Il ne faut pas oublier que le putois, la martre, la fouine et la belette sont des animaux très-fins et très-défiants qui, du premier moment qu’ils verront le piège en suivant le sentier, n’y passeront pas. D’oû cette conclusion qu’il faut tendre à blanc pendant un certain nombre de jours, c’est-à-dire à marchette solide, piège enrayé, jusqu’à ce qu’on pense que le bâtis et tout ce qui compose l’engin ont pu perdre toute odeur de l’homme. Qnant à nous, nous avons soin, en plaçant un piège neuf ou en en retendant un vieux, de le frotter abondamment de serpolet, de menthe et d’autres herbes odoriférantes capaWes de masquer l’odeur de nos mains et de notre corps qui a pu rester même aux arbustes et aux branches des environs. L’emploi des graisses peut y être adjoint, surtout quand le piège a pris et s’est imprégné de l’odeur si tenace de la belette ou du putois.

. La suite à tme autre livraison.

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