JE.VN-CASIMIR
L’abbaye fut donnée par Louis XIV à Jean-Casimir, ancien roi de Pologne. Ce Jean-Casimir avait été primitivement jésuite et cardinal. A la mort de son frère Wladislas VII, il fut élu roi, et le pape lui donna même une dispense pour épouser sa belle-sœur. Il eut à lutter contre les Suédois, qui le battirent d’abord à Varsovie en 1656, mais qui turent ensuite repoussés. La paix d’Oliva ratifia cette victoire et garantit à Jean-Casimir la possession de son royaume. Il battit aussi les Moscovites en Lithuanie. Lorsque sa femme mourut, en 1667, il se dégoûta du pouvoir, et, après avoir abdiqué, se retira dans l’abbaye de Saint-Germain des Prés, une des huit que Louis XIV lui avait données. Les sept autres étaient : Ourscamp, laValasse (autrement Samfe-Marie le Vœu, canton de Caudebec), Fécamp, Bonport, Saint-Taurin d’Évreux, Thiron, et les Vaux de Cernay.
On a le procès-verbal détaillé de la prise de possession faite en son nom, le 28 juin 1669, par Daniel de Barez de Saint-Martin, abbé de la Chaise-Dieu, « conseiller du roy, commandeur de l’ordre de Saint-Michel, fondé de procuration de sérénissime Jean-Casimir, roy de Pologne et de Suède. >>
Ledit abbé arriva aux Vaux accompagné du « sieur Pachot, intendant de Sa Majesté Polonoise en ses liuict abbayes. »
^ Il y eut un dîner, et le curé de Cernay, Houdin , qui rédigea le procès-verbal de la cérémonie, y. consigna que '< le réplle en poisson fut fort beau, et la santé de Sa Majesté Polonoise y fut beue, chappeau bas, et ensuitte de la compagnie. » Tout le reste sc passa en la forme d usage, et a été relaté avec conscience par le bon curé Houdin, qui 1 avait écrit pour « la postérité. » Jean-Casimir vint visiter l’abbaye en novembre 1671, et fut reçu avec un cérémonial royal; il mourut le 16 décembre suivant à Nevers, à son retour des eaux de Bourbon. On lui fit un Inm.beau à Paris, dans l’église de Saint- Germain des Prés, dont il était abbé.