‹ Magasin pittoresque (volume 2)Chapitre 221 sur 712 · PÈRE ET MÈRE · texte numérisé non relu

PÈRE ET MÈRE

Beaucoup d’auteurs, dans leurs Mémoires, parlent avec amour et reconnaissance de leur mère ; ils lui doivent, disent-ils, tout ce qu’ils ont eu de vertu. C’est trèsbien; mais leur père! Souvent ils n’en disent mot. 11 semble qu’ils n’aient pas eu de père. Ce ne doit pas être >

toujours juste : peut-être aura-t-il été moins tendre, moins caressant; il aura eu une autre manière d aimer. Faut-il pour cela l’oublier? Nous trouvons dans une des^ charmantes « allocutions » que le philosophe Damiron adressait aux écoliers de Chantilly (*) quelques lignes qu il nous paraît utile de citer :

« On a dit que c’est sur les genoux de la mère que se forme ce qu’il y a de plus excellent au monde, un honnête homme et une honnête femme. Mais peut-être faudrait-il ajouter que c’est aussi sous le regard vigilant et par les soins assidus du père , par sa prudé'nce , sa fermeté, sa sévérité même au besoin, que ce bien s’accomplit. Un enfant à élever, c’est une âme à former, et il y a là une œuvre, un chef-d’œuvre qui est bien au-dessus de tous ceux de l’art et de la science. S’il y faut la sollicitude de la mère, il y faut aussi celle du père, et ce n est pas trop de leur concours dévoué pour suffire à cette sainte et difficile tâche. »

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