LE PRINCE TEMYM ET LE MARCHAND
Dans la seconde moitié du onzième siècle régnait sur une partie de l’Afrique septentrionale un prince musulman nommé Temym, renommé pour sa justice. Un historien arabe, Ibn-Alatyr, raconte, à son occasion, l’anecdote suivante :
« Il y avait à Cayroan ou Kairwan, capitale de ses États, dit-il, un marchand riche et vivant dans l’aisance. Un jour que dans une réunion de marchands le nom de Temym fut cité, les personnes présentes s’empressèrent de le bénir; mais ce marchand se contenta d’implorer la faveur céleste sur Moëzz, père du prince, sans faire mention de c§Iui-ci. La chose ayant été rapportée à Temym , le prince fit venir le marchand à son palais, et lui demanda s’il s’était rendu coupable envers lui de quelque injustice; le marchand répondit : Non. — Le prince reprit: Quel-
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au un de mes gens t a-t-il dit quelque chose d’offensant?
Le marchand dit : Non. — • Pourquoi donc, continua le prince , t es-tu montré hier malveillant à mon égard? — Le marchand se tut. — Le prince poursuivit : Si ce n était la crainte qu on m accusât de vouloir m’emparer de ton bien , je te tuerais. — 11 se contenta de le faire souffleter en sa présence, puis le renvoya. Les compagnons du marchand attendaient son retour avec impatience ; .quand il fut revenu , on le questionna sur ce qui s était passé, mais il répondit subtilement ; « Les secrets )) des rois ne doivent pas être divulgués. » Et ces mots devinrent proverbiaux en Afrique. »
ïemym mourut vers 1107, à quatre-vingt-dix-neuf ans, ayant régné quarante-six ans. Il laissa cent fils et soixante filles.