‹ Magasin pittoresque (volume 2)Chapitre 300 sur 712 · CÔTE OCCIDENTALE D’AFRIQUE · texte numérisé non relu

CÔTE OCCIDENTALE D’AFRIQUE

En remontant le cours de la belle rivière d’Assinie, on peut arriver àlvoumassie, la capitale des Ashantis, centre de l’industrie des noirs de la cote d’Or(').

Les Ashantis n’ont été connus des peuples civilisés qu’au dernier siècle. C’est un vieux voyageur hollandais, Guillaume Bosman, qui lésa signalés à l’Europe pour la première fois. Employé en qualité de facteur par la Compagnie des Indes occidentales, il fît un séjour de quatorze ans en Afrique, et publia son voyage en hollandais en l’année 1704. Cette relation curieuse fut traduite l’année suivante en français (-).

Il y a longtemps que ces peuples ont traversé l’âge de pierre et l’âge de bronze ; les nations les plus reculées de l’intérieur travaillent admirablement le fer et n’ignorent

(’) Voy. notre tome XV, 1847, p, 18. On y trouve une vue du port d’Assinie.

{-) Cette traduction est intitulée : Voyage de Guinée , contenaut une description nouvelle et très- exacte de cette côte, où l’on trouve et où l’on fabrique l’or, les dents d’éléphant et les esclaves. Utrecht, 1705, avec cartes et planches. La naïveté de ce titre n’est pas sans signification.

rien de ce qui constitue l’état d’armurier, quoiqu’elles n’emploient que les procédés les plus simples.

Un voyageur portugais, M. Gamitto, parle d’ailleurs avec étonnement des richesses métallurgiques de certaines régions africaines. « Le fer, dit-il, y est à la surface de la terre : il coule comme du plomb des simples appareils d’où on l’extrait ; refroidi, il acquiert les plus solides qualités de l’acier, et l’on est émerveillé du poli que donnent ! à leurs armes et à leurs instruments agricoles ces hommes à moitié sauvages, qui n’ont qu’une pierre pour enclume et un caillou pour marteau. » (‘)

T.-E. Bowdish a donné des renseignements circonstanciés sur les Ashantis, parmi lesquels il fit un assez long

Épée de parade cl glaive à poignées d’or l'aisant partie du trésor conquis sur les Asliantis. — Dessin d’Édouard Garnier.

séjour en 1819(“). Il assure que l’industrie du fer n’y est pas aussi répandue que dans d’autres parties de la Guinée Q) ; mais il parle avec éloges de l’habileté avec laquelle ils font les poignées en or de certaines armes de luxe. Ils

(’) Voy. Os Povos Maraves, Chevas, Muembas, Luendas e oulros da Africa austral. Lisboa, 1854. Une des lilliograpiiies représente une de ces forges d’Afrique, où tout se passe d’une façon si primitive.

(-) Mission from cap-coast castl to Ashantee. 1819, in-4°, iig. On trouve à la p. 223 un plan de Koumassie.

(®) Il est probable que depuis 1819 les Ashantis ont fait des progrès sous ce rapport. On peut consulter, du reste , sur l’état présent de la civilisation ashantie, YlUustrated London News, le Graphie et le Times. — Voy. également H. Brackenbury ( the Captain) , Narrative of the Ashanti war prepared from official documents. London, 1874. — Stanley, Coomassie and Magdala. London, 1874, in-8.

se servent' de moules, qu’ils brisent pour recommencer l’opération si elle n’est pas venue à la perfection désirable. Bowdisb parle, dans son intéressante relation , de doubles sabres à une seule poignée. Il est probable qu’il y a quelque emblème caché dans la fabrication de ces armes, portées seulement en de certaines occasions solennelles. Nous reproduisons un singulier instrument à quatre poignées, d’après une photographie anglaise communiquée par MM. Garrard, joailliers de la reine, et représentant plusieurs autres objets d’or et d’argent dont se composait le trésor conquis sur le roi Kofh durant les dernières guerres.

Il faut sans doute voir dans ce bizarre assemblage de

poignées mobiles pour une seule lame une arme symbolique, emblènie de la puissance d’un roi barbare. Nous ne connaissons rien d’ailleurs, dans l’ethnographie africaine, qu’on puisse comparer à cet instrument.

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