CUYP
Collection de M. Dutuit, de Rouen. — Sur un pont, lavis par Albert Cuyp. — Dessin d’Édouard Garnier.
Est-ce le soir? Est-ce le matin? Nous pourrions ne pas hésiter à nous répondre , si , au lieu d’une gravure faite d’après une esquisse, nous avions sous les yeux un tableau de Cuyp. On a dit de cet artiste : « Dans ses peintures, on sait toujours l’heure qu’il est et quelle saison. »
On surnomme quelquefois Albert Cuyp « le Claude Hollandais», par allusion à notre célèbre Claude Gelée, dit le Lorrain (').
On ne saurait faire de son mérite un plus grand éloge. C est un génie sincère, lumineux, fin, distingué. Son art, sans s être produit dans de grands cadres, est élevé et varié .
Il naquit, en 1605, à Dordrecht, où il mourut le 7 novembre 1691 . Fils et élève du peintre Jacob Gerritz Cuyp, il hérita, paraît-il, d’assez d’aisance pour ne pas avoir besoin du prix de ses tableaux. C’était, dit-on, un homme austère, digne , sérieux. Longtemps il a été peu apprécié : «Jusqu’en 1750, dit M. Frédéric Villot, les meilleurs tableaux d’Albert Cuyp se payaient au plus trente florins ; mais, à partir de cette époque, les amateurs français et anglais les recherchèrent et les firent monter considérablement, en sorte qu’en 1785, à la vente du cabinet de M. Linden Van-Slingelandt, amateur célèbre de Dordrecht qui en possédait un grand nombre, et des plus
{’) On écrit aussi Kuyp, Kuljp et Cuijp; le peintre a toujours signé Cuyp.
(®) Voy. la Table de quarante années, au mot Gelée.