LES MAISONS D’ÉCOLE DES ÉTATS-UNIS
Voy. t. XLIII, 1875, p. 379.
L’école supérieure de Saint-Louis (Missouri), est ouverte aux enfants des deux sexes. Les deux plans que nous en donnons à la page suivante permettent de se rendre compte de sa disposition, qui est ingénieuse et commode.
Au rez-de-chaussée se trouve une salle spéciale aux classes de physique et de chimie ; les deux tours octogones servent à placer les instruments et les produits nécessaires aux expériences; cette salle est munie de deux fourneaux avec cheminées, et de robinets d’eau. L’autre partie du rez-de-chaussée est occupée par les appareils de chauffage et de ventilation. La disposition est la même pour le premier et le second étage ; ils comprennent chacun quatre salles assez grandes pour contenir soixante-dix élèves; elles sont séparées par de vastes corridors où l’air circule librement et qui facilitent la ventilation.
Une des salles du second étage est spécialement consacrée à l’étude de la cosmographie , et un système planétaire y est installé.
Au troisième étage se trouve une salle spacieuse qui peut contenir six cents personnes, et au fond de laquelle est une vaste estrade ; elle sert pour les examens, les conférences, les exercices journaliers de déclamation et de chant, etc.
Chacune des tours qui ornent le bâtiment a reçu une destination spéciale et utile. Les tours octogones qui sont aux quatre coins servent de vestiaires. Là tour carrée de la façade est un salon de réception au premier étage, une bibliothèque au second, et une salle d’étude pour les exercices de déclamation au troisième; enfin à son sommet on a établi un petit observatoire qui permet de compléter la leçon d’astronomie par l’examen même du ciel.
Les deux tours de côté ont été diversement utilisées : au second étage, elles contiennent un cabinet d’histoire naturelle; aux autres étages, elles servent soit de salles de répétitions, soit de parloir pour les parents qui veulent s’entretenir avec les professeurs.
L’ameublement de l’école est particuliérement élégant et riche, les sièges sont en cerisier verni et en fer bronzé ; toutes les autres boiseries sont en chêne.
Plan du rez-de-chaussée et du deuxième étage de l’École supérieure de Saint-Louis (Missouri).
Les deux écoles dont nous venons de parler sont situées dans de grandes villes; mais les écoles de village ne sont pas traitées avec moins de sollicitude; les mêmes soins sont apportés à leur construction, et rien n’est oublié pour que le séjour de l’école soit salubre et attrayant.
Le mobilier des écoles est l’objet d’attentions spéciales.
Les pupitres et les sièges sont solidement fixés au sol; chaque pupitre est muni d’un encrier, d’un casier pour mettre les livres, les cahiers, les plumes, les crayons, etc.
Tout ce mobilier scolaire est propre et soigné ; ce luxe est en réalité une économie, car toute dégradation est immédiatenient aperçue et réprimée, et il est à remarquer
que l’enfant est bien plus disposé à détériorer un meuble grossier qu’un meuble élégant dont il a la responsabilité. De plus, on l’habitue à ne rien détruire ou endommager par mauvais instinct.
Ces écoles sont amplement pourvues de tous les accès- . soires relatifs à l’enseignement, tableaux noirs, cartes de géographie, mappemondes, bibliothèques scolaires, petites collections d’histoire naturelle, matériel pour les leçons de choses, etc.
De tels résultats n’ont pu être obtenus sans de grands sacrifices; ainsi, dans le cours de dix années, l’Etat de Massachusetts n’a pas dépensé moins de 50 millions de
École supérieure de Saint-Louis ( Missouri ). — Dessin de Sellier.
francs pour l’établissement de ses écoles. Il n’est pas un État, pas une cité, pas un village, qui ne fasse chaque jour d’énormes sacrifices pour acquérir ce précieux outillage de l’instruction publique.
La ville de Philadelphie a voté, en 1867, pour la construction d’écoles nouvelles, plus de 5 millions de francs, sans compter le prix des terrains.
L’école Norcross, à Boston, bâtie en 1867 et pouvant recevoir 772 élèves, a coûté, non compris le terrain, mais y compris l’ameublement, plus de 425000 francs.
L’école Lincoln, à San-Francisco, bâtie en 1865 pour 1 000 élèves, a coûté plus de 500000 francs.
L’école supérieure Woodward , à Cincinnati , a coûté 280000 francs, seulement pour la construction du bâtiment.
L’école de jeunes filles de la rue Lafayette, à Baltimore, bâtie pour 500 éléves, a coûté 100000 francs de terrain et 150000 francs de construction.
Rappelons, en terminant, que ces belles écoles sont ouvertes gratuitement à tous. Les enfants des familles riches les fréquentent aussi bien que ceux des familles pauvres. On considère ce contact comme salutaire pour les uns et pour les autres, et comme propre à faire naître de bonne heure dans le cœur des enfants les sentiments d’égalité
et de solidarité chrétienne qui sont la base des institutions américaines.