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LA S.4NTÉ

La santé dépend plus des précautions que des remèdes. Bossuet.

LE DÉCOUPAGE ET LA MARQUETERIE

Le découpage est un passe-temps attrayant, peu coûteux, au moyen duquel chacun peut arriver très-facilement à confectionner une foule de petits objets utiles que l’on ne pourrait se procurer autrement qu’avec de grandes dépenses.

En veut-on tout d’abord la démonstration?

Pour une étagère, que l’on ne pourrait acquérir à moins de 15 ou 20 francs, il suffit d’une planchette de bois de 3 francs; plus, quelques outils peu coûteux et menues fournitures , scie , vis , vernis , évalués au plus à 1 franc ; total : 4 francs.

Pour la marqueterie, l’avantage est encore plus sensible.

Découpage du lois {'). — On appelle découper, enlever dans une plaque de bois ou de métal, au moyen d’une scie très-fine, en suivant des contours indiqués, toutes les parties étrangères au dessin que l’on veut représenter , de manière qu’il ne reste que le corps de ce dessin.

Choix du bois. — On doit choisir de préférence les bois gras et à veine serrée, tels que le noyer, l’acajou, le marronnier , l’érable, le palissandre, etc. , et éviter avec soin le sapin, le peuplier, le hêtre, le chêne, etc... Ce dernier bois, employé en planchettes minces, est très-cas-

l'i l'-.iir plus de détail, voir la lirocliore intitul»'e ; l’Art de découper le hoh, comprenant la marquetHii; et la sculpture. Paris, chez V-' Morel cl C”.

sant, surtout lorsque le dessin est un peu délicat; si l’on tient à la couleur du chêne , il est très-facile d’exécuter le découpage sur du noyer clair et sans nœud ou veine noire, ou même sur de l’érable, et de lui donner ensuite une teinte de vieux chêne au moyen de la teinture de brou de noix..

L’épaisseur du bois à employer varie selon les objets que l’on veut exécuter; en général, il faut éviter pour les plus légers, tels que corbeilles ou cadres, d’employer du bois d’une trop forte épaisseur. Par exemple : pour étagère, du bois de 8 à 10 millimètres ; pour de grands cadres ou corbeilles, 3 à 4 millimètres; pour petits cadres, 2 millimètres.

Il est très-nécessaire, avant de découper, de bien unir la planchette de bois soit avec un râcloir en acier bien affûté, soit avec une râpe à bois, et, pour terminer, avec le papier de verre. Si l’on découpait avant de faire cette opération, on s’exposerait à briser le bois; le travail est plus difficile et vaut moins.

Dessin. — Lorsque le bois est bien préparé, il s’agit d’y tracer le dessin que Ton veut découper ; mais il faut, autant que possible, débiter ses pièces et les ajuster d’avance ; c’est le seul moyen d’avoir des objets bien montés. Le montage joue un très-grand rôle dans tous ces petits meubles : on s’aperçoit moins d’un défaut de découpage que d’un joint mal fait.

Toutefois, cette marche n’est pas indispensable; mais on verra plus loin qu’elle a encore d’autres avantages.

Que l<s pièces soient préparées ou non , si on découpe du bois blanc ou même du noyer clair, on peut se dispenser de coller le dessin sur le bois; il faut alors décalquer au moyen d’une feuille de papier sur laquelle on a étendu du noir de fumée avec un chiffon, et de temps en temps quelques gouttes d’huile d’olive; placer ensuite cette feuille sur le bois, poser le dessin dessus, puis, au moyen d’une pointe en os ou d’un crayon dur, suivre tous les contours.

Si on découpe du bois foncé, il faut coller le dessin, soit avec de l’amidon, soit (ce qui est encore mieux) avec de la gomme arabique dissoute et très-claire.

Très-souvent on n’attache pas assez d’importance à cette opération du collage du dessin, et il en résulte, au moment du montage , des impossibilités qui font accuser les dessinateurs de manquer d’exactitude ; mais que Ton réfléchisse bien que sous l’action de l’humidité le papier se distend, devient mou, et se laisse tirailler, soit en hauteur, soit en largeur, si on n’y met pas beaucoup de précaution.

Un excellent moyen pour parer à ces inconvénients consiste à placer le dessin à l’envers sur une table bien unie, à l’encoller aussi rapidement que possible sans le remuer, puis à y appliquer la planchette de bois, sur laquelle on appuie un peu fortement pour faire adhérer le dessin. Il faut ensuite retourner la planchette , vérifier si tout est bien en place , étendre sur le dessin une feuille de fort papier, et unir, en passant fortement les doigts ou la paume de la main.

Lorsque le dessin est collé, il faut avoir soin de mettre les planchettes en presse, sinon le bois se voile.

Objets vernis. — Lorsque l’objet que l’on exécute doit être verni au tampon, il est plus facile de faire cette opération avant de découper, et on prévient ainsi des accidents souvent inévitables , et surtout les bavures de vernis qui se produisent lorsqu’on passe le tampon sur le découpage.

Si le bois est verni des deux côtés , on fixe avec des pointes à placage, d’un côté, une feuille de placage clair sur lequel on décalque ou on colle le dessin, et en dessous, une autre feuille de placage qui empêche le vernis de se rayer.

Lorsque le découpage est terminé , on peut donner un nouveau coup léger de tampon , au besoin même frotter seulement avec de l’alcool pour nettoyer et éclaircir.

Pour la manière de vernir au tampon, les amateurs feront bien de consulter, ou mieux encore , de voir travailler un menuisier ébéniste. Ici, comme en beaucoup de choses, l’exemple de la pratique enseigne mieux que la théorie.

Découpage au bocfil. — Avant de découper, il faut, au moyen d’un foret que l’on appelle drille, percer, dans toutes les parties du dessin qui doivent être enlevées, de petits trous dans lesquels on introduit la scie. Ces trous doivent être faits à proximité d’un angle ou d’une pointe, et jamais au milieu d’une grande ligne ; le raccord exact étant trop difficile, il y aurait inévitablement un cran au point de départ.

Pour découper, on emploie de petites lames de scie n’ayant guère plus de grosseur qu’un fil ; de pareilles scies n’étaient autrefois employées que dans l’horlogerie. Elles ont de O"*. 12 à O‘n.16 de longueur, coûtent de 30 à 40 cen- pj-jUe. times la douzaine et même moins ; mais que les amateufs ne se laissent pas tenter par le bon marché ; ils auraient de mauvais outils , avec lesquels ils feraient de mauvaise besogne.

Il y a quelques années , on ne se servait que du bocfil ou porte-scie à main ; mais la mécanique n’a pas tardé à intervenir, et aujourd’hui on ne voit plus guère que des

Pince plate.

machines avec lesquelles le travail est plus facile et plus net.

Voici toutefois, en deux mots, ce qu’est le bocfil :

Cet outil se compose d’une lame de fer formant les trois côtés d’un rectangle et munie à ses deux extrémités d’une

mordache ou pince à vis où se fixe la scie ; à la partie inférieure se trouve un manche dans lequel entre à vis la tige de la mordache inférieure, ce qui permet de la monter ou descendre à volonté.

La tension de la scie se fait en appuyant le manche contre l’estomac et la mordache supérieure contre la table ; on la fixe en serrant les clefs soit avec les doigts , soit plutôt avec une pince d’horloger dite pince plate.

Pour découper avec le bocfil, on construit un petit banc au moyen de quatre planchettes de sapin , et qui peut à volonté se poser sur une table ; il est bon de le consolider, soit avec une presse de menuisier, soit, avec des poids placés en dessous.

Petit banc auquel s’applique le bocfil.

La planchette supérieure est en saillie d’environ 0™.10, et échancrée au milieu sur 0”.05 de long, de manière que l’objet que l’on découpe soit soutenu.

On introduit la scie dans le trou à découper, bn la tend, et, le bocfil étant placé comme il est figuré ci-dessous, on commence l’opération en le faisant fonctionner avec la main droite toujours dans la même position, en le tenant bien perpendiculairement et légèrement appuyé contre l’épaule droite; ce n’est pas le bocfil qui fait tourner la scie, c’estle bois qui est manœuvré par la main gauche , de ma-[ nière que la scie suive tous les contours.

Il faut avoir soin de commencer par découper les plus petits trous, surtout lorsqu’ils se trouvent à côté d’un trou beaucoup plus grand. Du reste, avant de découper, il est bon d’étudier un peu le dessin de l’objet, et de voir par où l’on doit commencer; en général, il faut, autant que possible, suivre une marche qui ne laisse pas de trous en arrière.

Le bocfil a plusieurs inconvénients : d’abord, il est fatigant pour la main lorsque l’on découpe du bois de plus de 4 à 5 millimètres; d’un autre côté, il faut une assez longue habitude pour scier bien d’aplomb , sinon, lorsque l’on découpe plusieurs pièces à la fois, celle qui se trouve dessous peut être complètement perdue ; et s’il s’agit de marqueterie, le montage devient impossible, comme on l’expliquera plus loin.

La suite à une prochaine livraison.

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Cliiile de l’Aar, à la Haadeck (Suisse). — Dessin de Grancisire.

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