‹ Magasin pittoresque (volume 2)Chapitre 505 sur 712 · PENSÉES INDIENNES · texte numérisé non relu

PENSÉES INDIENNES

— L’homme qui cultive la terre a toujours une large provision de nourriture; l’homme qui jouit de la santé est toujours heureux; la maison de celui qui est aimé de sa femme est toujours en fête.

— On doit se tenir à mille coudées d’un éléphant, à cent coudées d’un cheval, et à dix coudées d’une bêle à cornes ; mais quand il s’agit d’éviter un méchant homme, il faut abandonner la place.

— On se concilie un avare en lui offrant de l’argent; un homme emporté, en joignant les mains devant lui ; un sot, en obéissant à ses caprices; un sage, en lui disant la vérité.

— Mieux vaut n’avoir qu’un fils unique, mais bien doué, que d’en compter cent qui soient des sots : la lune à elle seule dissipe les ténèbres, et toutes les étoiles réunies n’y parviennent pas.

— • La condition d’un roi n’égale jamais celle d’un savant ! le roi n’est honoré que dans le pays qu’il gouverne; le savant est honoré partout. Chanakya.

— La balle que la main lance à terre se relève à l’instant : en général, l’adversité ne dure pas longtemps pour les gens de bien.

— L’arbre coupé repousse ; la lune réduite à rien reprend de l’accroissement : en considérant ces exemples, les honnêtes gens tombés dans la peine ne se désespèrent pas.

— Ceux qui oublient leur intérêt propre pour veiller à celui des autres sont des sages; ceux qui, sans négliger leur intérêt, prennent souci de celui des autres sont des hommes d’une vertu ordinaire ; ceux qui nuisent à l’intérêt des autres pour favoriser le leur sont des démons incarnés; mais de quel nom qualifier ceux qui font du mal aux autres sans profit pour eux-mêmes?

— C’est l’étude, et non pas les anneaux, qui fait la parure de l’oreille; c’est la libéralité, et non pas les bracelets, qui orne les mains; c’est le secours prêté à autrui, et non pas le sandal, qui embellit le corps des compatissants.

— Le roi est entraîné à sa perte par les mauvais conseil-

lers; l’ascète, par la fréquentation des autres hommes; le fils, par la dissipation ; le brahmane, par l’oubli de ses pieuses lectures; la famille, par un mauvais fils. La vertu se détruit par le commerce avec les méchants; la décence disparaît par l’effet des boissons spiritueuses; un champ se ruine par l’incurie de son maître; l’amitié cesse par défaut de prévenances ; la prospérité périt par les conséquences de la mauvaise conduite, et la fortune par la prodigalité et la négligence. Bhartrihari.

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