LA VRAIE SOLITUDE
La plupart des hommes cherchent la solitude dans les champs, sur les rivages de la mer. Il n’y a aucune retraite où un homme puisse être plus en repos et plus libre que dans l’intérieur de son âme, surtout s’il y a mis de ces choses précieuses qu on ne peut revoir et considérer sans se trouver aussitôt dans un calme parfait, état habituel d une âme où tout a été mis en bon ordre et à sa
Marc Aürèle.
LE DÉCOUPAGE ET LA MARQUETERIE
Suite. — r Voy. p. 183.
Machines à découper (»). -- Au moyen de la machine à découper, le travail devient beaucoup plus facile; les deux mains se trouvent libres pour guider la pièce, ce quj permet de suivre plus exactement le dessin ; d’un autre çâté, la scie descendant bien perpendiculairement, on peut découper plusieurs épaisseurs d’un seul coup, sans inconvénient et avec moins de fatigue.
On a inventé une grande quantité de machines à découper; ce ne sont pas toujours celles qui coûtent le plus cher qui sont les meilleures ; beaucoup ont un défaut qui n’est pas sans gravité, surtout si l’on veut décpuper de grandes épaisseurs ou un certain nombre de feuilles de placage d’un seul coup : ce sont celles avec lesquelles la scie décrit une courbe. Ces machines étant d’un mécanisme compliqué , si une pièce vient à casser, il faut avoir recours au mécanicien , ou introduire une pièce de rechange, ce qui entraîne des frais et des retards.
Les machines peuvent être classées en deux catéo-ories : les machines à pédales et les machines à volant. °
Ces dernières ne laissent pas l’amateur assez maître du coup de scie, surtout s’il opère sur de petites épaisseurs; et si la scie s’engage, il ne peut arrêter instantanément' et casse ou la lame, ou l’objet. La marqueterie étant en général assez délicate, il est très-difficile de l’exécuter avec la machine à volant.
Avec les machines à pédale, on va moins vite, mais on est plus certain d’un bon résultat.
Renseigneffients utiles pour bien découper. — ^ Il y a des
(') On trouve à la maison ]Worel des machinea très-simples, et cependant fonctionnant très-bien, depuis 32 francs.
lames de sçie de grosseurs graduées, depuis le numéro 000, aussi fin qu’un cheveu, jusqu’aux numéros 7 et 8 et au delà.
En général, pour le découpage des petits objets, corbeilles, cadres, etc., on emploie les numéros 1 et 2, et les numéros 3 et 4 pour étagères, jardinières, etc. Avec les scies fines on avance moins rapidement, mais le travail est plus net.
L’amateur doit s’appliquer à suivre le dessin très-exactement, et surtout à bien accentuer les angles ; trop souvent, pour les boules surtout, on ne donne pas le coup de scie assez à fond, or tourne trop vite, et l’on obtient le
résultat défectueux A représenté dans la figure 1 , au lieu du dessin B, figure 2, qui est bien préférable.
Fig. 2.
La même observation s’applique aux angles.
Il est cependant un moyen bien simple d’éviter ces défectuosités. Étant donné le dessin figure 3 , dont on doit enlever le milieu, il faut percer un trou au point A, scier en ligne droite jusqu’à la pointe la plus rapprochée, descendre jusqu’au point B, puis reculer jusqu’en G; faire dans la partie qui doit tomber une entaille, dans laquelle on retourne la scie pour redescendre à roculons jusqu’en B ; puis, repartant de là, continuer le découpage.
Lorsqu’on se sert de scies très-fines, numéro \ , par exemple, on peut tourner surplace, cela dépend, du reste, de la qualité de la scie; si elle est bien carrée, c’est-à-dire aussi large qu’épaisse , on tourne facilement sur place , sinon il faut avoir recours au moyen que l’on vient d’indiquer.
Achèvement du travail. — Lorsque le décoppage est
MAGASIN HïTORËSQUÈ.
terminé, si le dessin a été collé sur le bois , on enlève le , papier, soit en mouillant très-légèrement avec une petite j éponge, soit en passant la lime ; le premier système a l’in- ! convénient de faire travailler le bois et de relever les pores, Surtout pour le bois blanc; il faut remettre l’objet en presse immédiatement.
Lorsque la pièce est suffisamment sèche , on passe de nouveau le papier de verre , on enlève les bavures avec une petite lime ou la pointe d’un canif, et on prépare le montage des pièces, si on ne l’a fait d’avance.
Montage. — Le montage a une grande importance, et les amateurs doivent y donner tous leurs soins.
Il y a deux manières de préparer les pièces : soit au rabot, soit à la lime.
La préparation au rabot, qui se fait habituellement avant le découpage, est de beaucoup préférable à tout autre système. En effet, on n’a pas à redouter la casse ; les coupes étant faites bien régulièrement, la colle forte prend mieux; enfin, si l’on se trompe, on ne perd qu’un morceau de planchette. Il n’est pas indispensable, surtout pour les petits objets, d’avoir un banc de menuisier; chaque amateur peut construire un petit meuble dans le genre de celui
Fig. 4. Fig. 5.
que les menuisiers appellent planche à dresser (figure 4), composé d’une planche A, de Q^.25 de largeur sur 0™. 60 de longueur , sur laquelle on fixe , au moyen de vis à tête plate, une planche de O^.IS de largeur sur O^.OS d’épaisseur, de manière à laisser sur la droite la planche inférieure en saillie de O^.IO. A l’extrémité de la planche B se place à l’équerre un taquet G, qui sert à buter la pièce que l’on veut dresser.
On se sert du rabot (ou de la varlope pour les grandes pièces) en le plaçant sur le flanc et le faisant glisser sur la partie A. S’il s’agit seulement de dresser la pièce de bois, on la pose à plat sur la planche B ; si, au contraire , on veut faire une coupe en biseau (G, figure 5), on la trace au crayon (ou mieux au troussequin) , puis, en inclinant plus ou moins la planchette, on enlève l’angle comme ci-dessus.
^ Dans le cas où on opère sur une face à bois debout, c est-à-dire en coupant la veine, il faut avoir soin de donner trés-peu de fer au rabot, pour éviter de faire sauter l’angle de la planchette.
La seconde manière, qui consiste à préparer les coupes à la lime, est plus simple, mais le résultat a moins de préci-
sion. Après avoir tracé la coupe comme ci-dessus, on appuie la planchette sur l’angle d’une table (figure 6), et on enlève l’angle à la lime en soutenant la pièce de la main gauche ; si l’objet est découpé, il est bon de placer en dessous une petite planchette, sur laquelle, au besoin, on le fixe avec deux pointes à placage.
On peut aussi se servir d’une espèce d’étau mobile ou petite presse (figure 7), que tout amateur peut construire, et qui se compose de deux planchettes d’un centimètre d’épaisseur; l’une a la partie supérieure plate, l’autre en pente inclinée ; on peut les garnir d’une petite bande de fer, afin qu à la longue la lime ne puisse les détériorer; aux quatre angles de la planchette du fond sont placés de petits boulons dont la vis traverse la planchette antérieure, de manière à recevoir l’écrou à oreille ; on introduit entre ces deux planchettes l’objet découpé, en ne laissant dépasser que la partie à biseauter; on serre les écrous, et on enlève à la lime.
Il y a encore un moyen très-expéditif pour biseauter
Fig. 6.
d’un seul coup et avec une parfaite régularité tous les côtés d’une corbeille, fût-elle à six ou à huit trous. Pour cela, il faut d’abord bien dresser les côtés avec le rabot , comme nous l’avons dit plus haut, tracer au compas ou mieux au troussequin la largeur du biseau, puis ranger les planchettes comme on le voit dans la figure 8. Pour qu’elles ne se déplacent pas, il est bon de les fixer ensemffie une à une avec deux pointes à placage que l’on rogne. Autrement dit , il faut placer le numéro 2 sur le numéro i , le clouer; placer 3 sur 2, le clouer; et ainsi de suite; serrer le tout dans la presse du banc de menuisier, et, au moyen du rabot ou de la varlope, enlever la partie rayée.
On décloue ensuite et on recommence la même opération sur l’autre bord.
On peut également employer ce procédé en se servant de la râpe à bois d’abord, puis de la lime pour terminer.
Très-souvent les amateurs sont embarrassés pour déterminer la pente à donner au biseau ; voici un procédé géo-
métrique très-simple. En supposant que l’on exécute une corbeille à six pans, au moyen d’un compas il faut décrire
une circonférence (figure 9) passant par les pointes de 1 hexagone du fond; tracer deux rayons A, B; prendre trèsexactement l’épaisseur du bois, la porter sur cette ligne à partir de l’angle G jusqu’en un point D ; décrire une nouvelle circonférence passant par ce dernier point; tirer un trait aux points d’intersection de cette dernière circonférence avec le rayon AB : la coupe est déterminée par la ligne CD.
Lorsque les coupes des côtés d’une corbeille à pans sont faites, on doit, avant de découper l’intérieur du fond, faire le tour : il est très-rare que le coup de scie soit assez régulier pour que l’on ne soit pas obligé d’y retoucher. Il faut donc s’en assurer en essayant de fixer chaque côté avec deux pointes à placage ; puis on reprend un peu sur l’une ou l’autre ligne de l’hexagone , jusqu’à ce que tous les côtés se joignent bien.
On a choisi pour exemple une corbeille à six pans , ou hexagone, parce que les coupes y sont plus difficiles ; lorsque les angles sont droits, comme dans une boîte rectangulaire, 1 assemblage se fait de même et avec beaucoup plus de facilité. La suite à une prochaine livraison.
Paris. — Typographie de J.
SÉCATEUR DU SEIZIÈME SIÈCLE
Le sécateur que représente notre gravure était d’un usage assez fréquent au seizième siècle ; le soin que Ton apportait à la fabrication de ces instruments, le luxe de gravure et de ciselure que l’on remarque sur quelques-uns de’ ceux qui font partie de nos musées ou des collections particulières, montrent assez que de hauts personnages ne dédaignaient pas de consacrer parfois leurs loisirs aux soins du jardinage et taillaient eux-mêmes leurs arbustes.
Collection de M. A. Jubinal. — Sécateur du seizième siècle.
Dessin d’Édouard Garnier.
Ces sortes de sécateurs cependant pouvaient tout au plus servir à couper l’extrémité des branches les plus tendres, ou à écheniller les arbres ; Taxe du mouvement de cisaillement se trouvait, en effet, trop écarté de la hampe tenue, par le jardinier, et ne pouvait donner une grande force de pression au couteau, malgré la longueur et la puissance du ressort ; aussi l’usage en a-t-il été abandonné depuis longtemps.
On se sert aujourd’hui, pour ébourgeonner les arbres hors de la portée du bras, d’un sécateur semblable au sécateur à main , placé horizontalement à l’extrémité d’une perche de 1>".5Q à 2 mètres de longueur, et qui s’ouvre et se ferme à volonté au moyen d’un fil de fer terminé par un anneau que Ton tire comme un cordon de sonnette.
Best, rue des Missions, IS.
Le Gérant, J. BEST.
VAN DAEL,