LE GHROMIS PÈRE DE FAMILLE
Le Chromis paler - familias est un poisson de dix -huit centimètres de longueur. 11 est d’un beau vert-olive, rayé de bleu sur le dos; il a le ventre d’un blanc argenté, moucheté de taches vertes et hleues. Il a été pêché par M. le docteur Lortet sur les bords du lac de Tibériade, dans une eau tiède et peu profonde provenant de sources chaudes qui abondent en ce lieu.
Ce poisson a la singulière propriété de recéler et de
(*) On n’admet point les malades affectés d’aliénation mentale, de cancer ou d’épilepsie. — Les cancérés et les épileptiques sont reçus à Bicêtre (hommes) et à la Salpêtrière (femmes) , et les aliénés dans les asiles spéciaux.
Les individus qui ont subi une condamnation correctionnelle sont • exclus.
couver en quelque sorte ses œufs d’abord, puis ses petits, dans sa bouche et dans ses branchies. C’est toujours le mâle qui se livre à cette incubation, dit M. Lortetdans le journal la Nature. Lorsque la femelle a déposé les œufs dans une dépression du sable ou entre les touffes des joncs, le mâle s’approche et les fait passer par aspiration dans la cavité buccale, puis entre les feuillets des branchies. Là, au milieu des organes respiratoires,. les œufs subissent toutes leurs métamorphoses. Les petits croissent rapidement et se trouvent bientôt à l’étroit dans leur prison. Ils en sortent en -se rendant dans la bouche, où ils se tiennent pressés les uns contre les autres comme les grains d’une grenade. La bouche de l’animal est alors tellement distendue , que les deux mâchoires ne peuvent plus se rapprocher. Ce gonflement énorme des joues lui donne l’aspect le plus étrange. Tous les jeunes poissons ont la tête dirigée vers l’ouverture buccale du père, et ils ne quittent jamais cette cavité protectrice. On ne comprend pas par quel moyen ils peuvent s’y maintenir, ni comment le père nourricier n’avale pas sa progéniture. On ne sait pas encore à quelle époque de leur vie les petits quittent la bouche paternelle pour vivre d’une vie indépendante. ■