TÉNIERS PÈRE ET FILS
Voy. p. 9.
Quelques-uns de nos lecteurs belges regardent comme très-improbable l’anecdote du père et du fils Téniers allant vendre leurs tableaux , — avec un âne, ■ — au marché de Bruxelles.
Ce récit n a pas même, suivant eux, de couleur locale.
David le Vieux était fils d un boutiquier propriétaire de sa maison, qui avait su trouver dans son escarcelle de quoi payer un voyage et dix ans de séjour en Italie à son fils.
En 1602, à peine âgé de vingt ans, et n’étant pas encore maître peintre, il exécutait déjà, pour une confrérie de Saint-Nicolas, un triptyque qui lui fut payé 608 florins, somme considérable pour ce temps.
En 1608, il épousa la fille du capitaine du port, qui n’était probablement pas dépourvu de quelque fortune.
Il était lié avec Rubens , et n’était donc pas un de ces peintres qui, par humilité, évitent tes artistes riches.
Il descendait d’une famille noble, et son fils demanda
(') Voy, Histoire des sciences naturelles depuis leur origine jusqu à nos jours, clie% tous les peuples connus, commencée au Collège de France par G. Cuvier, complétée par T. Magdeleine de Saint- Agy.
même, plus tard, une confirmation de ses titres de noblesse.
Corneille de Rie, qui était son contemporain , dit que ses tableaux étaient fort recherchés des amateurs et des grands seigneurs. Tout semble indiquer qu’il était, sinon riche, du moins très en état de tenir sa maison et sa famille : spr un certain pied.
C’est dans ce sens qu’il faut entendre le passage de Papebroch : « David le Vieux sut gagner honnêtement par le pinceau de quoi soutenir sa nombreuse famille, mais son fils le surpassa sous le rapport du talent et de la fortune. »
Qu’il nous soit permis toutefois d’ajouter qu’il n’est pas démontré absolument par les faits qu’on vient de lire que Téniers père n’ait pas pu se trouver dans ha gêne à une époque où son fils n’était encore qu’un élève. Mais il faut reconnaître qu’en effet la légende qui a motivé le dessin de notre collaborateur M. Schuler paraît assez peu vraisemblable, quoique à vrai dire, il soit rare qu’une légende n’ait pas pour origine quejque fait réel dont elle n’est le plus souvent qu’une exagération.