CALANDRE DES BLÉS
Les deux premiers de ces insectes sont utiles , le troisième est très-nuisible.
Le carabe doré [Carahus auratus) est un insecte d’assez grande taille, d’un beau vert métallique, qu’on rencontre l’été dans les champs et les jardins, où il fait une guerre acharnée aux chenilles, hannetons et autres destructeurs de végétaux. Sa couleur, qui lui permet de passer inaperçu dans les gazons et dans les prés, la forte odeur qu’il exhale lorsqu’on le prend, le protègent contre la voracité des oiseaux et des reptiles.
La cicindèle champêtre {Cicindela campestris) est également d’un beau vert, mais d’une nuance plus foncée et plus veloutée que le carabe doré. Plus agile que lui à la course et volant avec une extrême facilité , elle s’attache aux petites proies dédaignées par le carabe. Sa larve, aussi carnassière quelle, creuse dans les champs, près des bois, un puits profond et étroit ; elle en dissimule l’orifice avec sa tête large et cornée : lorsqu’un insecte vient à passer sur ce fatal pont, elle se laisse tomber au fond du trou en entraînant sa proie.
Autant ces deux insectes rendent de services à l’hommê, autant la calandre des hlé?, {Setophilus granarius) lui cause de dommages. C’est un coléoptère de petite taille, allongé, couleur brun -chocolat. La femelle dépose sur les grains un œuf duquel naît une larve qui s’introduit dans l’intérieur de la semence, et qui la détruit entièrement en ne laissant que la pellicule extérieure Les quantités de blé ainsi détruites sont considérables. Néanmoins cet insecte, par ses ravages mêmes, a amélioré jusqu’à un certain point la condition du peuple des campagnes au moyen âge ; il a empêché que les seigneurs n’exigeassent en redevance une
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quantilé de blé plus grande qu’ils n’en pouvaient consommer dans l’année, attendu que ce qui eût été réservé serait devenu infailliblement la proie des calandres. Mais à notre époque ce service involontaire est devenu inutile, elles ravages de l’insecte ont continué à anéantir les moissons. Une espèce voisine , le Selophilus orizæ, agit de même a l’égard du riz.
Les moyens inventés pour détruire la calandre sont en géjiéral peu efficaces ; la larve étant renfermée à l’intérieur des grains, ce qui pourrait tuer l’insecte gâte en même temps le blé. Tout ce que l’on peut essayer, c’est d’éloigner les femelles des grains.