Tome XLllI. — Février
Quoiqu’il ait été altéré en certaines parties sous l’influence de Pierre Caucbon, le juge de Jeanne Darc, évêque de Beauvais et de Lisieux, le style du monument est remarquable par son caractère d’unité, par son vaisseau qui présente la forme d’une croix latine, ses arches aiguës ou offives , ses nombreux et saillants contre-forts , ses fenê-
MAGASIN PITTOKESUIjE.
très larges et ramiüées, 1 élévation de ses tours, ses aiguilles de charpente, la délicatesse de ses dentelures et de ses sculptures. Un goût remarquable a présidé à l’ornementation, et on ne peut qu’en admirer les aiitels, couverts de gracieuses images, les stalles aux piédestaux sculptés eux-mêmes de bas-reliel's, les consoles aux rinceaux et aux feuillages délicats, les figurines d’accoudoirs et de tympans. Tous ces admirables ouvrages de liuclierie, appelés miséricordes, et qui représentent Abraham donnant 1 hospitalité aux anges, ou saint Martin partageant son manteau avec un pauvre, sont, avec les vitraux, les tapisseries, les serrureries, autant de précieux témoignages de 1 habileté et du goût des artistes. Malgré mille causes de destruction et les actes de vandalisme commis dans les guerres religieuses, l’ameublement de la cathédrale, les fonts de baptême, les confessionnaux, les chaires, les stalles, le jubé, sont arrivés jusqu’à nous en giande partie intacts. La clôture du chœur que nous reproduisons, et qui est en bois de chêne, sculptée au seizième siècle, en est un exemple. C’est le portail particulier du chœur et du sanctuaire, comme le portail est la clôture de 1 église enlièie. Le portail ferme l’enceinte cnmmune tandis que derrière ces sculptures, si fines et si élégantes’ s’ouvre l’enceinte réservée où l’on aperçoit le tabernacle’ Dans sa savante symétrie et dans la liberté de ses détails, on sent l’inspiration de la renaissance française. Un sentiment exquis règne dans toute cette ornementation, où S hainionisent les fenêtres rayonnantes ou ogivales variées et percées sur chaque face, les frontons dont les remparts et le sommet sont ornés de feuillage, les colonnettes pleines de sveltesse et d élégance, les découpures nombreuses, les cordons de sculptures servant d’archivolte à des niches de statuettes absentes, mais remplacées par des têtes d’anges et de démons.