‹ Magasin pittoresque (volume 2)Chapitre 604 sur 712 · FRAGMENT D’UNE LETTRE ÉCRITE IL Y A CENT ANS · texte numérisé non relu

FRAGMENT D’UNE LETTRE ÉCRITE IL Y A CENT ANS

Alsace ; Souvenir d’autrefois. — La Promenade du dimanche au village. — Composition et dessin de Théophile Schuler.

Artiste voyageur, parcourant à pied l’Alsace, mon capricieux itinéraire m’avait conduit de Colmar à Ribeauvillé, le chef-lieu de l’ancienne seigneurie de Ribeaupierre, qu’arrose le Strenbach et que domine l’Osterberg : c’est Là que le vigneron récolte, entre autres productions de ses coteaux fameux, le célèbre zahnacker, si fort apprécié des gourmets alsaciens.

Lors de mon entrée dans la ville aux trois châteaux, maintenant en ruines, de Saint-Ulrich, de Gisberg et de Hoch-Rappojstein, j’eus grand’peine à trouver un gîte ; les auberges regorgeaient de voyageurs, et, dans les cabarets, pas un bout de banc, pas un coin de table, qui ne fût occupé. Inquiet de mon souper et désespérant de pouvoir coucher dans un lit, je me mis à parcourir les quatre quartiers de Ribeauvillé, nommés ; la ville haute, la ville moyenne, la ville vieille et la ville basse. Il y avait partout même affluence de gens, et soit au dehors, dans les rues et sur les places, soit à l’intérieur, du haut en bas des habitations, on entendait de toute part chanter les violons, les hautbois et les flûtes. Ce n’était pas que la ville fût en fête ce jour-là, mais on se préparait pour la fête du lendemain.

J’étais arrivé à Ribeauvillé un samedi, veille du deuxième dimanche de septembre, date d’une grande solennité dans le pays, le pèlerinage annuel à Notre-Dame de Dusenbach, la patronne des musiciens ambulants de l’Alsace.

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