A VALENCE
Porte rie rhr'jtcl du marquis de Dos Aguas, à Valence. — Dessin de Sellier, d’après une photograpliie Je J. Laurent,
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Malgré soi, et encore que le goût proteste, on ne peut s’empêcher de regarder avec intérêt ce fouillis de sculpture qui encadre la jolie porte et l’élégante fenêtre qu’on a sous les veux. 11 y a là de la verve, de la richesse, ou, pour mieux dire, de la prodigalité, et, il faut bien aussi le reconnaître, une sorte d’ostentation un peu extravagante. On s’arrête avec plaisir à y regarder de près une ou Tome XLIV. — Septembre 1876.
deux figures agréables et quelques détails d’une ornementation élégante. Ce ne sont point là des œuvres qui soient à dédaigner : elles expriment la manière d’être d’une époque et d’une civilisation. Ce style est, du reste, classé dans l’histoire des arts ; on l’appelle plateresque, et cet art n’a jamais en aucun pays exercé plus de séduction qu’à Valence. L’éclat, le brillant, l’exubérant, ont loujours eu
le privilège de charmer et d’enthousiasmer les Valenciens. C’est chez eux qu’on a eu , croyons-nous, pour la première fois l’idée de couvrir de diamants le corps du Christ. On ne peut aller au delà, et du moment où l’on se plaisait à voir dénaturer de Celte sorte la majesté divine et la beauté humaine, on ne peut s’étonner que les plateros n’aient pas tenu en grande estime la simplicité des artistes grecs ou le goût sobre de ceux des quinziéme et seizième siècles.
L’hôtel que ce portail recommande à l’attention des voyageurs date du temps de Charles II ; il fut bâti, selon toute probabilité, pour l’opdent baron de Dos Aguas, D. Gines, chevalier de Calatrava, de l’antique famille des Perellos. Ce fut le fils de l’heureux habitant de Valence dontFranckeneau a tracé la courte biographie, et qui donna , vers 1 année 1700, le grand arbre généalogique de sa maison sous le titre de : la Calidad, servicios de la casa de Perellos. Les Perellos étaient seigneurs de la petite ville de Benetuser et du château de Medrona. (‘)
Jamais les artistes n’ont manqué à Valence, comme on peut s en convaincre en feuilletant le grand répertoire de Cean Bermudez. En fait de peintres, de sculpteurs, de plateros habiles, peu de villes de l’Espagne peuvent le disputer à la patrie de Palomino et de Rihalta. La splendeur des églises y est sans égale.
La cathédrale de Valence, qui s’élève sur la place del Miguelete, date, par sa construction primitive, de l’époque romaine. Ses vicissitudes furent nombreuses : Publius et Cneius Scipion la consacrèrent à Diane ; les Goths la purifièrent et voulurent que le Christ y fût adoré ; puis les Arabes y introduisirent leur culte. Rodrigue de Bivar la plaça ensuite sous 1 invocation de saint Pierre, jusqu’au moment où D. Jaime P'’, qui conquit définitivement le beau territoire de Valence, plaça sous l’invocation de sainte Marie le temple auguste qui avait subi de si grandes transformations. Malheureusement pour les archéologues, F. André
de Albalat crut faire mieux encore : il ordonna de rebâtir l’église en l’année 1262. (-)
L’ART PLATERESQUE