‹ Magasin pittoresque (volume 2)Chapitre 640 sur 712 · ACCESSOIRES · texte numérisé non relu

ACCESSOIRES

Panier. — Nous n’avons rien à changer à ce que nous avons recommandé pour la pêche en eau douce; seulement, on peut sans forfanterie, il est même prudent de faire choix d’un panier plus grand, parce que les poissons que l’on peut prendre à la mer, même à la ligne, sont de taille plus considérable que ceux que l’on trouve dans les fleuves et rivières.

Sac. — Nous ferons pour le sac la même recommandation.

^ Portefeuille. — Celui dont on doit se servir à la mer n’offre aucune différence avec celui que nous avons décrit. Nous y renvoyons donc le lecteur.

Plioirs. — Destinés à porter des lignes beaucoup plus

Fig. 15, 16, 17. — Leurres divers.

Mouches artificielles. — Toutes celles que nous avons indiquées pour la pêche en eau douce sont bonnes pour la pêche à la mouche en mer. Ce mode de pêche est tout a fait moderne : c’est le hasard qui a fait voir, il y a plusieurs années, à quelques Anglais, que, parmi les poissons des ports et des côtes, un certain nombre acceptent la mouche et s y laissent parfaitement prendre. Dans ce nombre, nous pouvons indiquer, parmi ceux de nos pays : les fnuletë, certains gades côtiers, l’orphie, le pilono brettin*eté., etc.

Fig. 18. — Gandol. Fig. 19. — Plioir anglais.

fortes et la plupart du temps plus longues, les plioirs en suivront tout naturellement les dimensions. L’un des plus simples et des plus usités est celui que nous avons représenté dans la figure 18, et qui porte le nom de gandol. La figure 19 montre un plioir anglais, à peu près de même forme, sur lequel on a pelotonné une ligne de fond montée d’un lihouret (voy. plus loin).

Dégorgeoirs. — L’emploi d’hameçons extrêmement petits pour prendre le poisson , non par les mâchoires mais par les parties charnues de l’œsophage ou de l’estomac, nécessite l’emploi d’un petit instrument appelé dégorgeoir. Quand le poisson est pris et qu’on le tient en sa main , on lui ouvre les mâchoires d’une main , et de l’autre on suit, au moyen du fil, la marche de l’hameçon que le dégorgeoir rejoint dans les profondeurs de l’estomac. Quand l’hameçon est pris entre les deux tiges de la fourche, on saisit le fil entre les mêmes doigts qui tiennent le dégorgeoir, et l’on enfonce le tout dans l’animal de manière à dégager l’hameçon, qui n’a à déchirer, dans cette direction , que la portion de chair comprise sous la languette du dard. On retire alors le tout avec précaution. Quelquefois on opère par un mouvement de torsion , mais si l’hameçon est passé derrière un muscle, un petit os ou un ligament, on risque de le casser : ce n’est pas une grosse perte, mais il est inutile de se priver d’un bon

instrument et de perdre du temps et de la peine à en monter un nouveau.

Pierre à aiguiser. — Le pêcheur doit examiner avec grande attention la pointe de son hameçon. Il arrive, en effet, souvent, que, soit par le frottement sur lespierres du fond ou de la rive, soit par suite d’un coup de poignet un peu fort, qui a ferré dans les os de la mâchoire, la pointe de l’hameçon s’émousse ou se brise à sa fine extrémité. Il est donc toujours prudent de se munir d’une petite pierre à aiguiser, à l'aide de laquelle cette pointe sera ravivée.

L’opération ne laisse pas d’être très - délicate quand l’hameçon est petit, mais on y réussit en agissant avec précaution. La pierre doit être assez mince sur son bord pour passer entre la petite et la grande branche de l’hameçon ; la partie qu’il importe d’aiguiser est, en effet, celle qui s’étend de la pointe de l’hameçon à celle de la barbe. En l’aiguisant dans ce sens, on rejette en dehors lemorfil de la pointe et on lui donne autant d’entrure et de vivacité qu’il se peut faire sans recourir à la meule.

La pierre à aiguiser se remplace avec avantage par une petite lime douce, très-usée, plus mince que la pierre et moins fragile ; elle est d’un plus facile usage , mais elle offre l’inconvénient de se rouiller au milieu d’une foule d’objets ordinairement défendus avec moins de précaution contre l’eau.

Anneau à décrocher, grappin, catenière. — On donne ce dernier nom à un instrument de fer formé de trois crochets accolés par leur plus longue branche que l’on termine en anneau. Ce grappin sert d’ancre au pêcheur en canot pour s’accrocher au fond ou au rivage. Le grappin lui sert aussi, en le traînant avec une longue corde, pour retrouver les lignes de fond dont il a perdu les points de repère. On fait, pour le pêcheur en mer, un instrument destiné au même usage et formé d’une suite de grappins enfilés à la même chaîne.

Boîtes aux vers. — La conservation des vers de mer qui servent à la pêche à la ligne n’est pas beaucoup plus difficile que celle des vers de terre. Ces derniers même réussissent parfaitement pour la pêche de la plupart des poissons riverains et saxaliles de l’eau salée, ce qui supposerait qu’ils les connaissent et qu’ils en ont rencontré, sans doute, qui sortaient, par mégarde, dans l’eau salée. Le plus ordinairement, on pêche avec des néréides, genre d’annélides errants qui habitent les vases et les sables au bord de la mer, soit dans les ports, soit parmi les rochers. Ces

Fig. 20 et 21. — Gravettes ou pelouses.

animaux, représentés figures 20 et 21, sont de plusieurs espèces qui portent, sur nos côtes, différents noms : capeleuses, pelouses, gravettes, et sont parfaitement connues de tous les pêcheurs. On les maintient assez longtemps en vie en les enfermant dans une boîte de fer-blanc garnie de trous pouravoirde l’air, avec du sable humide d’eau de mer. Il est toujours bon d’emporter avec eux du sable dans lequel on les a trouvés ; évidemment, celui-là leur convient parfaitement.

Boîte au vif. — Le nombre des espèces de poissons que l’on emploie en mer pour la pêche à la ligne est très-considérable ; on pourrait même affirmer que si l’on n’avait pas découvert les pelouses ou gravettes, on n’eût employé que

cela. Malheureusement, ces poissons n’ont pasla vie dure, et il est à peu près absolument impossible de les conserver en vie un temps convenable. Nous donnons (lig. 22) l’im des meilleurs, Véquille; le lançon lui ressemble. On peut employer également les hlaquets lianes, que l’on prend dans les ports, les pilonos, sorte de petits spares,

Fig. 22. — Équille.

les sardines, les anchois, harengs, sprats; mais tous ces poissons ont la vie fugitive. On aura donc le soin de les saler, et de munir la ligne d’émérillons qui feront paraître les esches vivantes.

On emploie aussi, sur l’hameçon , un grand nombre d’autres substances : les crevettes, les crabes, vivent assez longtemps dans l’eau de mer. Les coquillages sont commodes à emporter et se conservent dans le sable humide. On esche aussi avec le pilot, la sèche Ave, le poulpe, les moules, le foie de porc, les poissons salés, etc.

Sac à poissons. — Pour le sac à poissons de mer, il n’est besoin que d’augmenter les proportions; on n’aura pas besoin de prendre d’aussi grandes précautions pour sa fermeture, parce que la plupart du temps les poissons pris meurent presque tous à leur sortie de l’eau. Aussi, excepté dans des cas très-rares, il ne faut pas songer à les conserver vivants dans l’eau de mer. On ne pourra que les mettre à l’eau dans le filet, pour les sauver de l’action du soleil, contre lequel le plus souvent, au bord de la mer, on n’a aucun abri.

Epuisette. — L’emploi de l’épuisette est le dernier terme de la lutte si émouvante qui s’établit entre le pêcheur et le poisson qu’il a ferré, et où le premier déploie contre le désespoir et l’instinct du second tout ce que la nature luia.départi de sang-froid, d’adresse et d’habileté. On doit de grands services à ce filet, mais ce secours s’achète par bien des ennuis. Dans la pêche sédentaire, l’épuisette n’est ni plus ni moins embarrassante qu’une seconde canne ; dans la pêche ambulante, à la mouche naturelle ou artificielle, comment, — alors qu’on marche et qu’on agit sans cesse, — comment porter avec soi ce filet secourahle, mais embarrassant?

Quelques pêcheurs placent leur épuisette au bord de l’eau sur une pierre, sur le sol; mais alors, quand le poisson est ferré, il faut le ramener vers le filet, ce qui n’est pas toujours facile, ou bien abandonner la ligne et le poisson pour courir à l’épuisette et revenir; pendant ce temps, le poisson fuit, entortille la ligne dans les herbes, les pierres, les pieux, les obstacles quelconques ; il tire et se dégage au moment où vous revenez.

Et cependant, il ne faut pas abandonner l’épuiselte.

Il sera toujours bon de monter ses lignes très- solidement, et de faire de même pour tous ses engins, et, à tout risque, d’enléver avec prudence , mais avec fermeté. Malheureusement, toutes les précautions peuvent être vaines : quand le temps est sec, quand le poisson est farouche et mord à peine, plus on augmente la force de ses montures, plus on diminue, ■ — et en frrte proportion, — ses chances de réussite.

UÊCHES P.\R LE PÊCHEUR.

Pêche à la ligne flottante. - — Cette pêche est proprement celle que l’on peut qualifier dépêché à la canne, car c’est la seule à peu près qui s’exécute avec cet instrument. Elle se fait du bord, et, autant que possible, d’un endroit qui domine le Ilot, tel que quai, jetée, rocher, etc., parce que

l’une des conditions de réussite est de lancer son esche assez loin pour qu’elle dépasse la bordure d’eau sans profondeur que l’oscillation des vagues fait fouetter continuellement contre le sable ou contre les obstacles. Le poisson de mer difï'ère en cela du poisson d’eau douce, que ce dernier s’avance littéralement jusqu’à effleurer les pierres de la rive ; il se cache même souvent à leur abri; on peut donc le pêcher à une distance souvent moins grande que la longueur de la canne, en ayant soin de se dissimuler derrière quelques herbes , un arbre , un obstacle du bord. Le poisson de mer, au contraire, ne peut, — du moins dans nos mers du Nord, à ressac continuel, — aborder l’extrême rive. Outre que, sur beaucoup de points, la grève descend très-doucement , suivant une pente insensible, et par conséquent ne présente au bord aucune profondeur, la lame oscillante d’eau qui approche et recule sans cesse frapperait le poisson contre les obstacles ou les rochers. Le poisson, même celui du littoral, à moins que ce ne soit au milieu de rochers séparés par des intervalles d une grande profondeur, se tient un peu plus loin du bord, là où l v au sur laquelle roule la lame expirante est, en dessous, parfaitement tranquille et suffisamment profonde pour dissimuler à coup sûr les animaux qu’elle contient. Comment les poissons se rendent-ils compte de cela?... Nous n’en savons rien ; mais le fait est indéniable et d’expérience certaine.

11 faut donc arriver à l’endroit que nous désignons : le pêcheur n a pas trop de toute sa force, de toute son adresse, et de toute la longueur de sa canne pour y envoyer ses esches; c est pourquoi, souvent, lorsque la pente insensible de la grève rend ce lancer trop difficile, il substitue à la pêche à soutenir à la main la pêche à la canne, celle-ci permettant d’envoyer facilement l’appât munid’un plomb aussi loin qu’il a besoin. La pêche à la canne se traite absolument comme la pêche en eau douce : son triomphe est dans les ports, où elle sert à prendre les mulets, quand

Presse à coton

la fabrication anglaise. D’une part, elle achète la matière première chez elle-même, aux lieux où l’Angleterre achète également; et, d’autre part, elle livre ses produits ouvrés dans son propre pays, que l’Angleterre considérait comme le meilleur débouché pour ses fabriques. Ce n’est pas tout: l’Angleterre ne peut même concevoir l’espérance de puiser des éléments de lutte dans les cotons que les autres contrées peuvent produire; car nulle part encore on n’a

ils sont disposés à mordre, et aussi quelques de fond, quelques congres, et entre deux eaux, le long des rochers, toute la tribu des rieife (labres, crénilabres, etc., etc.).

La suite à une prochaine livraison.

Page 1