‹ Magasin pittoresque (volume 2)Chapitre 641 sur 712 · CONCURRENCE AMÉRICAINE · texte numérisé non relu

CONCURRENCE AMÉRICAINE

Il y a une trentaine d’années, les États-Unis d’Amérique ne retenaient pour leurs fabriques indigènes qu’une faible partie du coton produit par leurs provinces du Sud. La presque totalité des récoltes était envoyée en Europe, et l’Angleterre en prenait une part si considérable, qu’on eût été regardé comme un échappé du pays des chimères si 1 on eût osé émettre le moindre soupçon sur la possibilité d’une concurrence américaine. Mais de l’autre côté de l’Atlantique, on marche toujours en avant. En 1873, les fabriques américaines travaillèrent de douze à treize cent mille balles de coton, représentant à peu près la moitié de ce que les provinces du Sud vendirent à l’Angleterre en cette même année. !

Ce serait une erreur de considérer cet énorme chiffre comme accidentel ; il est le terme régulier d’un accroissement qui date de loin, car, depuis 1822, époque où fut fondé l’établissement de Lowell, la fabrication américaine n’a cessé de se développer. En 1831, les États-Unis possédaient 1 246 000 broches, consommant 21 5 000 balles de coton, et en 1860, il y en avait plus de cinq millions qui employaient plus de 900 000 balles. Si la guerre de sécession réduisit ce dernier nombre à 300 000 en 1862, la reprise se fit si rapidement, à la paix, qu’en 1868 on avait dépassé la consommation de 1860. L’accroissement a continué, comme nous l’avons dit ci-dessus, et l’on ne voit rien qui puisse entraver ce prodigieux essor. La concurrence américaine frappe d’ailleurs un double coup contre

pu obtenir en grand une qualité semblable à celle des cotons fins et longs des États-Unis.

(') Le transport du coton par mer serait onéreux si on le déposait dans l’intérieur des navires à l’état bouffant où il se trouve après la récolte. 11 encombrerait, sans utiliser le tonnage entier. On le presse donc très -fortement dans les ballots. Du temps de l’esclavage, cette opération se faisait à grand renfort de nègres. On emploie maintenant des machines qui pressent mieux , à moins de frais et avec moins de fatigue pour les travailleurs.

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