LA CHASSE DU ROI BRETH.AUD
Voilà le maire intronisé, quant à la ville ; mais il lui fallait aussi l’investiture royale , et il se mettait en devoir d’aller la chercher. Pour commencer, le maire, et semblablement toute la compagnie, s’en allaient à la chasse du « Bérichot ou roy Brethaud », qui n’était autre qu’un roitelet, «lequel, par eux pris, à force et à course, suivant les anciennes coutumes», était porté prisonnier dans une cage, sur deux piques, par quatre des principaux habitants de la ville, jusqu’à la première porte du châteaù.
Là, le gouverneur attendait le nouveau maire et sa harangue. Le maire, après une humble révérence, lui disait ;
« Monseigneur, comme très-humbles et très-fidèles sujjîts du roy, nous sommes ici venus, suivant les anciens devoirs, jurer à Sa Majesté, entre vos mains, la continuation de notre obéissance, et à vous. Monseigneur, qui commandez en son absence, vous suppliant de nous faire l’honneur de nous maintenir et conserver en nos anciens droits ot privilèges, et recevoir en hommage ce prisonnier qui, comme nous , attend la liberté telle qu’il vous plaira nous donner. »
Le gouverneur répondait au nom du roi , recevait la soumission de la ville , et promettait de lui conserver ses
droits et libertés; et il ouvrait la cage et donnait la liberté a l’oisea,u. En même temps, on tirait un coup de canon en signe d applaudissement. Puis, les principaux habitants s en allaient dîner avec le nouveau maire, et chacun payait sa part du festin : « un quart d’écu, valant seize sous tournois. »