‹ Magasin pittoresque (volume 2)Chapitre 83 sur 712 · DAVID ASSELINE · texte numérisé non relu

DAVID ASSELINE

Nous reproduisons le jeton de la municipalité de Dieppe au siècle dernier.

Jeton de la municipalité de Dieppe au dix-huitième siècle.

Œuvre du célèbre graveur Duvivier, il porte à la face l’effigie royale, et au revers les armes de la ville, qui sont: parti de gueules et d'azur au vaisseau d’argent. L’écusson est supporté par deux sirènes et surmonté d’unr tête d’ange aux ailes éployées.

Ce revers, dont le dessin est correct et fort gracieux, été pris comme marque distinctive par les éditeurs de 1; Bibliothèque dieppoise, et figure au titre de leur première publication : les Antiquitez et Chroniques de la ville d'- Dieppe, par David Asseline Prestre ; Dieppe, 1874. 2 vol. in-8“.

La légende inscrite sur le jeton dieppois, au-dessus des armes de la ville, est si belle et si patriotique, que nous la recommandons à l’attention de nos lecteurs ; civico FŒDERE PRODERiT (l’imion des citoyens assurera le progrès). Vraie de tout temps, cette généreuse pensée nous semble plus appropriée encore à l’heure présente, c> s’adresser comme une prière à nos contemporains.

Dans l’exergue , on lit ces mots : ædil(iym) deppA', comit(ium) (assemblée des édiles de Dieppe), et la date 1762.

Les personnes qui recevaient un jeton de présence étaient autorisées à le garder, mais pouvaient aussi en réclamer la valeur, contre remise de la pièce , à la compagnie.

Celui de Dieppe était payé « quarante-quatre sols » par la municipalité.

Nous citions tout à l’heure le nom de David Asseline ; ajoutons quelques mots sur ce modeste écrivain.

Né à Dieppe vers 1619, Asseline fit ses études chez les pères de l’Oratoire établis en cette ville, et embrassa la carrière ecclésiastique.

Ses goûts le portant vers les travaux historiques, il s’attacha comme prêtre habitué à l’église Saint-Jacques de Dieppe , et consacra tous ses loisirs à réunir d’innombrables matériaux concernant l’histoire de sa ville natale.

En 1682, il en forma l’ouvrage manuscrit qui vient d’être publié.

La chronique d’Asseline n’intéresse pas seulement tes Dieppois ; elle touche largement à l’histoire de la haute Normandie, et même est appelée à jeter quelques lumières sur l’histoire générale de la France.

C’est, d’autre part, une mine précieuse , dans laquelle ont à puiser tous ceux qui s’intéressent aux gloires maritimes de nos ancêtres.

On trouverait difficilement, croyons-nous, parmi les chroniques manuscrites que recèlent les bibliothèques municipales, une œuvre aussi importante que celle-ci.

Peu de temps après l’avoir terminée, David Asseline se retira au village de Longueil, sur les rives de la Saane, et y mourut au mois de septembre 1 703.

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