‹ Magasin théâtralChapitre 1007 sur 1475 · SCENE IV · texte numérisé non relu

SCENE IV

MARGUERITE, NEUBOROLG, WAL- POLîi, HENRI.

NEUBOROUG, cherchant à se dégager de ses bras. Ah! c'est malgré moi... Je n'ai pas été maître de mon premier mouvement!... IMais je ne pardonne pas... je t'en veux toujours...

* Marguerite, Neuboroug, Henri, le domestique.

MARGUERITE. Ah! nion père vous vantez !

NEUBOROUG. Non, mademoiselle!.., WALi'OLE. Et moi, j"cn suis sûr... ou du moins , je sais le nioyen de te désarmer... Williams, j'ai besoin de toi.

NEUBOROUG. Qucdis-tU?

WALi'OLE. J'ai un important service à fe demander.

Ni^UBOROUG. Et tu es venu à moi ?

WALPOLE. Sans hésiter et sans rougir !

NEUBOROUG, avec sentiment. Tu es donc encore mon ami?...

WALPOLE , lentement et le regardant.

Pour toi... du moins je crois que c'en est une preuve...

NEUBOROUG, lui serrant les mains. Et tu as raison... tu as bien fait... Tout est oublié... Tu as besoin de moi?... {^uec chaleur.) Voyons, Robert, dis-moi ce que tu veux; parle vite... dépèche-toi... il me tarde de me venger. . .

WALPOLE. Rien ne presse... nous avons le temps de causer. . car je viens passer la soirée avec toi et te demander à souper...

NEUBOROUG, hors de lui. A souper?...

est-il possible!... un trait comme celuilà {Aoec attendrissement.) Je pardonne...

je pardonne tout... jai retrouvé mon ami. Ma fille... tu l'entends?... C'est lord Walpole... c'est le premier ministre de l'Angleterre qui vient nous demander à souper.

WALPOLE. Eh non... c'est ton vieux camarade.

NEUBOROUG. C'est ce que je voulais dire.

W^ALPOLE. Entre nous... en petit comité... rien que des amis.

NEUBOROUG. Tu as raison... ça te changera...

WALPOLE. Et surtout sans cérémonies, sans façons...

NEUBOROUG. Certainement. (^Marguerite.) Passe chez le fournisseur de la cour.

MARGUERITE. Y per.sez-\ ous I il va se croire chez lui.

NEUBOROUG. C'est juste. .. eh bien! notre ordinaire... tu comprends... notre ordinaire des grands jours...

MARGUERITE. Oui, mon père.

NtUBOROLG. Lord Henri. . . sera des nôtres, je l'espère.

HENRI. Et moi, j'y compte bien!... Je retourne au palais, où je suis de service, et je reviens...

31ARGUERITE, oii^ement. Le plus tôt po&sible... (Se repremint.) Pour ne pas faire attendre mylord votre oncle.

HENRI. Je serai exact au rendez-vous.

li sort.

MARGUERITE , à Walp'jU. Si d'ici làk vo-

tre seigneurie voulait une tasse de thé?

VVALPOLE, Merci, ma belle enfant.

(A Neuborong.) Elle est jolie, ta fille.

NEUBOUOUG. Je crois bien!

VVALPOLE. Je ne l'aurais pas reconnue.

NEUBOROUG. Parbleu!... depuis dix ans; mais j'ai tort... je ne dois plus parler de cela.

WALPOLE, bas à Neuboroug. Si j'osais, je te demanderais à l'embrasser.

NEUBOROUG. Eh bien! qui est-ce qui t'arrête ?

Walpole l'embrasse

MARGUERITE. Quel bonhcur!... j'ai embrassé le ministre.

Elle sort par la porte de droite.

Page 1