‹ Magasin théâtralChapitre 1023 sur 1475 · WALPOLE , LORD HENRI · texte numérisé non relu

WALPOLE , LORD HENRI

nENRl, à part. A trois heures dans

grande galerie.. . c'est ici î

WÀLPOLE , l'apercevant. Ah ! te voilà !

HEMil. Ciel ! mon oncle !

WALPOr.E. Viens, mon ami, viens à mon aide, viens me conseiller!...

HENRI. Qu'y a-t-il donc? qui vous tourmente encore !

WALPOLE. Cette obligation que m'a imposée le roi de lui désigner mon successeur. Je suis là... je cherche... je ne sais que résoudre? Moi d'abord, jelesprendraistous...

mais encore faut-il répondre à la confiance du roi et laisser le pouvoir en des mains qui en soient dignes.

HE\ni. Il y a , grâce au ciel , dans noti'e pays tant de gens de mérite !

WALPOLE , at^ec ironie. Tu crois cela !.. . dis-moi donc lesquels?

HENRI , regardant auluur de lui avec inquirlude. Vous les connaissez mieux que moi!... mais, à parler franchement, un tel choix entraîne après lui une responsabilité dont à votre place je craindrais les f.hances.

WALPOLE. Voilà justement ce qui m'inquiète... me tourmente...

HENRI. Eh bien ! alors , pourquoi accepter? Refusez un pareil honneur, et que le souverain s'adresse...

W^ALPOLE. A qui?

HENRI. Au pays lui-même ! il connaît mieux que personne ses véritables intérêts ; et le ministre qu'il lui taut , qui lui convient , il ie désignera par ses votes.

Laissez-le faire et ne vous en inquiétez pas plus que moi !

w^.ALPOLE , se levant. Quoi ! vraiment , cela ne te tourmente point?

HENRI. En. aucune façon.

WALPOLE , lentement et s" apfjuyant sur son épaule. Comment... ce pouvoir qui est

en mes mains et dont je peux disposer

cela ne te donne pas à rêver... cela ne fait pas naître en toi quelque idée.... quelque espérance?...

HENRI. Aucune! je ne désire rien, vous le savez. .. (regardant toujours) ou du moius mes vœux ne sont pas là I

w.ALPOLE. Mais enfin... tu es mon ami,

mon neveu... presque mon fils et cette

puissance souveraine... cette place si brillante que tout le monde envie si je te-

l'ofFrais.

HENRI. Je la refuserais !

WALPOLE , après un instant de silence.

Voilà l'homme qu'il nous faut ! Honneur.. . esprit, talens , tout chez lui se trouve réuni ! ... et puis enfin un autre moi-même î .. . Et je ne sais pas comment j hésitais, comment j'allais chercher ailleurs un iuéiùte que j'ai là, chez moi... dans ma famille.

HENRI. Je vous remercie , mon oncle...

et qu'une telle pensée vous soit seulement venue... c'est plus qu'il n'en faut pour me rendre fier toute ma vie... mais je vous l'ai dit... je ne puis accepter...

WALPOLE. Et pour quelles raisons?

HENRI, de même et nvec impatience. Ni mon caractère ni mes goûts ne me le permettent! je ne pourrais jamais supporter ce fardeau des affaires, trop pesant pour ma jeunesse et mon inexpérience.

W^ALPOLE, avec joie. 11 n'y a pas de mal,

mon garçon, il n'y a pas de mal à cela

Ne suis-je pas là ! tu n'auras rien à faire... je t'aiderai... je continuerai... sous ton nom...

HENRI. C'est me combler de vos bontés.. . mais. . .

WALPOLE. Tu feras ce que tu voudras...

ce n'est plus moi , c'est le roi qui se chargera de vaincre tes scrupules... Il me demande un successeur... je cours lui désigner le plus capable , le plus digne , celui que j'aime... que je préfère à tous.

HENRI. Mais, mon oncle... {Apercevant Cécile.) Dieu ! c'e^t elle !

w^ALPOLE. La comtesse de Sunderland !... elle vient à propos ; tu peux lui annoncer cette nouvelle, je serai enchanté que madame soit la première à l'apprendre !... Adieu, je passe chez te roi qui m'attend.

Il salue Cccile, et sort en serrant la main de Henri.

ooocooooaoooooogooooaBoaooocotaocfiooocooBooc

Page 1