‹ Magasin théâtralChapitre 1028 sur 1475 · HENRI, GEORGE, WALPOLE · texte numérisé non relu

HENRI, GEORGE, WALPOLE

WALPOLE, tenant un porlejtudle qu'il pose sur la table et en tirant un papier. Voici les affaires dont il est urgent que votre majesté lui donne d'abord connaissance... c'est relatif à T Espagne...

GEORGE, prenant le papier. C'est bien... nous en parlerons... mais pas aujourd'hui... pas ce matin!... Je dois sortir à Il eval avec la reine... {^Bas à Henri.) Elle a voulu !

HEIMRI. Me sera-t-il permis d'accompa- ,n er leurs majestés?

GEORGE. Certainement. . . c'est avec grand 1 aisir que je vous verrai à cette promeii ade... (^ JVa/pule.) Au fait , c'est charmant... un jeune ministre... ça monte à cheval l...(A Henri.) Nous ne pourrons pas causer... la reine sera là... mais cela se retrouvera... (^ vuix basse. 1 II y a bal ce soir à la cour... vous y viendrez...

HENRI, de même. Oui, sire!... je n'ai garde d'y manquer!

WALPOLE , à part. Qu'ont-ils donc à se dire ainsi à voix basse!... {Haut.) Puisque votre majesté ne s'occupe poini de ces papiers, je les lui redemanderai.

GEORGE , les donnant à Henri. C'est lui que cela regarde... Tenez, Henri, voyez... examinez, et faites-moi un rapport sur cette question...

WALPOLE. Qui est importante! car il s'agit ici de la paix ou de la guerre. . .

HENRI. Je ne cache pas à votre majesté que je tiens à venger les injures faites au pavillon national... ce fut toujours mon avis...

A3VALP0LE. Oui , quand tu n'étais pas ministre : c'étaient alors des idées de jeune homme... des idées chevaleresques... mais maintenant...

HENRI. Maintenant , mon oncle , cela me semble un devoir ; telle est du moins mon opinion...

WALPOLE. Ce n'est pas la mienne...

Avant tout l'intérêt des finances...

HENRI. Avant tout l'honneur du pays...

W^ALPOLE. Et je soutiens, moi...

GEORGE, à fP^alfole et montrant Henri.

Permettez... cela le regarde... c'est lui qui est responsable.

HENRI. Pardonnez, mon oncle, d'être d'un avis différent du vôtre... mais ne me condamnez pas sans me juger... J'expliquerai, je développerai les motifs de mon opinion dans ce rapport que sa majesté veut bien me deniander, et que je vous soumettrai d'abord...

GEORGE. Comme vous voudrez... ou que vous me remettrez à moi-même tout uniment. . . car entre nous point de gêne , point d'étiquette... Que ce ne soient pas le prince et le ministre, mais seulement deux amis; et cette amitié que je vous offre... ( lui tendant la main ) l'acceptez - vous , Henri ?

HENRI, s'inclinant. Ah! sirel... c'està mon oncle que je dois tant de bonheur ! combien je l'en remercie !

GEORGE. Et moi plus encore!... (à Walpole) car voilà le ministre qu'il me fallait !

WALPOLE, Vraiment!

GEORGE. Oui ! nous venons de causer ensemble, et vous aviez rai.son de me le vanter ! Tout en lui se trouve réuni : capacité, talens ! connaissance des affaires... \A Henri.) Et quant à celle dont je vous parlais et que je recommande à votre discrétion...

W^ALPOLE. Laquelle?... de quoi s'agit-il :

GEORGE. Rien !... c'est entre nous...

[A Henri.) Vous avez, dit-on , à quelques lieues de Londres, une villa italienne, une campagne charmante..

HENRI. Une maison de garçon...

GEORGE. Demain j'irai vous y demander à déjeuner, nous y causerons plus à l'aise qu'ici... {A JValpole.) Vous, mon cher Robert, et jusqu'à ce que tous nos arrangemens soient pris , le plus grand silence avec tout le monde sur la nomination de votre neveu! {^Voyant entrer un page.) Mais on nous attend!... venez, venez, mon cher Henri! [De loin à Walpole, ens'en allant.) Adieu, mylord!

HENRI , de même et guîment. Adieu, mon oncle !

Ils sortent tous deux,

' SGErSE IX.

WALPOLE , se promenant d'un air morne et rêveur.

Je suis enclianté !... voilà mon neveu eu faveur!... le roi l'a déjà pris en amitié, et va demain déjeuner chez lui... {S'arrêtojit.) Il n'est jamais venu déjeuner chez moi... Et puis cette affaire qui les occupe et pour laquelle ma présence paraissait les gêner!... Autrefois il n'avait pas de secret pour moi ... Qui donc m'a ôté sa confiance ? qui m'a déjà desservi auprès de lui? Lord Henri... oh! non, je ne puis le croire... il est trop franc, trop loyal... il n'y a pas assez long-temps qu'il est aux affaires... Cependant il avait l'air d'être d'hitelligence avec le roi, il a combattu devant lui mon

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opinion, il s'est montré mon adversaire... mon eiuiemi... et puis enfin ce déjemier, il n'a rien dit... il a accepté!... l'ingrat I... lui qui me doit tout!...

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