‹ Magasin théâtralChapitre 1035 sur 1475 · HENRI, GEORGE, CÉCILE · texte numérisé non relu

HENRI, GEORGE, CÉCILE

GEORGE, à part. La voilà!...

CÉCILE , s'adressant au roi. Mon père, le comte de Sunderland va se rendre à l'au-

l'ambitiedx. 31

dience que vous avez daigné lui accorder,

GEORGE , contenant son émotion. C'est bien... nous le recevi'ons !...

GEORGE , après un instant de silence ^ jette un coup d'œil sur Henri et sur Cécile qui ont échangé un regard, et baissent soudain les yeux. Lord Henri, je voulais vous parler, et je puis le faire devant mylady, car je me rappelle maintenant que plusieurs fois elle a plaidé près de moi en votre faveur , et qu'elle est toute dévouée à vos intérêts...

HENRI. C'est trop de bontés à lady Cécile, et surtout à votre majesté...

GEORGE. J'en aurai plus encore, et pour commencer je vous donnerai un conseil... celui détre plus circonspect... Ce matin vous ne m'avez confié que la moitié de votre secret... j'ignorais encore quelle était celle que vous aimiez... un hasard vient de me l'apprendre... ( Moui'ement de Cécile. ) Oui , madame... et voyez à quoi son imprudence l'exposait si cette lettre , par exemple, était tombée en d'autres mains que les miennes...

HENRI, 0 ciel!... Eh bien ! puisque mon amour vous est connu, pourquoi n'avouerais-je pas à votre majesté et mes projets, et mes vœux , et l'espoir de ma vie entière... Oui, sire, c'est elle que j'aime !...

CÉCILE. Que dites-vous ?

HENRI. Ne craignez rien... ce n'est pas au prince... ce n'est pas à mon souverain que je confie un tel secret.

CÉCILE. Henri!

GEORGE. Et pourquoi l'arrêter, mylady?

Il aime... il est aimé... il me l'a avoué ce matin !... il en est convenu !...

CÉCILE. Est-il possible?...

HENRI. Punissez-moi, madame! je l'ai mérité! Mais quand je parlais ainsi je croyais que jamais votre nom ne serait connu... qu'un éternel silence ensevelirait et mon secret et l'amour que vous m'avez juré?...

CÉCILE, qui a passé près de lui. Taisezvous ! taisez-vous !

HENRI. Et pourquoi donc!... pourquoi cet effroi, grand Dieu !

GEORGE. Vous ne le devinez pas?...

C'est qu'elle ne peut entendre ni supporter l'arrêt qui l'accable... c'est que cet amour qu'elle vous a juré... il m'appartenait... elle me l'avait donné.

CÉCILE. Sire , au nom du ciel...

HENRI, avec fureur. Quoi! celle que VOUS aimiez ?...

GEORGE. C'est elle!...

CÉCILE, au roi, et avec dignité. Assez !... assez !... Yous m'avez frappée de mort, et maintenant je n'ai plus rien à redouter...

J'ai subi de tous les supplices le plus horrible... Vous m'avez flétrie à ses yeux... J'ai perdu l'estime de celui que j'aiuie.

GEORGE. Que vous aimez I...

CÉCILE. Oui, sire, ces nœuds que vous osez rappeler et que dès long-temps cependant j'avais brisés de moi-même, ces nœuds que l'ambition seule avait formés... je m^en accuse et j'en rougis; mais l'amour que j'avais pour lui, j 'en suis fièrc et je m'en glorifie, car il était noble et pur... Oui , c'est par amour que j'ai repoussé ses vœux, c'est par amour que je refusais sa main , moi qui aurais donné ma vie pour en être digne ; et je ne dis pas cela pour m'excuscr à ses yeux , pour surprendre sa pitié , ni pour regagner une tendresse que je ne mérite pas et que j'ai perdue sans retour., mais je le dis pour moi-même que vous avez voulu abaisser, je le dis devant vous qui tenez le sceptre et la couronne... celui que j'aimais , sire... c'est lui !..,

GEORGE. Et ce mot a décidé sa perte... et vous deux qui m'avez trompé...

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