ACTE IV, SCENE XÏI
' lui restait plus que deux seuls escadrons de r - tout son régiment (troisième dragons).
BOUVABD.
C'est palpitant d'intérêt !
LE COMTE
» La lune s'élevant au-dessus des noirs rochers, « reflétait ses rayons sur les cimes de l'Atlas, les- « quelles, sedéroulantcommeun blanc etimmense « linceul^ semblaient, pour frapper l'imagination « de nos vieux soldats, leur rappeler au milieu « de l'Afrique, les plaines glacées de la Russie !»
BOUVARD
Comme c'est écrit! comme c'est académique! quel style!
CORINNE
Pour de l'histoire.
BOUVARD
Et ce n'est que de l'histoire !
MAXENCE
Ce n'est que de la prose !
BOUVARD
Mais quelle prose !
DESGAUDETS.
On dirait des vers !
CORINNE
11 y en a !
DESGAUDETS.
Bah!
CORINNE
Une lui restait plus que deux seuls escadrons, De tout son régiment, troisième de dragons !
BOUVARD
C'est vrai!,, cela lui a échappé !
C'est plus fort que lui.
CORINNE
« Même quand l'oiseau marche^ on sent qu'il « a des ailes! »
BOUVARD
Mais comme la pensée s'élève... comm.e elle s'élance et se précipite impétueuse...
DESGAUDETS.
On dirait d'une charge de cavalerie!
CORINNE
Troisième de dragons! c'est admirable !!!
TOUT LE MONDE
C'est délicieux !.. délicieux! ravissant!
LE COMTE, s' inclinant.
Trop de bontés... trop d*indulgence...
TOUS
Achevez, de grâce ?..
LE COMTE
« Le général aperçut alors toute la tribu des Beni-Ballaboud. »
ALBERT, à part et écoutant, singulier !
LE COMTE
« Campée au bord d'un torrent qui se précipite dans la vallée et devient la Mahoura... ALBERT, qui jusque-là a écouté avec des marques d'impatience, quitte la table à gauche sur laquelle il s'appuyait et fait quelques pas vers le comte.
Ah ! c'est trop fort!
CORINNE, qui a observé Albert, se lève du canapé. Qu'avez-vous donc?
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