SCÈNE III
Les Précédents, DUCUEMIN.
DUCHEMIN
Où donc est la maman ?... pas encore levée?... Hier j'étais couché quand elle est arrivée , t Et je ne l'ai pas vue... Est-ce que par hasard Elle dort encore ?
DARCY
DUCOEMIS.
Je la verrai plus tard.
Je ne suis pas pressé ; j'attends... Ma chère nièce, D'un retour aussi prompt vous êtes dans l'ivresse, N'est-ce pas?
ÉLISE
J'en conviens.
DnCHEMIN.
Et c'est tout naturel.
Je n'en suis pas fâché non plus, moi : grâce au ciel. Je suis , vous le savez, d'une humeur débonnaire. Pourvu que je me couche à mon heure ordinaire,
LA BELLE-MÈRE ET LE GENDRE
Que de la promenade on ne me prive pas, Et que je puisse en paix faire mes trois repas, Sans que d'aucun souci mon esprit s'embarrasse, Je suis assez content de tout ce qui se passe.
GÉnARD.
D'un heureux naturel le ciel vous fit présent. On prétend qu'il fut mis à l'e'preuve souvent : Votre femme, dit-on...
DtJCHEMIK.
S'il favit ne vous rien taire, Ma femme n'avait pas un très bon caractère. Quel tapage chez moi! qu'elle m'a tourmenté! On s'accoutume à tout, monsieur, en vérité. L'épreuve me sembla d'abord un peu trop forte : Eh bien ! je m'y faisais lorsque ma femme est nïorte. L'habitude est puissante ; oui, je m'en aperçois. Et ce tapage-là me manque quelquefois.
Lorsqu'elle querellait (ce qui, par parenthèse. Arrivait tous les jours ), assis fort à mon aise. Sans répliquer un mot à ses aigres discours. Au bruit qu'elle faisait je m'endormais toujours.
GÉRARD
Quoi! votre patience, à ce point exercée, Pendant un long hymen ne s'est jamais lassée?
DnCHEMIN.
A quoi m'eùt-il servi de me fâcher? à rien. •Te suis très pacifique, et je m'en trouve bien. Que voulez-vous? c'était là l'humeur de la dame : Un mari doit passer quelque chose à sa femme.
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