‹ Magasin théâtralChapitre 109 sur 1475 · DARCY, GÉRARD, ÉLISE · texte numérisé non relu

DARCY, GÉRARD, ÉLISE

ÉLISE

Bonjour, Darcy; bonjour, monsieur Gérard.

&Én&BD.

Madame , J'ai l'honneur...

ÉLISE

J'ai troublé, messieurs , votre entretien. De quoi parliez-vous là tous les deux ?

DARCY

Oh ! de rien.

ÉLISE

As-tu déjà pour moi des secrets ?

DARCV.

Moi , ma chère?...

Ah ! peux-tu le penser ?

ÉLISE, à Gérard.

Vous savez que ma mère Pour ne plus nous quitter est arrivée ici ?

GÉRARD

J'ai déjà là-dessus félicité Darcy.

Je voudrais bien lui faire agréer mon hommage.

ÉLISE

Elle repose ; elle est lasse encor du voyage.

Ma mère est avec nous : quel bonheur est îe mien !

N'est-ce pas , cher Darcy, que tu l'aimeras bien ?

IN'en doute pas ; déjà je l'aime et la révère :

En m'accordant ta main elle me devint chère. *

Des auteurs de mes jours, qui vécurent trop peu ,

C'est elle désormais qui va me tenir lieu ,

Et devenu son fils, te prenant pour modèle,

Je prétends t' égaler dans ton amour pour elle.

ÉLISE

De pareils sentiments que mon cœur te sait gré ! ^lais à ce doux langage il était préparé. Et je te vois souscrire à tout ce qui me flatte. Ton Elise envers toi du moins n'est pas ingrate , ]Si ma mère non plus : même , à ce que je croi , Elle chérit son gendre encore plus que moi. Je n'en suis point jalouse : elle a raison sans doute De reconnaître ainsi le bonheur que je goûte. Oh! que, comblant enfin mes plus ardents désirs , jNotre réunion me promet de plaisirs !

<:fi?ro

D'abord jamais chea nous de querelle: il me semble Qu'il n'est pas malaisé de s'accorder ensemble ; On n'a qu'à le vouloir, et nous le voudrons tous : La paix pour les bons cœurs a des charmes si doux ! Nous aurons chaque jour nos travaux ordinaires ; Nous nous occuperons, Darcy, de ses affaires. Moi , des soins du ménage ; et quand le soir viendra , En hiver, près du feu l'on se rassemblera. Là, tantôt nous lirons quelque touchant ouvrage; Tantôt nous causerons, ou, cédant à l'usage. Pour amuser ma mère et l'oncle Duchemin , Nous combattrons contre eux, les cartes à la main. Lorsque nous verrons luire une saison plus belle, Notre troupe, souvent à la ville infidèle , Loin des murs de Paris s'enfuira vers les champs Pour chercher des plaisirs purs comme nos pen-

[ chants.

Des sites enchanteurs, la promenade et l'ombre; Et quelques amis vrais (monsieur est de ce nombre) Sur tous nos entretiens répandant leur gaîté , Viendront doubler encor notre félicité.

GÉRARD

V^oilà, je l'avouerai, d'agréables images, Et vous nous peignez là l'âge d'or des ménages. Puissiez-vous voir briller un si doux avenir, Que vos vertus du moins méritent d'obtenir !

ÉLISE. [père.

Nous l'obtiendrons aussi : vous, monsieur, je l'es- En la connaissant mieux , vous aimerez ma mère. Par elle soins, devoirs, rien n'est mis en oubli ; Elle se plaît à voir par-tout l'ordre établi. Parfois elle est peut-être et vive et susceptible ; Mais ce sont les défauts d'une ame trop sensible.

GÉRARD

Je puis vous assurer avec sincérité

Que de l'aimer beaucoup je serais enchanté.

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