‹ Magasin théâtralChapitre 1127 sur 1475 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

MADEMOISELLE DANGEVILLE , MADEMOI- SELLE JOUVENOT, près de la glace à gauche ; LE PRINCE, ADRIENNE, entrant par la porte à droite et étudiant son rôle ; L'ABBÉ , MI- CHONNET, QUINAULT.

ADRIENNE, étudiant.

Du sultan Amurat je reconnais l'empire.

Sortez ! que le sérail soit «iésormais fermé... Non , ce n'est pas cela ! {Essaxjant une autre manière.)

Sortez! que le sérail soit désormais fermé... Et que tout rentre ici dans l'ordre accoutumé !

l'abbé, qui s'approche d'elle.

Superbe!

ADRIENNE

Monsieur l'abbé de Chazeuil!

LE PRINCE

Eblouissant!

MADEMOISELLE JOUVENOT.

Vous voulez parler des diamants?

LE PRINCE

Ceux delà reine! fort beaux en effet! Quand Wiidemoiselle Lecouvreur voudra s'en défaire, je lui en ai déjà offert soixante mille livres ! (Mademoiselle Jouvcnot, Mademoiselle Dangeville remontent vers la cheminée qui est au fond du théâtre. A Advienne.) Vous étudiez donc toujours? que cherchez-vous encore?

ADRIENNE

La vérité.

l'abbé, regardant Quinault Mais vous avez eu des leçons des premiers maUres.

MICHONNET, à Quinault, qui veut sortir.

Restez donc, monsieur Quinault, on ne commence pas encore-

l'abbé, o Adrienne.

Pour le rôle de Roxane, par exemple!

ADRIENNE

Eh! mon Dieu, non, par malheur! (Apercevant Mlchonnet.) Je me trompe, j'allais être ingrate en disant que je n'avais pas eu de maître. Il est un homme de cœur, un ami sincère et difficile, dont les conseils m'ont toujours guidée, dont l'affection m'a toujours soutenue... (Passant près de Alichonnct, à qui elle tend la main.) Lui*! et je ne suis

* Le prince, l'abbé, lilichonnet, le ytvlnca remonte à la cheiit.uér. près des dame.i, tous les autres acteurs sont gionpés auprès de la cheminée du fond, ou se promènent (ians le foyer.

sûre du succès que quand je lui ai entendu dire : C'est cela ! c'est bien cela !

MICHONNET, à moitié pleurant.

Ah! Adrienne! vois-tu? ce trait-là... j'étouffe! l'abbé^ qui est passé près de Mlchonnet, à l'extrême droite dit théâtre.

Mais, monsieur Miclionnet, dites-moi comment, vous qui donnez de si bons conseils, vous êtes...

MICHONNET.

Comment je suis si mauvais, n'est-ce pas, Monsieur l'abbé? je me le suis souvent demandé. Cela tient, je crois, à ce que je ne suis pas sociétaire. l'annonceur.

Messieurs et Mesdames , le premier acte va commencer !

QUINAULT, au fond.

Et ces dames, qui ne sont pas prêtes!

ADRIENNE, traversant le théâtre et passant près de la glace à gauche.

Je le suis.

MADEMOISELLE DANGEVILLE, redescendant Et moi aussi, quoique je ne joue que dans la seconde pièce!

QUINAULT

Mais mademoiselle Duclos?

MICHONNET.

Il y a un quart d'heure que je suis entré dans sa loge, où elle écrivait... tout habillée.

LE PRINCE*

Ah! elle écrivait!

MADEMOISELLE DANGEVILLE

En costume ! (A l'abbé , qui lui parle de près.) Prenez donc garde , l'abbé , vous chilTonnez le mien !

MICHONNET.

Il fallait que ce fût une épître bien pressée ! MADEMOISELLE DANGEVILLE, regardant le prince. Ou qu'on attendît avec bien de l'impatience.

LE PKINCE.

Qu'est-ce que cela signifie?., MADEMOISELLE JOUVENOT, à demi-VGix OU princc de Bouillon.

Je vais vous le dire... La femme de chambre de mademoiselle Duclos...

LE PRINCE, souriant, Pénélope ?

MADEMOISELLE JOUVENOT.

Prétendait tout à l'heure, en montrant une lettre, qu'elle avait là un petit billet que Monsieur le prince paierait bien cher.

LE PRINCE

Moi ! le payer !

MADEMOISELLE JOUVENOT.

Ce qui donnerait à penser qu'il n'était pas pour

' Adrienne, devant la glace, à gauche, mademoiselle Jouvenot, le prince, mademsiselle Dangeville, l'abbé, Mlchonnet, les autres acteurs et actrices, au fond.

Page 1