ACTE III, SCÈNE V
droite qui était ouverte et qu'il referme ; Vabhé eut remonté au fond à gauche^ vers la table sur laqvelle il pince son chapeau et ses gants. Les acteurs sont dans l'ordre suivant : l'abbé , Advienne, Maurice, le prince.) MAURICE, à part.
C'est elle !
ADRiENNE, le regardant.
Le comte de Saxe... ce héros... ce n'est pas possible... {Elle s'avance vers lui.) MAURICE, à voix basse et lui saisissant la main.
Tais-toi?
ADRIENNC, poussant un cri de joie et portant la main à son cœur.
C'est lui !
LE PRINCE, qui a refermé la fenêtre et qui revient se placer entre eux.
Eh ! mais qu'a\ ez-vous donc.
ADRIENNE
Une surprise... bien naturelle... monsieur le comte que je croyais n'avoir jamais rencontré m'était connu... mais beaucoup... (Le regardant avec expression.) Beaucoup!
l'abhé, gaiement.
De vue!..
ADRIENNE, vivemcnt.
Non ! je lui avais même parlé !
LE PRINCE
Où donc?
MAURICE, vivem,ent.
Au bal de l'Opéra!..
LE PRINCE, riant.
Un déguisement.
ADRIENNE
Monsieur le Comte les aime, les déguisements! je ne le croyais pas!
MAURICE
J'avais peut-être des raisons!., et si je vous en faisais juge, Mademoiselle...
l'abbé.
Cela se trouve bien, Adrienne a aussi une demande à vous adresser.
MAURICE-
A moi!
LE PRINCE
C'est là seulement ce qui l'a décidée à venir avec nous! une pétition à vous présenter en faveur d'un petit lieutenant.
l'abbé.
D«nt elle veut faire un capitaine!
MAURICE, avec émotion.
En vérité!., vous, Mademoiselle, vous vouliez...
Oui... mais je n'ose plus...
MAURICE
Et pourquoi?..
ADRIENNE
Pauvre officier... je croyais qu'il n'avait que la
cape et l'épée, et peut-être n'a-t-il pas besoin do moi pour faire son chemin.
MAURICE
Ah! quel qu'il soit, votre proieclion doit toujours lui porter bonheur!
ADRIENNE
Je verrai alors... je prendrai des informations, et s'il mérite réellement l'intérêt qu'on lui porte..
LE PRINCE
Vous aurez le temps de parler de lui à table... nous vous mettrons à côté l'un de l'autre... (Remontant le théâtre et revenant se placer entre Adrienne et l' abbé' .) L'abbé, toi, le grand ordonnateur, veille au souper.
l'abbé.
Les fruits et les bouquets, cela me regarde. (Il sort par la porte du fond à gauche.)
LE PRINCE
Moi je me charge d'un soin plus important... je /rains que quelque fugitive ne veille nous échapper... avant le souper.
ADRIENNE, gaiement.
Ce n'est pas moi, je vous le jure!
LE PRINCE, souriant.
Pour plus de sécurité... je vais moi-même donner la consigne, fermer toutes les portes et nul ne sortira avant le jour ! (// sort, comme l'abbé, par la porte du pan coupé à gauche.) MAURICE, o part , regardant la porte à droite.
0 ciel! que devenir!