‹ Magasin théâtralChapitre 115 sur 1475 · M"« DORFEUIL, PAUL · texte numérisé non relu

M"« DORFEUIL, PAUL

PADL.

Je croyais que monsieur e'tait encore ici; l'ardon.

MADAME DORFEDIL, à part.

Faisons jaser ce valet de Darcy.

Ji est certains détails dont je voudrais m'instruire : Les valets sont bavards , et Paul va tout me dire.

(Haut.)

Etes-vous bien ici , mon ami ?

PAUL

Moi , très bien.

Qu'aurais-je à désirer? Il ne me manque rien. Monsieur est vif, mais bon, et madame est un ange.

MADAME DORFECIL.

Et l'oncle, que fait-il?

PAUL

L'oncle dort , boit et mange, Se promène, et c'est tout.

MADAME DORFECIL.

Fort bien ; mais dites-moi , Madame Méricour vient très souvent, je croi?

PAUL

Mais presque tous les jours.

MADAME DORFEUIL

Et quel motif l'attire ?

Dites.

PAUL

Quel motif?

MADAME DORFEUIL

Oui : pouvez -vous m'en instruire?

PAUL

Le motif est aise' , madame , à concevoir :

Nous sommes ses amis ; elle vient pour nous voir.

MADAME DORFEUIL

Et nos jeunes époux, depuis leur mariage, Sont-ils bien d'accord?

PAUL

Oui, nous faisons bon ménage.

Et pour qui nous connaît ce n'est pas étonnant : Car nous sommes si bons et nous nous aimons tant!

MADAME DORFEUIL

De madame Darcy c'est moi qui suis la mère, Vous le savez; ainsi l'on doit ne me rien taire. C'est dans son intérêt, dans celui de Darcy, Que je cherche à savoir ce qui se passe ici. La réserve envers moi serait fort ridicule. Et vous allez de tout ra'informer sans scrupule. Cette dame, qui vient tous les jours à-peu-près ,

A-t-elIe avec Darcy des entretiens secrets? Vous devez le savoir.

PAUL

Non ; je fais mon ouvrage.

Et d'épier les gens je n'eus jamais l'usage. Ainsi je ne peux rien vous dire sur ce point; Ce que l'on fait chez nous ne me regarde point.

MADAME DORFEUIL

Vous devez voir pourtant...

PAUL, à part.

Quel interrogatoire !

( Haut. )

Lorsque j'ai vu, j'oublie, et j'ai peu de mémoire.

MADAME DORFEUIL, piquée.

Ah!... c'est fort singidier.

PAUL

Ma besogne m'attend, Madame, et je m'en vais...

MADAME DORFEUIL

Demeurez un instanJ.

PAUL, à part.

Encor des questions! oh ! je perds patience.

Sur de certains détails d'une moindre importance Votre mémoire au moins pourra vous servirmieux ?

PAUL

( A part. ) Ne m'appelle-t-on pas?... Quel esprit curieux!

MADAME DORFEUIL

A la discrétion faites un moment trêve

Pour me dire à quelle heure en ces lieux on se lève.

PAUL , voulant toujours s'en aller.

Pardon; demain matin vous pourrez le savoir.

MADAME DORFEUIL

Mais quand se couche-f-on ?

PAUL

Vous le verrez ce soir.

MADAME DORFEUIL

Quoi ! me répondre ainsi !

PAUL

Je voudrais vous complaire ; Mais, comme je disais, j'ai mon ouvrage à faire. (A part.)

Je ne rends compte ici qu'à mes maîtres : partant File en pourra par moi savoir toujours autant. (Haut.)

Le devoir veut qu'au lieu de parler, je travaille : Quelque plaisir que j'aie, il faut que je m'en aille. Serviteur.

MADAME DORFEUIL, seule.

L'insolent !... Mais les autres valets Pourront de la maison m'apprendre les secrets. Interrogeons-les tous: je veux aussi qu'Elise Sur elle, sur Darcy, s'explique avec franchise. Je veux veiller à tout, tout connaître ; et je voi Que mes pauvres enfants avaient besoin de moi.

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