M"" DORFEUIL, DARCY
DARCY, à madame Dorfeuil.
Je ne puis concevoir cette tristesse étrange.
MADAME DORFEUIL. [change.
Parfois, en peu de temps, des femmes l'humeur Puis, si j'en peux juger d'après notre entretien, Elle a tjuelques chagrins.
DARCY
Des chagrins!
MADAME DORFEUIL
Ce n'est rien.
Ils sont légers, les maux qu'un bon mari nous cause! Mais enfin en ménage il faut si peu de chose Pour troubler cette paix que l'on doit conserver.
DARCY
Oui , vous avez raison; mais veuillez achever : Apprenez-moi les torts dont elle peut se plaindre.
MADAME DORFEUIL
Elle ne se plaint pas; mais elle paraît craindre Que, vous livrant aux soins les plus minutieux, Il ne lui reste plus rien à faire en ces lieux. Et son mari (du moins si j'ai pu la comprendre) Aux détails du ménage aime trop à descendre.
DARCY
Croyez que ces détails sont fort peu de mon goût , Et c'est elle qui vient me consulter surtout. Je suis assez surpris d'un reproche semblable : De mes torts prétendus elle seule est coupable.
MADAME DORFEUIL
Vous ne devez voir là qu'une preuve d'amour : Elle a cru vous complaire ainsi jusqu'à ce jour.
DARCY
Sa conduite vraiment me paraît singulière.
Eh quoi ! ne me rien dire et se plaindre à sa mère !
MADAME DORFEUIL, à part.
C'est assez aujourd'hui ; mais plus tard je prétends Traiter avec Darcy d'autres points importants.
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