SCENE VIII ET DERNIERE
Les précédents, LE VICOMTE.
LE VICOMTE, qui est entré depuis quelques instants.
Décidément, ma belle tante a le don de seconde vue; voilà , le tableau qu'elle m'avait annoncé. (Il s'avance.) Mes compliments bien sincères à
madame la marquise d'Aubray. Baron, je vous apporte les adieux de ma tante.
d'aubray.
Madame de Batz est partie ?
LE vicomte.
Sur quelques mots de M. le juge de paix, qui lui a appris je ne sais quelle décision du ministre, elle s'est envolée vers Lyon. En partant elle m'a recommandé de passer chez votre notaire, et voilà ce qu'il m'a remis.»
d'aubray, à demi-voix.
Monsieur, c'est un contrat dont la forme est inattaquable et qui vous rend maître de ce château et de toutes les terres qui en dépendent. {Le docteur écoute.)
LE vicomte.
Moyennant quelle somme?
d'aubray.
Moyennant deux millions.
LE vicomte.
Que je vous paierai, moi ?
Que je reconnais avoir reçus de votre tante.
Je ne la croyais pas si bien en argent comptant. Docteur, qu'avez-vous fait de ces papiers que M. le juge de paix a dû vous remettre?
LE DOCTEUR
Et qui renfermaient le secret de cette convention mensongère? Monsieur le vicomte, je les ai brûlés.
LE VICOMTE, déchirant le contrat.
Nous sommes quittes,
d'aubray, bas au docteur.
Vous m'avez absous; je me condamne. Je par» demain et je ne reviendrai jamais.
VALENTINE
Docteur, nous serons vos filles.
Note. — Les acteurs du Théâtre Français qui ont joue cette pièce avec tant de talent et d'ensemble y ont pratiqué deux coupures que l'auteur indique sans les imposer.
Dans le monologue du 3^ acte, après cette phrase : Reprends des forces pour m'emOrasser ; on passe h ; Voilà mon clavecin, ma bibliothèque.
La 5^cène 6e du 5e acte finit a cette phrase ; Conduisez-nous au cabinet de M. d'Aubray ; la marquise fait quelques pas vers la porte et Valentine entre avec Léon ; M. d'Aubray ne parait qu'un moment après.
FIN