SCÈNE VI
fois, c'est trop fort, et que je vous demande lA permission de retourner chez nous.
DELMARRE PÈRE.
Que s'est-il donc passé, Michel?
MICHEL
Depuis qu'il estipieslion du mariage de Monsieur, j(> suis le but couslant des malices de tous les gens de l'hOIel , et, ce soir, (piaud ils ont vu que ^lonsieur m'eu\ oyait les aider, iî n'est sorte d'avanie qu'ils ne m'aient laite. DELMARRE, (ivcc impulience.
Une querelle d'antichambre.
DELM VRRE PÈRE,
Laisse le pailer; c'est un ^ieux serviteur que j'aime. Son père m'éleva jadis eoinuielui voulut aussi t'élever, toi qu'il aime, j'en suis sûr, comme son enfant.
MICHEL
Ah ça ! c'est bien vrai ! Je crois même que j'aime Monsieur plus que ma fille, qui vient de quitter l'hôtel, cette pauvre petite, les larmes aux veux, tant ils se sont raillés de nous à l'oftice. Dam ! ce n'est pas au village qi;e nous pouvions apprendre les ])e!les manières! C'est ce que je leur ai dit, el alors ils nous (.nt appelés... bonnes gens... et d'un air si rlédaigneux... Jesuis bon homme, c'est vrai, mais je n'aime pas qu'on me le dise. Entin, ils <uit refusé de nous laisser dîner à leur table... ils disent que nous ne sommes pas de qualité. DELMARRE , avBC impalieucr.
C'est un parti pris.
MICHEL , se méprenant.
Oui, Mon.sieur, c'est un parti pris d ■ nous humilier. Parce que je ne suis pas le valet d'un baron ni d'un duc, et bien que je ne porte pas une culotte courte, des bas blancs, l'iuibil brod(i el le galon à mon chapeau, je ne me «lOis pourtant pas moins un honnête liouuue. (*)
DELMARRE PÈRE, à mi-VOi,l.
Que t'ai-je prédit?
DELMARRE.
C'est quelque malentendu... Allons, mon bon Michel, rentre chez moi m'attendre; suis moins susceptible. Je me charge d'arranger cela. (Michel sort.)
DELMARRE PÈRE.
Eh bien! tu le vois, les laquais ont imité leurs maîtres. l\aillerie déguisée dans les salons, insulte ouverte chez la valetaille; après s'être ri du père, on baffoue le vieux domestitp.u;.
Ah!
DELMARRE , avcc impalicucc.
DELMARRE PÈRE.
Songes-y bien , aujourd'hui l'on me raille, demain on nous méprisera , on éloignera Ion père de ta maison, et je serai moins qu'un étranger aux yeux de ta nouvelle famille , car on rougira de moi.
DELMARRE.
Mon père, ne croyez pas que je soulTrirais... Mais, je vous en prie, au moment oo je vais ê(ie
* Delmarre pèif, Dt'lmavrc, Mi'-lt'!.
LES SPÉCULATEURS
heureux, ne détruisez pas toutes mes espérances !
DEtMARRE PÈRE.
Tu le veux... j'ai fait mon devoir... sois heureux.
{La porte du fond s'ouvre. Flavigny entre, donnant le bras à Cloliide.)