‹ Magasin théâtralChapitre 1260 sur 1475 · JULIE , MICHEL · texte numérisé non relu

JULIE , MICHEL

JULIE

Votre maître a de l'humeur ce soir.... Eb bien ! vous voilà tout pensif?

MICHEL

Dam ! Blonsieur a du chagrin.

JULIE

Ch ! vous voilà bien... quand votre maître est content, vous êles tout jo\eux; mais si vous le voyez triste... ,

MICHEL, avec simplicité.

Je suis triste comme lui, c'est vrai... Que voulez-vous? je lui suis si attaché!... C'est que vous ne savez pas, mademoiselle Julie, que je l'ai élevé; que, depuis sa naissance, je ne l'ai pas quitté; que j'ai tout abandonné pour le suivre à Paris. Etait-il malade, je passais les nui s au chevet de son lit, comme lui aussi voulut veiller seul au pied du lit du pauvre Michel quand une cruelle maladie me retint trois mois mourant. Qu'il me demande ma vie, et c'est sans regrets, c'est avec bonheur même que je la lui sacrilierai.

JULIE

Et vous laisseriez votre fille?

MICHEL

Monsieur aurait soin d'elle; il est si bon!.. D'ailleurs, voilà ma tille mariée, elle peut bien se passer de moi, et vienne la mort, je suis tranquille, elle trouvera après moi le fruit de quarante années d'économies, dix mille francs que mon maître a encore eu la bonté de me placer dernièrement... Chut! j'entends Madame ; je vais avertir Monsieur.

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