SCENE II
MINOT, puis BONTEMS.
Décidément, ca va mal. Diable! c'est que ^a ruine .serait également la mienne, je perdrais tout ce o"e je possède; il est vrai que je ne possède lien... Ah ! monsieur Boiitems !... oh ! quelle ligiae bouleversée!
(") ROTEMs entre par le fond et s'ava-ice sur le devant de la scène sans voir Minol.
On dit qu'il est dans de mauvaises allaires... et mes fonds! j'en ferai une maladie, i Apcrcevant Minot.) Ah! 31. Minot!... \ous attendez sans doute M. Delmarre?
* Bouioins, Minot.
LES SPECULATEURS.
MINOT
Comme vous, M. Boutems.
BONTEMs, à part.
Viendrait-il aussi lui demander ses fonds? {Haut.) Je pensais qu'à celle heure on trouvait toujours 3r. Delmarre.
ÎII.VOï.
Il va rentrer, soyez tranquille.
BONTEMS
Oh! je ne suis pas précisément inquiet... {à part) si j'osais lui dire... (haut) c'est un bien honnête homme que M. Delmarre.
JIINOT.
Vn très-honnête homme, M. Bontems.
Vous avez sans doute des fonds chez lui?
MFNOT.
Vne partie de ma fortune.
BONTEMS
Et vous n'avez pas peur, n'est-ce pas?
MmOT.
Moi! peur de quoi?...
DOXTEMS.
Mais de... de rien. Tout le monde dit beaucoup de bien de M. Delmarre.
MIKOT.
On n'en dit pas encore assez.
BONTEMS
Hum!,:, cependant...
Eh bien?...
VI.\OT
BONTEMS, vivement.
oh ! mais je n'v crois pas.
MINOT
BOXTEMS.
A quoi?
On dit...
Que dit-on?
BONTEMS
Vous ne le savez donc pas?
MINOT
Puisque je vous le demande.
BONTEMS
Mais ce n'est pas vrai , n'est-ce pas, M. Minot?... vous le sauriez, vous son ami intime.
MINOT
Vous ne m'avez pas dit r'o quoi il s'agissait.
BONTEMS
Eh bien, mon cher monsieur Minot, on ose dire que M. Delmarre est gêné dans ses afffaires.
MINOT
Ce n'est pas vrai.
BONTEMS
Qu'il a risqué les fonds de ses clients dans de ruineuses spéculations.
MINOT
C'est indigne.
Et qu'il sera en faillite avant huit jours...
MINOT
C'est une infamie, Monsieur!... Mais vous, M. Bontems, qu'en pensez-vous?
BONTEMS
Moi?..,
MINOT
Oui, vous, M. Bontems.
BONTEMS
Dam, je pense que je voudrais bien avoir les cinquante mille francs que je lui ai confiés; voilà mon opinion personnelle. Suis-je heureux, mon cher M. Minot, de vous avoir remis mes cent soixante mille francs plutôt qu'à lui !
MINOT
Vous n'avez rien à craindre, mon cher propriétaire; vous êtes sur de votre affaire avec moi.
BONTEMS, avec embarras.
Oh! je le crois bien; mais c'est égal, on parle tant de malheurs en ce moment, de faillites surtout; j'aimerais mieux...
MiNOï, l'interrompant.
A propos, M. Bontems, vous avez oublié mes réparations loratives... je serai forcé de vous quitter, et je tiens beaucoup à vous, vous êtes maintenant l'un de mes meillieurs clients.
^!ais, M. Minot...
silence, voici madame Delmarre... Vous savez sans doute le malheur qui vient de la frapper... respectez sa douleur, et pas un mot devant elle...