‹ Magasin théâtralChapitre 1278 sur 1475 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

DELMARRE, DELMARRE PÈRE.

{Sur le bureau, deux bougies presqu'usêes achètent de se consumer. Au lever du rideau , Velmarre est tombé accablé sur un fauteuil.)

DKLMARRE PÈRE, $e promenant avec agitation. Oh! mon Dieu! mon D>eu!... c'était donc vsai.... dos négociants ruinés, déshonorés!... des vieillards... de pauvres familles... des domestiques réduits à la misère... jusqu'à votre Meux Michel lui-même qui m'avait quitté pour ^ous, qui vous avait élevé... quarante années doprobiié, d'économie... et bientôt... Ah! c est affreux !

Ah!

DELMARRE.

^ Voilà donc où vous êtes descendu ! vous, fds d'honnêtes gens, tomber si bas, dégrader jusqu'à votre titre de notaire!... Mais vous ne savez donc pas ce qu'est un homme honoré de ce ministère presque sacré, de ce sacerdoce des familles?... un notaire digne de sa noble mission. Monsieur, se considère avant tout comme le gardien de la fortune et de l'honneur de ses clients. Placé par sa position en dehors de honteuses spéculations, il vit honorablement de sa charge et n'en traique pas. Voilà, du moins, ce que doit être un notaire; voilà ce que J'étais... nfais vous. Monsieur, vous avez oublié que, dépositaire forcé de la fortune publique , vous n'aviez pas le droit de toucher aux fonds confiés à votre probité ; c'était un dépôt sacré... vous êtes devenu malhonnête homme du jour où vous l'avez violé... Mais, sans doute, en prenant celte noble carrière, vous ne vous êtes pas demandé quels devoirs elle imposait, mais seulement ce qu'une chaigc rapportait... vous avez acheté ce titre respecté comme un manteau d'honneur sous lequel vous pouviez spéculer à votre aise.

Mon père..

DELMARRE.

DELMARRE PÈRE.

Et voilà où vous ont entraîné vos spéculations, d'indignes liaisons... choisir pour ami , pour associé, un monsieur Minot, un intrigant... A quoi sert donc l'éducation, si elle n ek'vc l'àme !... m va s'asseoir à droite.) Qne de lamilles ruinées!... Il n'en est pas d'antres, j espère? (Silence 'de Delmarrc. — Snn père reprend arec impatience.) Alais parlez. Monsieur; répondez donc !... N'osez-vous plus me parler, me regarder en face?

DELMARRE.

Mon père...

DELMARRE PÈRE , SC levant.

J'irai voir vos créanciers... ils ne perdront rien... tout sera payé... Ma fortune , il est vrai , ne suffirait pas; mais j'ai des amis... j'irai les trouver, les prier ; ils ne me refuseront pas ce que je leur demanderai pour sauver mon nom du mépris public... .Tirai les voir ce matin même... J'attends Clotilde, qui s'est rendue avec Michel chez l'agent de change de M. de Flavigny pour y prendre les derniers débris de sa fortune que vous avez siindignement perdue.

Page 1