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SCÈNE IV

BLANÇAY, DEHORN.

DEHORN^ à part.

uns, nous voilà seuls!.. Je sais ce qui m'altend,

inlerrogatoire!.. Il faut fuir!..

(// fait uîi pas vers la porte du fond.) BLANÇAY, l'arrêtant.

Un instant!

DEHORN.

d me veux-tu ?

BLANÇAY.

Causer avec vous, mon cher comte.

DEHORN.

■prendre mes secrets, ou que je les raconte ?

BLANÇAY, riant,

DEHORN.

Mais si je voulais ne te rien confier?

BLANÇAY.

i!.. Voyons!., ^ous allez dans un sale quartier, si quelque motif puissant ne les y porte, se montrent jamais les gens de votre sorte, îst, m'a-t-on dit, auprès du carré Saint-Martin.) irquoi?.. Pour y chercher un bonheur clandestin, , démentant peut-être un dédaigneux langage, re en secret la paix avec l'agiotage?

DEHORN.

'enlends-je?.. Oubliez-vous, Chevalier, qui je suis?

' BLANÇAY.

'seigneur noble et fier!., mais on a ses ennuis, (Fois ia bourse est mince, et la dépense est grande !.. scrupule obéit quand le besoin commande.

DEHORN.

puisqu'un ami même a pu penser ainsi, ie balance plus!

BLANÇAY.

Pai lez donc!

DEHORN.

M'y voici !

,uis un mois, ma vie à vos longs commentaires {rc obscure, bizarre, et pleine de mystères? rtaut rien n'est plus simple, et, tout ce grand secret, ,-r l'expliquer, mon cher, un seul mot suffirait.

I BLANÇAY.

,evine !.. El, ce mot, c'est moi qui vais le dire, pètes amoureux!

DEHORN.

Oui!., mais ne vas pas rire, t sérieux, Blançay!..

BLANÇAY, souriant.

Pardieu, je le vois bien!

DEHORN.

railla, je sors, ou je romps l'entretien.

BLANÇAY.

Là, là, point de colère et commencez!., j'écoute!

DEHORN.

Un soir, je galopais dans Paris ; sur ma route,

Une femme effrayée, infirme, marchant mal.

Veut traverser la rue, et heurte mon cheval.

Elle tombe!.. Aussitôt je descends, je m'approche...

Il ne me restait pas un écu dans la poche.

Je sortais du brelan, témoin de nos exploits.

Où je t'ai renconté pour la première fois.

Rien, hélas, à donner à la pauvre blessée!..

Mais, dès le lendemain, ma première pensée

M'entraîna vers l'asile où gisait sa douleur.

J'y cherchais un devoir... j'y trouvai le bonheur.

Diable!

DEHORN.

Au fond d'une allée étroite, sale et, sombre. J'avise un escalier tortueux, et, dans lombre. Je vais grimpant, frappant aux portes, demandantt Celle vers qui m'amène un funeste accident; Alors, de tous côtés, un nom se.fait entendre : « Jeanne a paru, dit-on, Jeanne au cœur noble et tendre, « Jeanne, de tous les maux l'ange consolateur, « Il n'est donc plus besoin d'un autre protecteur! « Une plainte jamais lui fut-elle importune ? » Dès que son doux regard descend sur l'infortune^ « On dirait ce rayon pur et mystérieux « Qui dans les coeurs blessés glisse du haut des cieux; « Elle a de la malade apaisé la souffrance ; « Ses soins rendent la vie, et sa voix l'espérance, « Sa parole semble être un arrêt du destin. »

BLANÇAY, souriant.

On est bien poétique au carré Saint-Martin !

DEHORN, avec impatience.

Eh! pardieu, je traduis, c'est clair!

BLANÇAY.

A la bonne heure!

DEHORN.

Étonné, j'écoutais, dans la pauvre demeure

Où ces honnêtes gens avaient conduit mes pas

Leurs récits louangeurs qui ne tarissaient pas;

Et te dirai-je, ami, quel sentiment étrange

M'agitait?.. Cette femme à leurs yeux plus qu'un ange.

Muet près des douleurs que sa main soulagea

Je ne l'avais pas vue... et je l'aimais déjà!

Son nom prenait sur moi js ne sais quel empire.

BLANÇAY.

Et puis, que des brelans on ose encor médire! Si le diable n'eût là pris son dernier écu. Loin d'un ange ignoré le cher comte eût vécu. Et ce serait fâcheux, car les anges sont rares.

DEHORN.

Ah! je vois qu'à railler, Blançay, tu te prépares. Je me tais!

BLANÇAY.

Bon !.. tous deux nous en serions fâchés. DEHORN, souriant.

C'est vrai!

BLANÇAY.

Poursuivez donc, cher comte, el dépêchez!

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