ACTE III, SCÈNE IV
Par ici, rien! Voyons, gravons flans notre esprit Le plan intérieur tel qu'on me l'a décrit :
(Il tire de sa poche un papier qu'il examine.) Escalier sombre, étroit, et toujours solitaire; Porte simple; en entrant^ à droite, un secrétaire. Fenêtre et cheminée, ameublement mesquin ; Dans la seconde pièce un lit à baldaquin... C'est parfait ! tout est clair, et pas d'erreur possible !
(Il remet le papier dans sa poche.) Par quel chemin glissant, vers un but invisible, Sur mes pas, en un mois, le cher comte a marché! De ce qui reste à faire on aura bon marché. Avec l'argent reçu, grâce à mon entremise. Il a quitté tout fier l'hôtel de la Marquise. Mais nous sommes à sec!... c'est bien!... Le jeune fou Épuiserait vraiment les mines du Pérou ! Ah! je t'ai bien jugé, prince aux nobles scrupules, Oui, depuis quinze jours, agiotes, spécules. Toi dont l'orgueil lançait sur les agioteurs D'un superbe dédain les traits accusateurs! Pauvre, tu yeux briller, fastueux, être honnête? L Sur cette pente-là tu crois que l'on s'arrête ?
Non ! non ! Qui veut marcher dans le sentier étroit, Doit apprendre à souffrir la soif, la faim, le froid!... Mais il nous faut, à nous, les splendides folies. Bons vins, repas joyeux, chevaux, femmes jolies. L'or donne tout cela!... Sachons donc en trouver! Qu'importe le chemin? Il s'agit d'arriver.
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