ACTE III, SCÈNE IX
A, durant voire absence, augmenté vos trésors.
JEANNE
A quoi bon ?
JUSTIN
De vos maux laissez-nous vous distraire.
JEANNE, se levant vivement.
Oui, ce souvenir tue, et je veux m'y soustraire! D'air et de mouvement je sens que j'ai besoin. Il faut que je voyage !.. oui, loin d'ici !... Bien loin !
JUSTIN
Jeanne, qu'ai-je entendu? Quoi, nous quitter encore ! Mais où donc irez-vous ?
JEANNE
Eh ! mon Dieu, je l'ignore!
J'ai voulu revenir, et dé|à, dans ces lieux. J'étouffe!... Ailleurs, hélas! me trouverai-je mieux? Qu'importe? Il faut partir!.. Justin, je vous suis chère, Je le sais !.-. Je connais votre amitié de frère, El viens lui demander un service nouveau.
JUSTIN
Parlez ! qu'exigez-vous?
JEANNE
Allez trouver Rambeau, Dites-lui, de ma part, qu'aujourd'hui, sans remise. Il me faut beaucoup d'or ! qu'il vende, réalise. Il n'importe à quel prix, entendez-vous !... Ce soir, Je veux que tout soit prêt.
JUSTIN
Il n'est donc plus d'espoir^ Jeanne ?... Vous partirez ?
JEANNE
Pitié pour ma folie !
JUSTIN, à part.
Ne la contraignons point !.., A son âge, on oublie ; Le temps, l'éloignement, useront son chagrin.
(Haut.) Je vais vous obéir.
JEANNE
Merci, mon bon Justin !
{Elle lui tend la main qu'il serre dans les siennes, et il sort par la porte, à droite du public.)
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