SCÈNE III
B.AKBARA, LUIDGI.
LUIDGI
Eh bien ?
BARBARA
Eb bien 1 elle est la, chez celte feinme. .
LUIDGI
l'u en es doncloujours amoureux .'...
BMiliAltA.
Oui.
MURAT
LUIDCI.
Est-ce qu'elle le fait oublier tes idées d'atnbilion?
BARBAItA.
Oh! oh! je n'en suis pas à ce point... J'ai rencontré par hasard cette jeune Hlle ; je l'ai trouvée belle ; elle n'a pas voulu m'entendre, je me suis obstiné... nous verrons! Voilà to-ut.
LUIDGl.
Et cela ne t'empêchera pas de remplir les instructions que nous avons reçues?
BARBARA
Non, non... Il y a un pacte entre nous et ceux qui nous ont envoyés... j'y serai fidèle... Le l)iri'cloire nous n enrôlés comme corsaires. Mais ce n'est pas à lui (jue nous appartenons d'abord... Nous voici à terre depuis un mois; n'oublions pas que, lorsque nous quitterons la France, la récompense sera proportionnée aux troubles, aux séditions que nous aurons provoqués.
LUlDGI.
Et si le Directoire venait à découvrir...
BARBARA
Le Directoire?... Est-ce qu'il a seulement songé à nous demander d'où n-ous venions et pourquoi nous venions?
LUIDGi:
C'est vrai !
BARBARA
Nous sommes obscurément sortis, moi de l'île de Malte, toi de la Calabrc ; nous avons porté dans bien des pays notre aventureuse destinée... Nous voici maintenant sous le drapeau français, mais nous restons Italiens et libres d'aller plus tard où nous voudrons aller. Ni toi, ni moi, na vous songé à nous faire une patrie de la France, nous qui n'avons pas voulu rester enchaînés au rivage paternel. Passons sans nous mêler a travers ce peuple : nous ne sommes pas faits pour nous comprendre... il jette au ve.it ses passions et ses colères, nous savons nous taire et attendre; ses soldats traînent un sabre retentissant; nous autres, voici notre arme!
Il met la main sur son poignard.
LUIDGI
Bravo! Et plus tard nous retournerons en Italie...
BARBARA
L'Italie! je ne veux y retourner que riche et puissant; je ne veux pas aller a .Malte pour saluer les valets des chevaliers qui commandent dans l'île. Mourir, s'il le faut, à terre ou à bord, peu m'importe, mais je ne veux pas vivre pauvre et esclave!
LUHJGl.
Ou est souvent obligé de se courber...
BARBARA
Oui, mais pour se relever plus tard... Quant à cette jeune fille, je veux qu'aujourd'hui même... IJ y a assez long temps que le m'attache a ses pas. Eloignons-nous, mais pour veiller sur elle.
LUIDGI
Et tout ce monde a qui tu as dit de revenir kl.'...
BAKUAKt.
•Je ne l'oublierai jias.
LUIOGI.
Qu'en veux-tu faire?
BARBARA
l'eut-être une émeute.