SCÈNE VIII
Les MÊMES, MURAT.
BARBARA, à Murat.
Et que t'importe à toi cette jeune filleî
MURAT
Qu'est-ce que tu dis?... Que m'importe?... Tiens!... {Il tire son sabre.) Fais un pas vers elle, et je te tue comme un chien!... Ah ça, tu crois donc qu'à Paris on enlève les femmes comme dans un pays de sauvages ?
BARBARA
Eh bien ! si tu veux la disputer...
LUIDGI
La disputer!... {A Antoinette.) Où voulez-vous aller, mademoiselle?
ANTOINETTE
Là, chez mon amie, chez Marianne.
MURAT
Ah ! c'est de vous qu'on m'a parlé, pauvre enfant!... (A Barbara et à Luidgi.) Écartez-vous un peu!... Allons! 11 y a des momens où je passerais à travers un escadron ; entre deux hommes, toujours! {Jl met la main sur l'épaule de Barbara, qu'il contient, fait passer Antoinette, et se trouve entre eux.) C'est bien; tu m'as rendu ce
geste-là !
II lui a remis la main sur l'épaule.
BARBARA
Je n'ai jamais peur!
MURAT
Pourtant tu as insulté une femme; ceci est d'un lâche!
BARBARA, portant la main à son poignard. Un lâciie!
MURAT
Laisse là ton poignard ; il est trop court pour arriver jusqu'à moi!
LUiDGi, bas.
Barbara, cet homme est à craindre!
MURAT
Dis-moi que tout-à-rheure tu étais fou, ivre!
BARBARA
Non!
MURAT
Eh bien ! écoute : choisis tes armes, peu m'importe; mais n'attendons pas à demain; je vais partir... Nous n'irons pas loin pour nous battre, je n'ai pas le temps... par là, au détour d'une rue, l'un contre l'aiilre, ou à bout portant, car il fait nuit, et il ne faut pas nous manquer!
BARBARA
Soit !
MURAT
Et maintenant, pas un mot de plus, car j'ai peu de patience... Va chercher des armes, et reviens là, demander le chef de brigade Murât... {A Antoinette.) Venez, mademoiselle!
Il entre avec elle chez Marianne.
liVV\aVVVVWVW'\WVW\WVVWVVWVVVWV\'V\'VVV\VVV'V'\AVWVV\V%/W^