SCÈNE VII
ANTOINETTE, puis BARBARA et LUIDGI.
ANTOINETTE
Je me suis peut-être trompée... la peur!... Et pourtant il m'a semblé le reconnaître!... Cette bonne Marianne!... la lettre que j'ai reçue m'oblige à ne pas la quitter. [Elle va pour entrer chez Marianne et rencontre Barbara.) Ciel !
BARBAILV.
Vous me fuyez donc toujours ?
ANTOINETTE
Mais que me voulez-vous?... Je ne veux pas vous entendre, moi ; je ne vous connais pas... Laissez-moi ; laissez-moi donc passer !
Vous m'écouterez !... Si vous entrez chez cette femme, j'irai vous y chercher !
ANTOINETTE
Oh! mais, j'appellerai à mon secours...
BARBARA
L'émeute gronde autour de nous... Ecoutez ce bruit de tambours et de trompettes, il couvrirait votre voix ; et si quelqu'un venait à vous, je dirais, je dirais que vous m'appartenez... ou plutôt j'étoufferais vos cris ; je vous aime, vous devez le savoir !
ANTOINETTE
Eh bien?
BARBARA
Eh bien ! il faut me suivre... Ce n'est pas ici que je veux vous parler plus long-temps de mon amour...
ANTOINETTE
Oh ! mais vous n'espérez pas m'entraîner ainsi ! vous ne le voulez pas !
BARBARA
Je le veux!
ANTOINETTE
Prenez garde! Vous ôtes étranger, je dois vous apprendre qu'en France une lâcheté trouve bientôt des vengeurs!... Prenez garde ! il suffirait peut-être d'un enfant qui viendrait à passer, pour que Dieu en fit mon défenseur! Laissez-moi!
Luidgi!... Allons, jeune fille, venez!
Il lui prend le bras.
ANTOINETTE
Marianne! Marianne!
BARBARA, cherchant à étouffer ses cris.
Personne ne vous entendra, personne ne vous défendra !
MURAT, accourant.
Et moi, donc !
ANTOINETTE
Ah ! merci, mon Dieu !
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